Le colonel Ntsourou
Le colonel Ntsourou
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Par RFI

Des dizaines de militaires encerclaient depuis ce lundi matin la maison du colonel Ntsourou, située dans le centre-ville de la capitale congolaise. Une fusillade très intense a éclaté entre les deux camps dans la matinée, alors que le colonel était retranché avec près d'une centaine de fidèles.L'ancien secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité avait été condamné en septembre à 5 ans de travaux forcés avec sursis dans l'affaire des explosions de Mpila.

Le dénouement serait intervenu après une médiation des Nations unies. Marcel Ntsourou, était alors retranché au sous-sol de sa maison.

Joint par RFI ce matin, le colonel Ntsourou avait dit être prêt à combattre jusqu'à la mort. Il aurait finalement accepté de se rendre, peut-être à cause de la présence de sa famille, et des victimes parmi ses hommes, explique une source. Un proche de l'affaire précise que l'officier a été embarqué dans un blindé de la garde présidentielle, en direction de l'état-major situé dans le même quartier.

Le directeur général de la police a déclaré pour sa part que le colonel a été placé en garde à vue dans les locaux de la DGSP, et qu'il sera présenté ce mardi au procureur.

C'est l'épilogue d'une journée de siège, commencée dès l'aube, lorsque des dizaines de soldats ont encerclé la maison de Marcel Ntsourou. Un bâtiment où l'officier avait rassemblé une centaine de fidèles. Les forces de l'ordre ont alors bouclé le centre-ville. Une fusillade a éclaté peu après 10h30, presqu'une heure de tirs nourris à l'arme automatique entre les deux camps.

Différentes sources parlent d'au moins une quinzaine de morts chez les partisans de l'officier. Quelques heures plus tard, après une accalmie, Marcel Ntsourou finit par se rendre.
Un témoin qui a pu accéder à sa maison décrit un champ de bataille, avec des armes par terre, beaucoup d'impacts de balle, un mur détruit et des cadavres, étendus sur le sol.

La circulation dans le quartier est quasi nulle ce soir, les forces de sécurité restent déployées en grand nombre, notamment des bérets noirs, qui sont des éléments de l'armée de terre.

Plus tôt dans la journée, écoles et administrations avaient été évacuées. Raison officielle invoquée : les éléments de Marcel Ntsourou sont en civil et pourraient se mêler à la population.

Selon le directeur général de la police, le général Jean-François Ndengué, joint par RFI, une patrouille a été attaquée dimanche soir à Brazzaville. Après enquête, le véhicule des assaillants aurait été repéré chez Marcel Ntsourou. Des officiers judiciaires seraient allés sur place mais auraient essuyé des tirs. Et les forces de sécurité, en état de légitime défense, se seraient donc rendues en masse sur place tôt ce matin.


La journaliste Sadio Kanté de Reuters-TV qui réalisait un micro-trottoir sur ces fusillades dans le quartier de Bacongo a été interpelée.