28 février 2013

RDC: le président du M23 destitué, dialogue de sourds à Kinshasa

Jean-Marie Runiga, le 17 octobre 2012 à Bunaganan.
Jean-Marie Runiga, le 17 octobre 2012 à Bunaganan.
AFP PHOTO / Junior D.Kannah
Par RFI

Le Mouvement du 23 mars (M23), en rébellion contre le gouvernement de la RDC depuis mai dernier a destitué, mercredi 27 février, le président de la branche politique, Jean-Marie Runiga, qu'il accuse de soutenir le général mutin Bosco Ntaganda. C'est ce que l'on a appris. Et pendant ce temps à Kinshasa, lors d’une conférence de presse, Lambert Mende, le ministre porte-parole du gouvernement, a tenu à couper court à tous les projets de dialogue national qui fleurissent en ce moment dans la classe politique congolaise.

 

A la fin de l’année dernière, à deux reprises, le président Kabila a parlé de « concertation ». L’opposition, elle, a fait évoluer le concept vers le « dialogue national ». Chacun y a apporté sa pierre et la chose a pris des proportions considérables, devenant le projet d’une grande rencontre au Congo-Brazzaville sous la médiation de Sassou-Nguesso.

De tout cela, il n’est pas question tient à affirmer le ministre porte-parole Lambert Mende. « Je rappelle qu’il s’agit de concertations. Il faut oublier le dialogue national, c’est déjà dépassé. Oublier Sun City. Nous n’irons pas à l’étranger pour régler des problèmes alors que notre peuple nous a offert un cadre institutionnel avec la Constitution ».

Le président Kabila a déjà initié des rencontres et il proposera une initiative bientôt, assure le ministre.

« Kabila est le problème »

Pour l’opposition il paraît impensable de se passer de médiateur. Selon Jean-Pierre Lisanga, leader des Fac-Opposition, « Kabila est le problème. Le problème dans notre pays c’est lui. Les élections, la révision de la Constitution… L’auteur, c’est Kabila ! Alors il ne peut pas être le problème et la solution au problème. Nous devons avoir un médiateur ».

La concertation ou le dialogue national donnent lieu pour l’heure à un dialogue de sourds.

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Eclatement de la rébellion - M23 : les Délégués de Kampala derrière Makenga !



*Les nouvelles sont de plus en plus nouvelles à Bunagana où, visiblement, la réconciliation entre les deux factions opposées du M23 s’éloigne. Hier, mercredi 27 février 2013, la situation, loin de se calmer, est restée tendue. Makenga, jusqu’hier Colonel, s’est autoproclamé ‘‘Général’’, à l’idée probablement de se faire obéir davantage. Il aurait renforcé ses positions sur les collines de Runyoni, surplombant la cité frontalière de Bunagana, pour prévenir contre toute attaque de la part des éléments de la faction rivale qui, elle, est téléguidée par Bosco Ntaganda et commandée sur terrain par le colonel Baudouin Ngaruye, lui-même, nommé également général par Jean-Marie Runiga, président du M23. Comme quoi, devenir ‘‘Général’’ au M23, c’est une question de quelques heures. L’Ouganda, l’un des parrains, selon le rapport d’experts de l’Onu, aurait tenté, mais en vain, de réconcilier les deux blocs. A Kampala où une délégation de la rébellion participe aux pourparlers, l’on est plutôt proche de Makenga.

En d’autres mots, Runiga a fait son temps. Et la tactique est connue. Et, toutes les rébellions pro-rwandaises qui ont précédé le M23 l’ont expérimentée. Il n’y a jamais eu un président du début à la fin de l’insurrection. Dans l’entre-temps, la population est sur ses gardes et les délégués en pourparlers dans la Capitale ougandaise prennent position pour Makenga donné pour être l’animateur principale de l’aile modérée du M23 ; une aile qui serait prête à souscrire au schéma d’Addis-Abeba sur toute éventuelle intégration dans les institutions nationales, au cas où la réconciliation l’y contraignait. Un officier de l’armée ougandaise ferait des va-et-vient entre le camp de Makenga et celui de Runiga, pour tenter de réconcilier les deux factions en opposition depuis le dimanche dernier. Mais, rien de concret n’a encore été obtenu de la part de l’émissaire de Museveni. La séparation est désormais territoriale. Makenga se renforce sur les collines de Runyoni, à Bunagana. Tandis qu’à Rutshuru centre, ce sont les hommes de main de Bosco Ntaganda qui y font la loi. Quant au chef politique de la rébellion, Jean-Marie Runiga, il lui aurait été demandé de prendre toutes les dispositions sécuritaires nécessaires.

Aussi, se serait-il réfugié à Kibumba, à une vingtaine de Kilomètres de la Ville de Goma. Ce, soulignent certaines indiscrétions, pour se rapprocher du Rwanda au cas où. Ici, il y aurait, en sus, une forte concentration des éléments de la rébellion proche de Bosco Ntaganda, principal soutien du président Runiga dont le processus de déchéance est visiblement enclenché. Car, des sources proches de Kampala où se trouve une bonne brochette de cadres de la rébellion, il nous revient que les délégués sont plutôt pro-Makenga. ‘‘Nous croyons en Makenga, mais nous allons nous réunir jeudi pour discuter de la question’’, a déclaré, sous couvert de l’anonymat, un cadre basé à Kampala. Sur le terrain, cependant, la population craint pour sa sécurité. Dans la mesure où d’un côté, des militaires quittent le camp de Makenga pour rejoindre celui de Ngaruye et vice-versa. Mais, la détermination des hommes de Makenga est telle qu’ils veulent en finir avec Bosco Ntaganda, pour mettre fin à la crise. Parce que c’est lui, en réalité, qui serait le véritable trouble-fête. Des réunions marathons se seraient multipliées autour de Runiga Jean-Marie et Ngaruye Baudouin, pour essayer d’aplanir le différend. Craignant, en outre, de mourir de faim, la population de Rutshuru centre a pu, tout de même, ouvrir timidement les marchés et boutiques hier.

‘‘Tout ferme à 17 heures et des patrouilles ont été visiblement renforcées dans les cités de Kiwanja et Rutshuru’’, a déclaré un habitant, répondant clandestinement à un appel téléphonique. Et d’ajouter que : ‘‘tous ceux qui reçoivent des appels téléphoniques de l’extérieur sont surveillés par les rebelles qui redoutent un filtrage incontrôlé des informations susceptibles de les discréditer en ce moment de crise. La population est encouragée à vaquer librement à ses occupations et à circuler librement. Des véhicules en provenance ou à destination de Goma et Butembo sont systématiquement fouillés, le check-point étant renforcé, surtout avec le contrôle des pièces d’identité, indique-t-on. Est-ce la guerre du leadership, la fin d’une aventure ou une technique connue de changer la tête du mouvement en fonction des enjeux qui deviennent difficiles à maitriser avec la signature de l’accord-cadre, sur la paix, la sécurité et la coopération en RDC et dans la région des Grands-Lacs ? Difficile pour le moment de répondre à toutes ces questions. Mais, toujours est-il que les jours à venir s’annoncent riches en rebondissements, surtout avec l’entrée en danse de la brigade d’intervention de l’Onu qui aura mission de traquer les forces négatives dont le M23.

La Pros. 

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RDC: Sultani Makenga destitue Jean-Marie Runiga de la direction politique du M23

 
En avant-plan, Sulutani Makenga, le chef de la branche armée de la rébellion du M23 à Goma le 20 novembre 2012En avant-plan, Sulutani Makenga, le chef de la branche armée de la rébellion du M23 à Goma le 20 novembre 2012

Le chef militaire de la rébellion du M23, Sultani Makenga a destitué Jean-Marie Runiga de ses fonctions de coordonnateur politique de ce mouvement rebelle. Dans une décision publiée mercredi 27 février dans la soirée, Sultani Makenga reproche à Jean-Marie Runiga son « incapacité à conduire la vision du mouvement du 23 mars et à mettre en œuvre son programme politique ».

Le chef militaire du M23 accuse notamment Jean-Marie Runiga de se rallier à Bosco Ntaganda qui, selon le même document, « influence négativement les décisions du M23, au plus haut niveau ». Jean-Marie Runiga est également accusé de “malversations financières, divisions, haine-ethnique, escroquerie et manque de professionnalisme et d’éthique politique”.

Le porte-parole de la faction du M23 dirigée par le colonel Baudouin Ngaruye, un fidèle de Bosco Ntaganda, indique que Jean Marie Runiga ne se soumettra pas à cette décision. Il estime que cette destitution est une fuite en avant de Sultani Makenga qui devrait répondre des accusations de corruption.

Sur le terrain, ce jeudi matin, des sources concordantes à Rutshuru indiquent que des hommes fidèles à Bosco Ntaganda ont abandonné depuis la veille au soir les localités de Rubare, Kiwanja, et Rutshuru-Centre. Ces hommes se sont établis à Kibumba, à 30 km au Nord de la ville de Goma, où Bosco Ntaganda vient d’établir son état-major. Jean Marie Runiga reste pour l’instant injoignable.

La tension qui couvait entre les chefs du M23 depuis des semaines a connu une escalade, dimanche 24 février, lorsque les hommes fidèles à Sultani Makenga et ceux fidèles à Jean-Marie Runiga, en réalité à Bosco Ntanganda, se sont affrontés à l’arme lourde à Rutshuru. Le même jour, onze pays africains signaient à Addis-Abeba sous l’égide de l’Onu un accord-cadre pour rétablir la paix en RDC. Ces Etats se sont engagés à ne pas soutenir les groupes armés qui déstabilisent la RDC.

Ntaganda et le M23

Bosco Ntaganda qui occupait les fonctions de chef d’Etat-major de la rébellion du CNDP n’a jamais revendiqué officiellement son appartenance au M23. Mais des sources bien renseignées indiquent qu’il a joué dans l’ombre un rôle de premier plan au sein du M23 depuis sa création. Accusé des crimes de guerre et d’enrôlement d’enfants dans les groupes armés, Bosco Ntaganda est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.

Crée en mai 2012 par les mutins de l’armée loyaliste de la RDC issus de l’ex-rébellion du CNDP, le M23 revendique la pleine application de l’accord de paix signé en mars 2009 à Goma entre le gouvernement et le CNDP. Le M23 a occupé plusieurs localités de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, à partir de juillet 2012. La rébellion a même réussi à prendre la ville stratégique de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu en novembre 2011, avant de s’en retirer plus d’une semaine plus tard à la demande des chefs d’Etats des Grands Lacs. Un retrait concédé contre des pourparlers qui se déroulent encore en ce moment à Kampala avec le gouvernement.

radiookapi.net

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27 février 2013

Vrai-faux conflit Makenga-Runiga, M23 : revoici Bosco Ntaganda !



Après avoir fait « le mort » pendant presque une année, le temps de se faire oublier comme auteur des cri- ries de guerre et crimes contre l’humanité éligible devant la CPI (Cour Pénale Internationale), le général Bosco Ntaganda vient de s’inviter dans le vrai-faux conflit entre le général Sultani Makenga et le Bishop Jean-Marie Runiga, respectivement chef militaire et chef politique du M23. Selon les dernières nouvelles en provenance de Rutshuru, Runiga ne serait qu’un faire-valoir et que le vrai rival de Sultani Makenga dans la querelle de leadership au sein de la rébellion qui tient l’Est de la RDCongo en otage depuis avril 2012, serait le successeur de Laurent Nkunda.

Bosco Ntaganda, indique-t-on, serait resté le grand patron du M23 mais contraint d’agir dans l’ombre, afin de ne pas exposer ses poulains aux critiques de la communauté internationale. Mais, le fond du problème reste le même, à savoir les soupçons qui pèsent sur le général Sultani Makenga d’être tenté de faire le jeu de Kinshasa. Les pro Runiga et Ntaganda verraient dans son attitude de souplesse un revirement de nature à compromettre tous les dividendes engrangés par le M23 comme interlocuteur du gouvernement de Kinshasa à Kampala et sur la scène internationale, c’est-à-dire comme une « rébellion légalisée », ayant pignon sur rue.
Dans l’entendement de Bosco Ntaganda, les pressions militaires sur Kinshasa devraient rester constantes, de manière à faire passer le plus de revendications possibles dans les négociations encore en cours à Kampala mais aussi dans des accords internationaux ou régionaux du genre de celui d’Addis-Abeba. Il est bon de rappeler que les hommes de ce seigneur de guerre avaient décidé de reprendre les armes, en mars-avril 2012, dans le but de brouiller les pistes, afin de lui permettre d’échapper aux griffes de la CPI, Kinshasa donnant de plus en plus l’impression de vouloir le lâcher et de le livrer à la justice internationale.

A cause des divergences, vraies ou fausses, entre « frères ennemis » du M23, le sang a abondamment coulé le dernier week-end à Rutshuru. Présentement, la rébellion parait coupée en deux, avec d’une part les combattants fidèles â Sultani Makenga, qui conservent comme base arrière Bunagana, et d’autre part, ceux fidèles à Bosco Ntaganda, que continue de commander un de ses lieutenants, le colonel Baudouin Ngaruye, avec comme quartier général Rutshuru-Centre.
Bosco Ntaganda aurait-il reçu mission de jouer un nouveau rôle dans la crise congolaise ? On ne va pas tarder à le savoir. En tout cas, la brusque réapparition de son fantôme dans l’Est du pays ne pourrait être le fait du hasard.

Vers l’éclatement du M23 ?

D’aucuns pensent que tous les ingrédients ne sont pas réunis pour l’éclatement du M23. Tout au plus, l’on pourrait assister à de nouveaux affrontements meurtriers entre les protégés du régime de Kigali, pour distraire les Congolais et leur faire croire que la fin de la rébellion serait proche. En effet, tout porte à croire que le Rwanda, le parrain de tous les chefs militaires et politiqués placés aux commandes de ce mouvement rebelle, entretient un agenda caché, lequel devrait lui permettre, le cas échéant, de relancer les hostilités à sa frontière avec la RDC, en s’appuyant sur une nouvelle rébellion pilotée par un neuve homme fort Le nouvel « élu » pourrait s’appeler Makenga, Runiga, Ngaruye, Lumbala ou autre… peut cela importerait, dès lors que le régime de Kigali serait en mesure de conserver son potentiel militaire dans la partie Est du territoire congolais et pourrait gérer, à sa guise, les suites de l’après Accord d’Addis-Abeba. Qu’on ne perde pas de vue que le M23 s’est considérablement réarmé et que l’option militaire serait la réponse planifiée contre l’échec des pourparlers de Kampala ou même de l’Accord d’Addis-Abeba. Que l’on oublie pas non plus que la RDC a pris l’engagement d’exécuter un cahier des charges qui n’est pas sans rappeler celui du M23 démocratisation, décentralisation, réconciliation nationale, tolérance, réformes de l’armée, de la police, des finances et des services de sécurité, aménagement du territoire, satisfaction des besoins sociaux de base, amélioration des infrastructures, etc.

Quid des FDLR ?

Il est bizarre qu’au moment où l’on parle des dissensions au sein du M23, les FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) se soient signalées sur la ligne de front, pour récupérer les territoires et localités abandonnés par les troupes du général Makenga. La grande interrogation du moment est de savoir de quel bois sont sortis subitement les membres de cette force négative étrangère et pour le compte de qui ils ont décidé de les récupérer.
II y a beaucoup de flou dans ce qui passe à Bunagana et Rutshuru, où toutes les « forces négatives » semblent cohabiter pacifiquement en attendant le déploiement de la Force internationale neutre confirmée dans l’Accord-cadre et la réforme de l’armée, de la police et des services de sécurité de la RDC.
Kimp

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L’Opposition extraparlementaire « tolère » l’Accord d’Addis-Abeba



La Coordination de la Fédération de l’Opposition Extra Parlementaire, FOEP, spécialement réunie à cet effet, a analysé le contenu de l’Accord-cadre signé ce dimanche 24 février 2013 à Addis-Abeba à l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies. D’entrée de jeu, la coordination de la Fédération de l’opposition Extra Parlementaire a salué l’initiative de l’Organisation des Nations Unies préoccupée par la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC et par la paix dans ce pays et dans la région et s’en félicite, même si cet accord ne fût pas véritablement négocié comme il se devait.
Ensuite, la Fédération de l’Opposition Extra Parlementaire émet les remarques et observations suivantes, concernant le contenu proprement dit de l’Accord et la portée qu’il convient de lui donner pour réunir les conditions auxquelles il peut être efficace ou, tout au moins, constituer un pas positif.

Concernant le contenu de l’Accord

La Fédération de l’Opposition Extra Parlementaire constate que l’Accord est fondé sur des principes très généraux, lorsqu’il vise l’engagement des Parties à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de chaque Etat, à ne pas s’ingérer dans les affaires et conflits internes de chaque Etat, à ne pas soutenir les groupes armés ni à leur accorder aide, ainsi qu’à ne pas fournir hébergement et protection aux criminels internationaux. Il n’y a là aucune disposition nouvelle ni aucun engagement nouveau qui ne lient déjà les Parties à l’Accord, notamment au titre de la Charte de l’Organisation des Nations Unies ou des Actes constitutifs des organisations régionales ou sous-régionales dont toutes les Parties à l’Accord sont membres. Cela n’a cependant jamais empêché des voisins du Congo de méconnaître ces principes fondamentaux, certains ayant même été, comme l’Ouganda, condamnés par la Cour Internationale de Justice pour violation de ces principes et d’autres normes du droit international humanitaire, ou, comme le Rwanda, ayant fait l’objet de procédures aux motifs identiques devant la même Cour.
Toutefois, la Fédération de l’Opposition Extra Parlementaire estime que la solennité de ces nouveaux engagements, ainsi que la garantie des organisations internationales, ONU, UA, CIRGL, SADEC, UE, et de partenaires bilatéraux, spécialement sollicités par l’Accord, sont de nature à obtenir de ces Etats plus de bonne volonté et de bonne foi dans l’application du droit international envers la RDC.

Par ailleurs, complétant ce volet des relations régionales, l’Accord-cadre contient un important volet interne dans lequel la RDC, par la signature du Président Kabila lui-même, s’engage à promouvoir des actions fortes marquant sa volonté politique concernant les réformes vitales pour le Congo, dans les domaines politique et institutionnel, économique et social. Il s’agit, notamment :
- de la réforme structurelle des institutions étatiques et des finances,
- de la pratique de la tolérance, du progrès à réaliser dans la décentralisation ainsi que dans le processus de démocratisation et de la réconciliation nationale,
- de la réforme du secteur de sécurité (armée, police, justice, services de renseignement) si longtemps retardée par absence de volonté politique,
- de la promotion du développement économique et social par une politique des infrastructures et par la fourniture des services sociaux de base.

Concernant la portée de l’Accord

Certes, dans la mesure où, historiquement, l’insécurité généralisée et les guerres récurrentes dans l’Est de la RDC remontent à l’exportation au Congo de leurs conflits par les Etats voisins avec à l’origine le génocide rwandais qui a versé sur notre territoire ceux qui deviendront les FDLR et autres forces négatives, mais aussi la guerre civile ougandaise qui s’est prolongée en RDC par la présence des mouvements insurgés contre le gouvernement de l’Ouganda (exemple, LRA et une bonne demi-douzaine d’autres groupes), l’on peut déplorer une asymétrie par rapport aux voisins du Congo auxquels de tels engagements, notamment de démocratisation, de tolérance et de réconciliation nationale, n’ont pas été imposés ni même conseillés pour garantir, chez-eux aussi, ces mêmes objectifs au service de la paix civile interne.

Mais, loin d’attenter à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC, la Fédération de l’Opposition Extra Parlementaire estime que la mise en oeuvre de ses dispositions, au contraire, permet à notre pays de se consolider sur le plan interne comme nation intégrée et comme Etat démocratique prospère dans une vie politique apaisée. Cela est de nature à restaurer la cohésion nationale qui manque tant à notre pays pour faire face aux menaces de déstabilisation et d’agression, renforçant ainsi les capacités nationales pour décourager les velléités de voisins malveillants ainsi que celles de forces centrifuges internes. Du reste, ces objectifs ne sont nullement imposés à la RDC, figurant déjà, tous, dans les résolutions de la CNS, dans l’AGI de Sun City et dans nombre de résolutions du Conseil de sécurité, ils sont toujours restés en processus; il est temps de passer à leur parfait achèvement.

De plus, par là, l’Accord reconnaît d’abord la double dimension régionale et interne de la crise, mais aussi son caractère multidimensionnel, donc politique, avec la conséquence que les solutions ne sauraient s’épuiser dans ces arrangements internationaux ni dans la « paix militaire » dans les rapports avec les voisins, mais aussi et surtout dans l’existence d’un Congo uni, réconcilié avec lui-même, s’assurant ainsi une paix « civile », et fort face aux menaces extérieures et intérieures à sa souveraineté et à son intégrité territoriale.
C’est que, pour la Fédération de l’Opposition Extra Parlementaire, l’Accord rejoint, par là, le besoin ressenti par de larges couches de l’opinion nationale, tout comme la soif de cohésion nationale ressentie et exprimée par toutes les forces vives de la Nation ainsi que par le Président Kabila lui-même, pour que, à la faveur d’échanges et concertations au sein d’un forum ou d’un dialogue global entre toutes les forces politiques et sociales de la Nation, nous lancions les bases d’un redémarrage fulgurant vers l’avant en nous étant dotés de facteurs et moyens d’une paix durable. Du reste, par sa résolution n°667/S/2012/355 du 26 juin 2012, le Conseil de sécurité a également recommandé la tenue d’un tel dialogue.

La conviction de la Fédération de l’opposition Extra Parlementaire est que, par le dialogue ou les concertations politiques, les Congolais s’approprieraient le contenu et les objectifs de l’Accord, redevenant ainsi maîtres de leur destin, ce qui est la condition sine qua non de son efficacité. Ils couvriraient ainsi le fait que l’Accord n’ait pas été l’oeuvre directe de la RDC et démontreraient que rien, même pour son bien, ne peut être imposé au peuple congolais. Il est clair que, sans ce volet interne et les fermes engagements qu’y a pris le président de la République, l’Accord, serait boiteux et n’aurait aucune chance de réaliser ses objectifs de pacification et de stabilisation, la RDC restant toujours un colosse aux pieds d’argile, carapace externe sans consistance interne.

C’est pourquoi, la Fédération de l’opposition Extra Parlementaire lance un vibrant appel – à toute la communauté internationale à user de toute son influence pour amener les Etats voisins de la RDC, en particulier le Rwanda et l’Ouganda, à respecter scrupuleusement leurs engagements à raison de l’Accord- cadre d’Addis-Abeba, - au Conseil de sécurité de l’ONU à prendre toutes les dispositions pour assurer l’efficacité des objectifs de l’Accord, notamment par une résolution renforçant le mandat de la MONUSCO pour imposer la paix dans l’Est de la RDC et prévoyant en son sein un dispositif aux fins de mettre hors d’état de nuire toutes les forces négatives, - à toute la population congolaise à soutenir les espoirs contenus dans cet Accord en exprimant sa volonté de voir s’engager au plus vite le dialogue politique, c’est-à-dire global, - la classe politique à saisir cette opportunité pour déployer des efforts positifs déterminés dans la recherche non pas d’égoïstes intérêts politiciens mais du bien-être général du peuple, - au Président de la République, s’appuyant ainsi sur le désir et les attentes de tout un peuple, à engager les forces vives dans le dialogue dont il a annoncé la tenue, sans atermoiements funestes et résistant aux récalcitrants de tous bords qui, refusant de donner ses chances à la RDC, sabotent par là leur propre pays.

Fait à Kinshasa le 26 février 2013

Pour la Fédération de l’Opposition Extra Parlementaire, La Coordination, Professeur Gaston Dyndo, co-coordonnateur, Professeur Auguste Mampuya Kanunk’a-Tshiabo, co-coordonnateur, M. Jeannot Mwenze Kongolo, co-coordonnateur,

M. François Lumumba, coordonnateur adjoint,

M. Alou Bashonga, Coordonnateur adjoint,
M. Sylvain Kamanyi, secrétaire général,
M. André Monga, secrétaire général adjoint,
Me Jean-Paul Lumvuntu, rapporteur général

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Application de l’Accord du 24 février: Gouvernement – M23 : tout se joue autour de Goma !



Chaque fois que dans un conflit majeur on débouche sur un Accord stratégique, ce dernier a toujours servi de détonateur à une reconfiguration des lignes et du paysage global des forces en crise. Il se développe très rapidement  un réflexe de survie dans chacun des camps, en particulier dans le camp qui redoute que la mise en application de l’Accord ne le désavantage.
Ainsi, au M-23, une ligne dure estime qu’il serait stratégiquement avantageux, en prévision de l’application de l’Accord-cadre, d’avoir la ville de Goma sous son contrôle. Cela garantirait une position de force et d’interlocuteur incontournable.
On en reste d’autant plus convaincu au M-23 que la Communauté internationale a légitimé les revendications politiques multiformes de ce mouvement. C’est notamment l’obligation faite au gouvernement congolais de démocratiser la vie nationale.
Cette obligation impose de soi l’idée d’un dialogue devant déboucher sur des réformes institutionnelles majeures. En prévision de ce dialogue justement, on estime au M-23 qu’on partirait totalement perdant en restant en dehors de Goma. D’où les durs de ce mouvement proposent de profiter de l’attentisme qui s’est déclaré au sein de la Communauté internationale, au lendemain de la signature de l’Accord-cadre, pour prendre la ville de Goma. Ainsi, au moment de l’application des dispositions dudit Accord, le M-23 aura de quoi proposer en marchandage et saura peser lourdement sur le processus de redéfinition du paysage politique national.
Pour l’heure, les cerveaux concepteurs de Kigali ne sont pas encore parvenus à lever une option définitive quant à ce. Aux dernières nouvelles, on apprend que Kagame s’occupe à tâter le pouls de la Communauté internationale. Les Etats-Unis en particulier. Car, s’il faut reprendre Goma, Kagame devra prendre un énorme risque sur le terrain, voire provoquer une prise de sanctions au niveau de l’Onu. Donc, le temps de se rassurer si l’aventure de Goma est possible, sans que le ciel ne lui tombe sur la tête, Kagame observe la situation

Pour rien au monde

En effet, il a beaucoup à craindre car, une nouvelle action unilatérale sur Goma pourrait provoquer des réactions inattendues. La proposition de Didier Reynders, qui suggère que les troupes belges, à l’instar des françaises, puissent intervenir dans les Grands Lacs africains, peut vite se transformer en action concrète. Déjà; le fait de soulever le problème reste un signe indicateur qui ne saurait tromper.
Comme au Mali justement, les troupes belges vont se charger de traquer sans distinction toutes les forces négatives, le M23 en particulier. L’Est se verrait débarrassé en un clin d’œil de tous les ingrédients qui servent de lit à l’agression  rwandaise à répétition sur le sol congolais.
N’importe comment, Kinshasa doit savoir que tout peut arriver à la faveur de la signature de l’Accord-cadre. Le Gouvernement doit se préparer à la guerre de Goma. Qu’elle ait lieu ou non, tout doit être mis en œuvre pour parer contre toute éventualité. Il ne faut surtout pas croire que l’Accord-cadre est une recette – miracle qui vient mettre fin à la guerre comme par une baguette magique.
Il apparaît clairement que la victoire comme la défaite dans l’application de l’Accord-cadre vont se décliner suivant que l’on aura ou non le contrôle de Goma.
Le chef-lieu du Nord-Kivu représente donc un enjeu vital pour la République qui ne doit, pour rien au monde, se permettre de le perdre.
LP

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Position de l'UNC sur l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la Région

 

La Position de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) sur l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région, signé à Addis-Abeba le 24 février 2013. Sous les auspices de la Communauté internationale, un « Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région » a été signé ce samedi 24 février 2012 par 11 Chefs d’État de la région (RDC, RCA, Angola, Burundi, RCongo, Rwanda, RSA, Soudan du Sud, Ouganda, Zambie, Tanzanie), ainsi que, au titre de témoins, le Secrétaire général des Nations Unies, la Présidente de la Commission de l’UA, le Président de la SADC et le Président de la CIRGL. 
Nous ne pouvons que nous réjouir de cette initiative, pour laquelle nous remercions et félicitons le Secrétaire général Ban Ki-moon ; initiative par laquelle les Chefs d’Etat de la Région et la Communauté internationale toute entière s’accordent pour reconnaître que l’issue de la crise en RDC passe par la voie diplomatique comme soutien et accompagnement aux efforts des filles et fils de notre pays. En effet, comme nous ne cessons de le dire, la solution à notre crise implique d’abord la responsabilité des Congolais. Elle implique en second lieu la Communauté internationale pour au moins trois raisons : 
- Chacun sait que cette crise prend ses origines dans les conséquences du génocide rwandais de 1994 que la Communauté internationale n’a pas su gérer correctement, laissant la RDC, Zaïre à l’époque, subir toute seule les affres de ce drame. 
- Ensuite, il est, au plan éthique et de la conscience humaine, normal et naturel que la Communauté internationale se préoccupe particulièrement du drame congolais qui demeure, au plan des pertes en vies humaines, des violations massives des droits de la personne commises, notamment des violences faites à la femme, de viols massifs, des déplacements des populations, etc. l’une des crises majeures de notre temps.
- Enfin, aider un pays comme la RDC à sortir de cette grave crise qui handicape son développement, c’est en réalité aider l’Afrique toute entière, voire l’ensemble de la planète, compte tenu des potentialités naturelles, géopolitiques et géostratégiques de ce pays.

Notre satisfaction tient également au fait que nous avions nous même, au niveau de l’opposition toute entière, fortement préconisé le 18 janvier 2012, soit moins de deux mois après les élections bâclées de novembre 2011, l’implication de la Communauté internationale à travers ce
que nous avions appelé autrefois le plan d’Addis Abeba, que nous avions, à la tête d’une délégation de l’opposition, remis à l’Union Africaine et aux Chefs d’Etat à Addis Abeba pour qu’ils nous aident à résoudre la situation chaotique de déficit de légitimité de nos institutions subséquente à ce qui s’est avéré aux yeux de tous comme un véritable hold-up électoral.
Nous notons également avec satisfaction que l’Accord considère, comme nous, deux volets essentiels dans les initiatives à prendre pour résoudre la crise congolaise : le volet interne et le volet international. De même, il associe aux moyens de retour à la paix, la coopération et l’intégration économiques « avec une attention particulière accordée à la question de l’exploitation des ressources naturelles ».

Enfin, l’Accord indique implicitement la voie du dialogue pour « promouvoir les objectifs de réconciliation nationale, de tolérance et de démocratisation ». Il rejoint ainsi ce à quoi l’Église catholique de la RDC, par le mémorandum de ses évêques nous adressé en date du 5 février 2012, avait invité l’ensemble des forces vives du pays pour reconstruire la paix et la cohésion nationale. C’est aussi l’option unanimement préconisée par l’ensemble de la société civile congolaise.
Cependant, instruits par le passé récent de notre histoire, celle précisément de notre quête pour la paix, nous nous devons de relever les points ci après pour nous éviter à tous de nous engager dans des voies et des initiatives contre-productives.
Il sied de rappeler les Accords de Lusaka, Sun City, la Conférence de Goma, l’accord de Pretoria (RDC-Rwanda), de Luanda (RDC-Ouganda) dont les résolutions qui restent encore d’actualité, n’ont jamais été complètement appliquées.

La substance de cet accord qui vient d’être signé, formule un certain nombre d’engagements pour le gouvernement de la RDC, pour la région et pour la communauté internationale et définit un mécanisme de suivi pour garantir la bonne fin de la mise en oeuvre de ces engagements. Cependant, les prémisses ou les fondamentaux sur lesquels s’appuient ces engagements nous apparaissent en si fort décalage par rapport aux réalités vécues par les Congolais, que l’on peut douter de leur pertinence et de leur efficacité.

En effet le premier principe de cet accord énonce que « d’importants progrès ont été enregistrés en RDC pendant la décennie écoulée » et que « le processus national et régional de paix initiés ont établi la base d’une paix et d’une stabilité relatives dans les grandes parties du pays ».
On se demande où se trouvent ces progrès lorsque l’on sait que la RDC :
- Est le dernier pays au monde en termes d’indice de développement humain, 
- Connaît le taux de mortalité le plus élevé d’Afrique,
- Connaît un taux de scolarité en perpétuelle baisse,
- Connaît des cycles récurrents de crise non seulement dans les Kivu, mais aussi dans d’autres provinces (Katanga, Kasaï,…) sans parler des
traumatismes encore intacts de l’épisode de Bundu dia Kongo dans le Bas-Congo et des Inyeles dans l’Équateur ;
- l’Accord souligne du reste les « conséquences plus que dévastatrices de ces crises » en terme  notamment de violences sexuelles (la RDC est
devenue la capitale mondiale des violences faites aux femmes), de graves violations des droits de l’homme ; nombre de victimes (personnes tuées,
déplacées), déperdition scolaire, etc. 
- contrairement à ce qu’affirme l’Accord, aucune des réformes structurelles ou fondamentales de l’État préconisées par de nombreux instruments juridiques antérieurs (notamment l’Accord de Sun City) n’a été complètement exécuté jusqu’à ce jour :
secteur de sécurité, justice, administration, gouvernance économique, lutte contre la corruption,
impunité, etc.
- a connu les élections bâclées de 2011 et le déficit de légitimité des institutions qui s’est installé depuis ;
- connaît la résurgence et la prolifération des groupes armés qui en dehors des deux Kivu, du Maniema, de la province orientale, atteignent aussi
les provinces du Katanga, du Kasaï oriental et de l’Équateur ;
- le processus de décentralisation et processus électoral aux niveaux provincial, local, urbain et municipal, est en panne et ce depuis 2006;
- la cour constitutionnelle n’est toujours pas installée.
De même, l’Accord reconnaît que la « voie actuelle n’est pas viable » ; ce qui, traduit dans le langage non diplomatique, signifie que l’ensemble de l’approche actuelle du gouvernement pour éradiquer la crise est inopérant (y compris, dans notre entendement, l’initiative de Kampala qui s’est soldée en un fiasco).
L’Accord relève l’opportunité de saisir la crise actuelle pour s’atteler aux causes profondes du conflit. Il ne mentionne pas clairement ces causes ; mais on peut lire entre les lignes quelques unes : faillite du secteur de la sécurité ; déliquescence de l’autorité de l’État (non seulement à l’Est de la République, comme le laisse entendre l’Accord, mais sur l’ensemble du territoire national, y compris dans la capitale) ; mauvaise, voire absence de gouvernance, etc.
Pour éviter de tomber dans le pessimisme d’une part et pour éviter de pérenniser le paternalisme et l’infantilisme politique d’autre part, comme si les leaders congolais n’attendent que la Communauté internationale vienne faire ce qui relève de leur responsabilité, càd amener le pays vers le développement, Nous disons ;
Indépendamment des quelques écueils relevés dans l’Accord cadre d’Addis Abeba, nous soulignons les acquits ci-après qui nous permettraient, en tant que Congolais de nous approprier de cet Accord et d’organiser un dialogue inclusif dans un esprit de réconciliation et de tolérance mutuelle pour rencontrer les objectifs ultimes que nous avons tous soulignés, à savoir :
1. Restaurer la réconciliation et la cohésion nationales,
2. Restaurer la légitimité des institutions,
3. Mettre fin à la guerre.
Bref, reconstruire le consensus national brisé, pour permettre la gouvernance de notre pays. Ceci dit, Mesdames et Messieurs de la presse, De cet Accord, nous dégageons trois types d’engagement, ceux adressés à la RDC, ceux adressés à tous les États de la région et ceux adressés à la Communauté Internationale.



En ce qui nous concerne ; l’Accord nous engage, nous la République démocratique du Congo, à :
1. Promouvoir les objectifs de réconciliation nationale, de tolérance, et de démocratisation,
2.Consolider l’autorité de l’État, en particulier à l’est  de la République démocratique du Congo, y compris en empêchant les groupes armés de déstabiliser les pays voisins;
3.Promouvoir la réforme structurelle des institutions de l’État, y compris la réforme des finances;
4.Promouvoir le développement économique, y compris au sujet de l’expansion des infrastructures Net de la fourniture de services sociaux de base;
5.Continuer et approfondir la réforme du secteur de la sécurité, en particulier en ce qui concerne l’armée et la police;
6.Effectuer des progrès en ce qui concerne la décentralisation.
Le Secrétaire Général des Nations Unies, la Présidente de la Commission de l’UA, le Président de la SADC, le Président de la CIRGL ainsi que les Chefs d’États signataires de cet Accord, engage le Président Joseph KABILA à organiser le dialogue. Sinon, par quelle autre voie allons nous nous réconcilier ? Par quelle autre voie, allons nous consolider l’autorité de l’Etat et promouvoir la  réforme structurelle des institutions de la République ?
Par quelle autre voie allons nous élaborer un programme minimum de gouvernement devant promouvoir notre développement économique et établir une coopération qui valorise nos ressources naturelles dans un partenariat gagnant-gagnant avec nos 9 voisins, l’Afrique et le monde ? Par quelle autre voie allons nous instaurer une cour pénale spéciale pour sanctionner les crimes de guerre, des viols, des pillages des ressources naturelles ?
Nous nous demandons si tout le monde a le même entendement que nous ! Lorsque dans l’Accord, l’on demande de «Promouvoir la réforme structurelle des institutions de l’État,… » N’est-ce pas clair pour tout le monde que la Communauté internationale reconnaît l’absence de légitimité aux institutions actuelles issues des dernières élections ? En diplomatie, on ne dit pas les choses crument. L’on nous dit et l’on nous demande de
comprendre.

Et nous, nous avons compris !Il faut restructurer les institutions de l’Etat, toutes les institutions. Le Président Kabila a apposé sa signature au bas de cet Accord, il a pris un engagement devant l’histoire et devant Ses pairs africains. Il doit être conséquent avec lui-même et favoriser la tenue d’un dialogue inclusif.

Tout ceci, Mesdames et Messieurs de la Presse, passe par
la refondation de l’Etat et la restauration de son autorité sur l’ensemble du territoire national. Il ne faut pas que le sort du Congo soit considéré comme une fatalité, UN AUTRE CONGO EST POSSIBLE, il suffit de le vouloir pour le pouvoir ; le vouloir ensemble et le pouvoir ensemble, c’est le sens justement du dialogue national.      

Dialogue national dont le succès ne pourrait être garanti si chacun de nous se refuse à des concessions utiles. Mesdames et Messieurs de la presse, L’Accord appelle aussi l’ensemble des pays de la région à  un certain nombre d’engagement que jugeons utiles :
1. Ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des États voisins;
2.Ne pas tolérer, ni fournir une assistance ou un soutien quelconque à des groupes armés;
3.Respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des États voisins;
4. Renforcer la coopération régionale, y compris à travers l’approfondissement de l’intégration Néconomique avec une attention particulière accordée
à la question de l’exploitation des ressources  Nnaturelles;
5.Respecter les préoccupations et intérêts légitimes des États voisins, en particulier au sujet des Nquestions de sécurité;
6. Ne pas héberger ni fournir une protection de quelque nature que ce soit aux personnes accusées Nde crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, d’actes de génocide ou de crimes d’agression, Nou aux personnes sous le régime de sanctions des Nations Unies; et
7. Faciliter l’administration de la justice, grâce à la coopération judiciaire dans la région. 
L’analyse de ces engagements écarte à nos yeux toute idée de spéculation sur la partition et la balkanisation de notre territoire et encore une fois, c’est à nous qu’il revient d’imaginer les mécanismes, les politiques et les stratégies de leur mise en oeuvre pour que ce qui est convenu soit respecté.
Nous ne devons pas nous effrayer nous mêmes et voir le diable partout. Quand la Communauté internationale demande à tous les États de respecter la souveraineté et l’intégrité de tous les États de la région, il nous appartient de nous approprier tous ces principes, d’imaginer et d’élaborer des mécanismes qui empêchent la balkanisation qui effraye tout le monde.
A la Communauté Internationale, l’Accord reconnaît les  engagements suivants : 
1. Le Conseil de sécurité resterait saisi de l’importance d’un soutien à la stabilité à long terme de la République démocratique du Congo et de la région des Grands Lacs;
2.Un engagement renouvelé des partenaires bilatéraux à demeurer mobilisés dans leur soutien à la République démocratique du Congo et la région, y compris avec les moyens appropriés pour assurer la durabilité de ces actions sur le long terme; et d’appuyer la mise en oeuvre des protocoles et des projets prioritaires du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs; 
3.Un engagement renouvelé à travailler à la revitalisation de la CEPGL et à soutenir la mise en oeuvre de son objectif de développement économique et d’intégration régionale;
4.Une revue stratégique de la Mission de stabilisation de l’Organisation des Nations Unies en République émocratique du Congo (MONUSCO) afin de renforcer son appui au gouvernement pour faire face aux enjeux d’ordre sécuritaire et favoriser l’expansion de l’autorité de l’État;
5.La nomination d’un Envoyé spécial des Nations Unies pour soutenir les efforts pour trouver des solutions durables avec un plan à plusieurs volets qui permettra la convergence de toutes les initiatives en cours. Nous pensons, Mesdames et Messieurs que la Communauté internationale a pris un certain nombre d’engagements, il nous appartient de nous les approprier pour que qu’ils ne demeurent pas lettre morte. Faudra-t-il attendre que la Communauté internationale vienne pour que nous nous donnions des signaux concrets de décrispation politique afin denous engager sur la voie de
la réconciliation nationale ?
Faudra-t-il attendre la Communauté internationale pour libérer les prisonniers d’opinion ?
Faudra-t-il attendre la Communauté Internationale pour comprendre que l’Assemblée Nationale ne doit être la caisse de résonnance de qui que ce  soit, mais un sanctuaire de démocratie pour tous ?
Faudra-t-il attendre que la Communauté internationale vienne convoquer la réunion des deux chambres pour permettre à l’Opposition de se doter de son porte parole ?
Faudra-t-il attendre la Communauté internationale pour cesser l’arrestation arbitraire des journalistes et des activistes des droits de l’homme ?
Pourquoi nous voyons tout le mal au niveau de la Communauté internationale, sans nous interpeller nousmêmes ?
Fallait-il attendre que la Communauté internationale vienne convoquer une réunion pour que le Président Kabila comprenne qu’après les élections bâclées, il eut fallu que les trois qui sont venus en ordre utile aux élections de novembre 2011 se rencontrent,.. pour que Etienne Tshisekedi lui dise ce qu’il pense, que Vital Kamerhe lui dise ce qu’il pense, et que lui nous dise ce qu’il attend de nos propositions ? Cela pourrait être un grand signal de décrispation. Faut-il attendre la Communauté internationale pour que des initiatives de rapprochement entre fils et filles de ce
pays soient envisagées ?  

Nous devons, une fois pour toutes, cesser de voir l’origine de nos malheurs chez les autres et prendre nos responsabilités pour conduire notre pays vers sa grande destinée. Nous pensons en ce qui nous concerne que nous devons tout faire pour que le dialogue se tienne.
Nous disons que la Communauté internationale n’empêche pas le Président KABILA de libérer les journalistes arrêtés !
La Communauté internationale ne l’empêche pas de lancer un message à la Cour pénale internationale pour demander la clôture du dossier de Jean Pierre Bemba ! Cela pourrait amener une grande décrispation sur la scène politique.
Faudra-t-il que la Communauté internationale vienne ici pour que le Cardinal Monsengwo soit réhabilité, après avoir été trainé dans la boue sur le plateau de la télévision nationale ?
Nous faut-il la Communauté internationale pour que le cordon sécuritaire soit levé autour de la résidence du Président Etienne Tshisekedi ?
Nous disons non !
Il est temps pour que nous puissions nous lever comme un seul homme, les meilleurs de chaque camps, pour que nous
pussions donner un signal positif à notre peuple, à l’Afrique et au monde, à l’instar du Sénégal, du Ghana, de
la Namibie, du Mozambique, ….pour que le peuple Congolais, puisse avoir encore une fois confiance en nous tous, de la majorité, de l’opposition et de la société civile.
Mesdames et Messieurs de la Presse, Chers amis de la classe politique et de la Société civile, nous avons un grand défi à relever, nous devons montrer que nous avons atteint la maturité politique et que nous sommes capables de nous surpasser.
Depuis 1960 à ce jour, nous n’avons pas donné la preuve que nous sommes capables, non seulement d’élaborer un modèle de développement propre à notre Nation, mais aussi de construire un consensus sur notre vision du Congo que nous voulons. La RDC est tellement riche et grande que tant que nous ne comprendrons pas que les meilleurs de tous bords doivent apporter leur contribution à la réalisation d’une RDC puissante et utile à tous, nous allons continuer la descente en enfer et sombrer dans les querelles stériles qui ne profitent pas à notre peuple.
C’est pourquoi je lance un appel pathétique à tous les leaders politiques et sociaux, en commençant par Monsieur Joseph KABILA lui-même, que nous puissions nous approprier cet Accord et ensemble, par le truchement du dialogue, nous puissions prendre des résolutions idoines pour :
- avoir un leadership responsable à la tête de l’Etat,
- restructurer nos institutions pour leur donner la légitimité qui leur fait défaut,
- jeter les bases d’une réforme de l’armée, seul gage de paix et de stabilité pour le pays,
- élaborer des mécanismes de démobilisation, réinsertion et réintégration des éléments des groupes armés,
- poursuivre et parachever le processus électoral, 
- promouvoir la reforme des finances publiques pour combattre la gabegie financière, la corruption et toutes les antivaleurs qui minent la gouvernance.
Mesdames et Messieurs de la Presse,
J’ai dit et je vous remercie.
Vital KAMERHE,
Président National de l’UNC.
Kinshasa, le 26 février 2013.
Fatima, Kinshasa, R.D.Congo

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RDC: le M23 est au bord de l’implosion

Le chef politique du M23 en civil, Jean-Marie Runiga et le général Sultani Makenga, à sa droite, lors des obsèques, à Rutshuru, d'un officier tué dans un échange de tirs entre deux factions rivales du M23, le mardi 26 février 2013.
Le chef politique du M23 en civil, Jean-Marie Runiga et le général Sultani Makenga, à sa droite, lors des obsèques, à Rutshuru, d'un officier tué dans un échange de tirs entre deux factions rivales du M23, le mardi 26 février 2013.
RFI / Bruno Minas
Par RFI

En République démocratique du Congo, alors que la classe politique continue de commenter l'accord de paix signé à Addis-Abeba le 24 février, le mouvement rebelle du M23 qui opère dans l'Est, semble, lui, au bord de l'implosion. Guerre des chefs, problèmes de pouvoir et d’argent. Dimanche dernier, deux factions antagonistes se sont tiré dessus à Rutshuru. Une tentative de réconciliation, engagée le 26 février, a tourné court.

Les frères ennemis du M23, le chef politique Jean-Marie Runiga et le chef militaire le général Makenga se sont retrouvés le 26 février à deux occasions : d’abord aux obsèques d’un major tué lors des échanges de tirs entre les deux camps dimanche à Rutshuru.

Dans une vaine tentative de faire bonne figure, les deux adversaires étaient assis côte à côte, dit un témoin. Mais ils n’ont pas échangé un regard.

Ensuite, ils se sont retrouvés face-à-face dans une réunion de conciliation arbitrée par un officier ougandais venu spécialement pour recoller les morceaux. Mais cela a tourné court. L’Ougandais est reparti chez lui.

Hier soir, le chef politique du M23 Jean-Marie Runiga a même décidé de quitter sa résidence de Bunagana à la frontière ougandaise, parce qu’elle est dans la ligne de mire d’une pièce d’artillerie du clan Makenga sur une colline juste au dessus. Runiga est allé se réfugier à Rutshuru sous la protection du général Baudoin, un fidèle de Bosco Ntaganda.

Par ailleurs, à Kinshasa, la classe politique continue de commenter l'accord de paix signé à Addis-Abeba dimanche dernier entre onze pays africains pour pacifier l'Est. L'opposant Vital Kamerhe salue cet accord, mais dit qu'il doit être prolongé par un dialogue national. Lors d'une réunion publique hier, il s'est aussi prononcé sur les pourparlers de Kampala.

Vital Kamerhe

"La population, la classe politique et la société doivent maintenant s'approprier cet accord pour donner espoir aux Congolais."

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26 février 2013

Voici enfin l’accord-cadre pour la paix et la sécurité en RD-Congo



Le secrétaire général des Nations-Unies, le Coréen Ban-Ki-Moon a fait le déplacement d’Addis-Abeba pour assister à la signature par huit chefs d’Etat de la CIRGL de l’accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RD-Congo et la région des grands-las. Les chefs d’Etat ont décidé de ramener la paix dans l’ensemble de la région des grands-lacs. Ils ont décidé d’éradiquer tous les groupes armés dans la région. (Ci-dessous le texte intégral de cet accord-cadre).

D’importants progrès ont été enregistrés en République démocratique du Congo pendant la décennie écoulée. Les processus de paix national et régional initiés alors ont subi la base d’une paix et d’une stabilité relatives dans de grandes parties du pays. De même, le gouvernement de la république démocratique du Congo a entamé, avec l’appui des partenaires, un certain nombre de réformes pour préparer le terrain à la reprise économique et à la démocratisation du pays. Cependant, l’est de la République démocratique du Congo continue de subir des cycles de conflit récurrents et des persistantes de la part des groupes armés tant nationaux qu’étrangers. Les conséquences de cette violence ont été plus que dévastatrices. Des actes de violence sexuelle et de graves violations des droits de l’homme sont utilisés régulièrement et quasi-quotidiennement comme des armes de guerre. Le nombre de personnes déplacées figure parmi les plus élevés au monde et tourne de façon persistante autour de deux millions de personnes. La mise en œuvre du programme national de reconstruction, de réforme du secteur de la sécurité et d’éradication de la pauvreté est constamment interrompue. Malgré ces défis, la crise récente offre la possibilité de s’atteler aux causes profondes du conflit et de mettre un terme aux cycles de violences récurrents. Il est de plus en plus reconnu que voie actuelle n’est pas viable. Partant d’une cessation d’hostilités, des actions concrètes sont requises de la part du gouvernement de la République démocratique du Congo, avec le soutien des partenaires, des Etats de la région, et de la communauté internationale en soutien aux efforts déjà en cours de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe. Les principes énoncés à chacun de ces niveaux constitueront des engagements pris dans les domaines suivants :
Pour le gouvernement de la République démocratique du Congo :
Un engagement renouvelé à : Continuer et approfondir le réforme du secteur de la sécurité, en particulier en ce qui concerne l’armée et la police ; Consolider l’autorité de l’Etat, en particulier dans l’est de la République démocratique du Congo, y compris en empêchant les groupes armés de déstabiliser les pays voisins ; Promouvoir le développement économique, y compris au sujet de l'expansion des infrastructures et de la fourniture de services sociaux de base ;
Promouvoir la réforme structurelles des institutions de l’Etat, y compris la réforme des finances ; et
Promouvoir les objectifs de réconciliation nationale, de tolérance, et de démocratisation.
Pour la région :
Un engagement renouvelé à : Ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des autres Etats voisins ; Ne pas tolérer, ni fournir une assistance ou un soutien quelconque à des groupes armés ;
Respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats voisins ;
Renforcer la coopération régionale, y compris à travers l’approfondissement de l’intégrité économique avec une attention particulière accordée à la question de l’exploitation des ressources naturelles ; Respecter les préoccupations et intérêts légitimes des Etats voisins, en particulier au sujet des sujets de sécurité ; Ne pas héberger ni fournir une protection de quelque nature que ce soit aux personnes accusées de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, d’actes de génocide ou de crimes d’agression, ou aux personnes sous le régime de sanctions des Nations unies ; et
Faciliter l’administration de la justice, grâce la coopération judiciaire dans la région.
Pour la communauté internationale : Le Conseil de sécurité resterait saisi de l’importance d’un soutien à la stabilité à long terme de la république démocratique du Congo et de la région des Grands Lacs ; Un engagement renouvelé des partenaires bilatéraux à demeurer mobilisés dans leur soutien à la République démocratique du Congo et la région, y compris avec des moyens appropriés pour assurer la durabilité de ces actions sur le long terme ; et d’appuyer la mise oeuvre des protocoles et des projets prioritaires du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs ; Un engagement renouvelé à travailler à la revitalisation de la communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) et à soutenir la mise en oeuvre de son objectif de développement économique et d’intégration régionale ; Une revue stratégique de la Mission de stabilisation de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) afin de renforcer son appui au gouvernement pour faire face aux enjeux d’ordre sécuritaire et favoriser l’expansion de l’autorité de l’Etat ; La nomination d’un Envoyé spécial des Nations Unies pour soutenir les efforts pour trouver des solutions durables avec un plan à plusieurs volets qui permettra la convergence de toutes les initiatives en cours.

Mécanisme de suivi

La République démocratique du Congo, les pays limitrophes, les partenaires régionaux et la communauté internationale travailleront de façon synchronisée afin de promouvoir ces principes.
Un mécanisme de suivi régional impliquant les dirigeants des pays de la région, notamment de la République démocratique du Congo, de la République d’Afrique du Sud, de la République d’Angola, de la République du Burundi, de la République centrafricaine, de la République du Congo, de la République de l’Ouganda, de la République du Soudan du Sud, de la République unie de Tanzanie et de la République de Zambie, jouissant des bons offices du Secrétaire général des Nations Unies, de la Présidence de la Commission de l’Union africaine, du Président de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et du Président de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe, en qualité de garants du présent accord, sera établi et se réunira dans la mise en oeuvre des engagements régionaux ci-dessus, dans respect de la souveraineté des Etats concernés régulièrement pour passer en revue les progrès. Ce mécanisme 11+4 est en soutien aux efforts régionaux en cours et sera par conséquent par et étroitement à l’Union africaine, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et la Communauté pour le développement de l’Afrique australe, ainsi qu’à d’autres partenaires internationaux, y compris l’Union européenne, la Belgique, les Etats-Unis d’Amérique, la France et le Royaume-Uni. Un plan détaillé pour la mise en oeuvre de l’accord sera développé conjointement, y compris l’établissement des critères et mesures de suivi appropriées. Le Président de la République démocratique du Congo mettra en place, au sein du gouvernement, un mécanisme national de suivi en vue d’accompagner et de superviser la mise en œuvre des engagements pris au niveau national pour les réformes susmentionnées. Les Nations Unies, l’Union africaine, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et d’autres partenaires bilatéraux ou multilatéraux qui seront convenus apporteront leur soutien à ce mécanisme. Le mécanisme de suivi national fonctionnera dans le respect total de la souveraineté de la République démocratique du Congo. En République démocratique du Congo, la MONUSCO fera partie de la solution, et continuera à travailler en étroite collaboration avec le gouvernement de la République démocratique du Congo.
Fait à Addis-Abeba, le 24 février 2013.

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L’intervention pertinente de Jacquemain Shabani aux journées de réflexion de l’UDPS



Jacquemain Shabani, l’ancien secrétaire général de l’UDPS, éjecté de ses fonctions pour des raisons jusque-là inavouées a été choisi par les organisateurs des journées de réflexion de l’UDPS tenues du 22 au 24 février à la paroisse Saint-Alphonse de Matete, pour exposer sur le thème : «l’UDPS et les élections du 28 novembre 2011 : attitudes et ressources nécessaires pour le recouvrement du pouvoir d’état en RDC». En résumé, Me Shabani à la demande de la base de refonder l’UDPS, réclame une gestion transparente et démocratique. En effet, Shabani explique en un mot qu’un parti politique ne peut prétendre accéder à la gestion de la chose publique, quand il ne parvient pas lui-même à justifier sa gestion. Un parti politique doit être en mesure de rendre compte de la gestion tant des ressources humaines, financières, mobilières et immobilières. Ce n’est que dans cette voie que l’UDPS peut recouvrer un pouvoir d’Etat en RD-Congo. Son intervention a été appréciée par près de deux mille combattants, qui en dépit de la pluie, se sont déplacés et mobilisés en faveur de la refondation de l’UDPS. Abordé par les reporters de CONGONEWS, Me Shabani s’est résilié de tout commentaire. Tout en appréciant comme tout le monde l’action des fédérations de Kinshasa. Il a souhaité que ces assises se poursuivent jusqu’aux fédérations de l’intérieur et de l’extérieur. «A l’UDPS, c’est la base qui décide», a-t-indiqué, restant dans sa logique du respect des textes et de la volonté de la base. (Ci-dessous son intervention).

Mesdames et Messieurs ;
Combattantes et combattants;
L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) notre parti en cette période anniversaire, par le canal de sa base de Kinshasa, a pensé à organiser des journées de réflexion et d’évaluation sur sa longue et louable lutte pour la libération du peuple et l’instauration de la démocratie en République Démocratique du Congo notre pays. Il nous a été demandé par le comité organisateur de participer à ces journées en y apportant notre contribution dans la dite réflexion au regard des fonctions que nous avons eu à exercer en tant que cadre dans notre cher parti, je les en remercie.

Mesdames et Messieurs ;
Combattantes et combattants;
1982-2013, voici déjà trente et un ans d’existence, de lutte sans merci que notre parti mène depuis sa création ; création rendue indispensable suite à l’environnement politique délétère, caractérisé par les violations massives des droits et libertés ainsi que l’absence du pluralisme politique. Une situation qui avait consacré la pensée unique, génératrice de dictature, mauvaise gouvernance et diverses antivaleurs qui ont conduit notre grand et beau pays à sa destruction totale. Une dictature sanguinaire qui a avili notre peuple et réduit dangereusement la possibilité de voir s’instaurer de manière durable une démocratie capable de relancer son véritable développement au-delà des slogans de modernisation plus que creux dont est servi notre peuple qui n’en a cure tellement ses aspirations et ses besoins de survie sont ailleurs.

Mesdames et Messieurs ;
Combattantes et combattants;
Comme nous renseignent les différentes histoires de libération des peuples à travers le monde que c’est souvent la minorité qui sauve la majorité en acceptant parfois des sacrifices incroyables. Notre pays a eu aussi droit à sa minorité qui a accepté de souffrir pour le sortir de l’obscurantisme dans lequel l’avait plongé la dictature de Mobutu à travers l’action de 13 de ses dignes fils, habités par une détermination farouche d’affronter cette dictature sanguinaire, soucieux de la modernisation politique et de la grandeur de leur pays, ces 13 dignes fils, parlementaires de leur état, se levèrent, au péril de leurs vies, pour dire non à cet état des choses, allant jusqu’à créer une structure politique capable de canaliser cette lutte qui avait vu le jour un certain 15/02/1982 qui sera depuis lors retenu comme date anniversaire, que nous commémorons aujourd’hui. Voilà comment est né l’UDPS notre cher parti. Ayant vu le jour durant une période sombre caractérisée par l’intolérance politique, la répression barbare ; fonctionnant dans la clandestinité, mais puissamment porté par la volonté du peuple, qui aspirait et continue à aspirer à un changement aussi bien qualitatif que quantitatif de sa condition, l’UDPS notre parti a su, par la force des choses mais surtout par la conviction de ses membres, s’implanter sur tout l’étendue du territoire national, à travers les onze provinces, en organisant la résistance contre les dictatures et imposer un processus de démocratisation. Le parti a toujours été par ailleurs de tous les rendez-vous cruciaux de l’histoire de notre nation de manière à protéger toujours les intérêts et du pays et de notre peuple. Là est la justesse et le bienfondé de notre action. Fort du soutien populaire dont il jouit et de sa conviction en l’idéal qu’il poursuit, le parti a rendu possible la grande mobilisation de notre peuple sur l’ensemble du territoire national avec comme conséquence logique et couronnement, la victoire éclatante aux élections de novembre 2011 qui a vu notre leader et président du parti, son excellence Mr le président Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA être gratifié par notre peuple en le portant de la manière la plus confortable à la magistrature suprême et cela malgré les multiples fraudes et irrégularités.

Mesdames et Messieurs ;
Combattantes et Combattants;
Effectivement la conviction du bienfondé de notre action a permis au Parti d’effectuer un travail de titan dans un environnement hostile. Oui, ce n’est pas la première fois que nous évoluons dans un tel environnement, en fait c’est depuis la création du parti que l’oppression et la terreur sont les répondants de notre communication politique. Cela n’a pas inquiété les Peres Fondateurs à la genèse, encore moins le parti hier et surtout pas vous aujourd’hui. Car nous sommes aguerris et nous avons la légitimité populaire. Hier, le parti avait fait un choix, celui de la non-violence. Et, un dialogue a été entrepris avec les forces vives de la nation, il s’en est suivi une complicité entre le Peuple et l’UDPS. Une union sacrée dans le combat, une cohésion dans l’action qui a engendrée une force redoutable pour tous les systèmes dictatoriaux qu’il nous fallait démystifier et anéantir afin que la démocratie prenne place. Cette union sacrée avec le peuple, cette réalité socio-politique s’est démontrée a tous les grands rendez-vous de l’histoire politique de notre pays pour l’avènement d’un état de droit démocratique, depuis la mise à mort du parti unique en passant par la Conférence Nationale Souveraine jusqu’aux élections du 28 novembre 2011.

Mesdames et Messieurs ;
Combattantes et Combattants;
Ceci n’a pas été le fait du hasard ; c’était par contre le fruit d’un travail de fond, réfléchi, le fruit d’une organisation approprié, moulée dans des principes positifs de cohésion, de fraternité, de solidarité, de dignité, de vérité, d’amour du prochain, de respect de la valeur humaine et d’unité. Les textes fondateurs du parti avait permis la création de structures combattantes décentralisées pourvus d’une certaine autonomie de fonctionnement et organisées sur des principes démocratiques mais hiérarchisées de la base au sommet et fonctionnant dans l’unité pour la cause. Cette décentralisation avait à son tour permis de responsabiliser le combattant partout où il se trouvait et a facilitée l’implantation du parti dans toutes les provinces de la république. Voilà ce qui a, entre autre, fait de nous la plus grande force politique du pays et qui nous a facilités à faire élire notre candidat à l’élection présidentielle dans toutes les circonscriptions électorales. L’UDPS une machine politique d’envergure nationale redoutable. Voici une brève présentation de ce que nous sommes réellement qui devrait nous faciliter à répondre à la problématique de ces journées de réflexions. En ce jour, il nous est demandé de réfléchir sur l’attitude et les ressources nécessaires au parti pour le recouvrement de ce pouvoir que le peuple Congolais a bien voulu nous transmettre à travers le suffrage du 28 novembre 2011. Pour ce faire, nous allons nous poser deux questions simples mais fondamentales qui vont nous permettre de résoudre l’équation.

1. Quelle attitude organisationnelle l’UDPS doit avoir ?
2.Quelles sont nos ressources, nos potentialités ?

Mesdames et Messieurs ;
Combattantes et Combattants;
Quelle attitude notre parti doit adopter pour que cet objectif attendu de tous soit atteint ?
Une question simple et apparemment banale mais pleine de sens si l’on réalise que nous sommes une association d’hommes et de femmes, réunie pour un objectif bien définie : La conquête du pouvoir pour la mise en application de notre projet de société. Ainsi notre attitude sera fonction de notre capacité à nous organiser et des motivations de chacun de nous à faire fonctionner notre association. Notre objectif commun et principal est la conquête du pouvoir, il est important de savoir que dans cette course au pouvoir nous ne sommes pas les seuls, donc on y concourt avec d’autres comme dans une compétition. Ainsi, il nous faut être les meilleurs de tous et que chacun de nous, que chaque structure du parti donne le meilleur de lui-même, comme chaque élément d’un dream team. Pour ce faire, il faut avoir une attitude d’équipe ? Ainsi, se pose à nous la question suivante : Sommes-nous unis et solidaires dans l’action ? L’attitude d’une équipe qui chemine à l’unisson pour la victoire est un facteur capital. Oui, il nous faut, aussi pour ce faire, démontrer l’attitude d’un parti politique organisé, structuré et géré administrativement de la base au sommet de façon orthodoxe. Une organisation politique pourvu d’une certaine autosuffisance financière fonctionnant selon les normes de gestion transparente et responsable. Un parti politique fonctionnant dans le respect des principes démocratiques, responsabilisant ses membres dans leurs différentes tâches. Une véritable cogestion du bien commun, seul gage de survie et de pérennité de l’oeuvre. Là, il est question de scruter les textes qui organisent et structurent notre parti. Sont-ils fondés sur des principes démocratiques ? Sont-ils respectés et de stricte application ? La démocratie interne pour une organisation comme la nôtre est indispensable pour l’accomplissement de l’oeuvre. Voilà l’attitude responsable qu’il nous faut adopter.

Mesdames et Messieurs ;
Combattantes et Combattants;
Quelles sont nos ressources, nos potentialités? Les ressources humaines sont fondamentales à l’action de tout parti politique. L’UDPS, étant fondamentalement un parti de masse, doit non seulement se rassurer d’avoir dans son potentiel des cadres aguerris pour un leadership efficace, mais aussi une adhésion populaire pour la mise en action conséquente de ses directives. Ainsi seul un leadership responsable, reflétant l’identité du parti, capable d’appréhender les aspirations des membres et des populations pour les transformer en directives et actions politiques, peut être porteur d’un recrutement et une adhésion significatifs dans l’action d’un parti de masse. Posons-nous la question : Sommes-nous conséquemment représentés à tous les échelons du parti? Il n’existe pas de mauvaises troupes, dit-on ! Nous savons à quel point notre parti est une machine politique rodée et expérimenté dans la mobilisation des masse, mais prenons le soin de nous rassurer du personnel-acteur et gestionnaire de cette machine. Ce personnel joue un rôle capital dans l’encadrement de la masse (mobilisation humaine, financière et gestion transparente) mais aussi dans la définition des objectifs. En termes de potentialité d’un parti politique pour mener à bien son action, il faut estimer que la communication revêt toute son importance, la communication interne mais aussi externe. Une bonne communication interne permet une définition consensuelle des objectifs, c’est-à-dire une compréhension par tous de l’action à mener. C’est ainsi qu’il faut respecter les canaux de communications entre structures du parti. Ceci permet une bonne définition des attentes qui facilitent la mise en place d’une stratégie adéquate planifiée selon les besoins. Sans planification des actions, il est irréaliste pour un groupe de croire pouvoir réussir. En fait du type d’organisation de notre parti est fonction aussi les potentialités.

Mesdames et Messieurs ;
Combattantes et Combattants;
Voilà les quelques interrogations auxquelles vous aurez à répondre dans vos ateliers.
Sachant que je m’adresse aux cadres de bases du parti, fer de lance de notre combat, je suis convaincu que vous y trouverez des réponses adéquates. En ce qui me concerne, je suis convaincu que l’équation est facile à résoudre pour l’UDPS, question pour vous de non seulement trouver les réponses mais aussi de veiller à leurs applications.
Tenons bon !

Me SHABANI Lukoo

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