Fidèle BabalaFidèle Babala

Germain Kambinga n’a jamais demandé la surséance de sa motion de défiance contre le ministre des Mines, Martin Kabwelulu. Le député MLC l’a déclaré avec assurance, lors d’une conférence de presse réunie le 12 juin, au Palais du peuple, mettant quiconque au défi de lui prouver le contraire.  La veille, Aubin Minaku avait affirmé, en face des présidents des groupes parlementaires de l’opposition que Kambinga l’avait vu pour qu’il n’inscrive pas cette motion à l’ordre du jour. Même alors, qu’est-ce que Minaku dit de la correspondance du vice-président du groupe parlementaire MLC-Alliés dans laquelle Fidèle Babala réclame l’examen de la motion contre Kabwelulu et celle contre la ministre du Portefeuille, Louise Munga, dont il est lui-même l’auteur. Minaku n’a jamais réservé une suite à cette lettre réceptionnée en début de semaine, trahissant sa volonté d’éviter coûte que coûte de convoquer Kabwelulu devant la plénière. C’est un secret de polichinelle que les mines congolaises ont été bradées avec la présence de Dan Gertler. Dans ces conditions, faire un débat public à l’Assemblée nationale sur les mines risque de tourner en un véritable déballage dont les dégâts collatéraux pourront produire une onde de choc jusqu’au Palais de la nation. La parade est donc de bloquer, bloquer et bloquer. Qu’importe pour celui qui bloque de perdre la face. Surséance sollicitée ou pas, Minaku n’a pas d’excuse face à la loi qui exige d’examiner une motion de défiance endéans 48 heures après son dépôt. Pour une motion présentée le 13 mai dernier, Minaku avait commencé par prétexter l’absence de Kambinga qui avait effectué une mission officielle en Azerbaïdjan, l’ordre de mission faisant foi. Le député MLC revenu depuis plus de deux semaines, rien n’y avait toujours changé. Si tant est qu’il y a une sollicitation -dans la pire des hypothèses- Minaku n’a pas à s’en prévaloir puisqu’il s’agit d’un arrangement privé -d’ailleurs à prouver- qu’il ne peut pas placer au dessus de la loi comme président de l’Assemblée nationale. Le faire, c’est trahir des pratiques peu catholiques qui ont élu domicile au Palais du peuple. Il s’accuse donc lui-même d’avoir transigé avec le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. En tout état de cause, la motion est déjà déposée, des opposants promettent de réclamer d’en débattre dès la prochaine rentrée parlementaire, mi-septembre. Quelle nouvelle échappatoire avancera?.
MTN