Ban Kimoon, secrétaire général de l'ONUBan Kimoon, secrétaire général de l'ONU

Dans un rapport qu’il va présenter devant le Conseil de sécurité le vendredi 22 février prochain, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon reconnaît la précarité de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC avec de nombreuses attaques des groupes armés contre les civils. Il propose une nouvelle stratégie qui permettrait de s’attaquer aux causes des crises récurrentes et de trouver une solution politique solide.

« Les éléments de l’ancien Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), qui forment maintenant le Mouvement du 23 mars (M23), ont consolidé leur pouvoir sur une partie importante de la province du Nord-Kivu », indique Ban Ki-Moon dans son rapport, proposant « une nouvelle stratégie globale » pour faire face « à cette nouvelle vague de violences qui frappe l’est de la République démocratique du Congo ».

Pour le secrétaire général des Nations unies, « cette nouvelle stratégie permettrait de s’attaquer aux causes des crises récurrentes et de trouver une solution politique solide ».

« Je poursuis les consultations en vue de l’élaboration d’un plan innovant visant à mettre sur pied un cadre coordonné et pluridimensionnel à l’échelle régionale en m’appuyant sur les initiatives et les engagements déjà pris par les dirigeants et les organisations de la région », écrit-il dans son rapport.

Le secrétaire général des Nations unies indique poursuivre également les pourparlers avec les autorités de la région pour parvenir à « un accord sur le cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en République démocratique du Congo et dans la région ». Onze chefs d’Etat des Grands lacs et de l’Afrique australe doivent signer cet accord le 24 février prochain.

Cet accord prévoit une clause qui recommande aux pays de la région de respecter chacun la souveraineté des ses voisins et de renforcer la coopération régionale en vue de résoudre les questions sécuritaires. Il interdit aussi à ces pays de soutenir des groupes armés et de mettre fin à l’impunité des criminels de guerre.

Ban Ki-Moon envisage également la nomination d’un envoyé spécial, « qui serait chargé d’accompagner les pays de la région et de les aider à suivre les progrès accomplis au regard des objectifs fixés ».

Soutien extérieur au M23

Revenant sur l’occupation de Goma par les rebelles du M23 en novembre 2012, il explique que les rebelles ont bénéficié d’un soutien extérieur.

« Les observations de la Monusco, concernant le commandement et la conduite des opérations, notamment la bonne coordination de l’appui-feu, la qualité du matériel et, plus généralement, l’aptitude au combat, de nuit en particulier, donnent toutes à penser que le M23 a reçu un appui extérieur direct et indirect », affirme Ban Ki-Moon dans son rapport.

« Lors de la prise de Goma, poursuit le même document, la Monusco a observé que les éléments du M23 étaient munis de matériel militaire et de munitions différentes de ceux des FARDC – grenades à fusil de type M-60, par exemple –, ce qui corroborerait les conclusions du Groupe d’experts sur la RDC quant à l’existence d’un appui extérieur ».

Au terme d’une offensive lancée le 15 novembre 2012, le M23 avait pris le contrôle de plusieurs localités du Nord-Kivu ainsi que de la ville de Goma, capitale provinciale, dont il s’est retiré le 2 décembre en échange des pourparlers avec le gouvernement.

Ban Ki-moon évoque également le soutien apporté par la Monusco à l’armée congolaise « pour faire face à la rébellion du M23 et la contenir dans le Nord-Kivu, tant au niveau du commandement à Kinshasa qu’au niveau de la zone opérationnelle tactique sur le terrain ».

Dégradation de la situation humanitaire

Dans son rapport, le secrétaire général des Nations unies fait également état de la situation humanitaire dans l’Est de la RDC, indiquant que « les besoins humanitaires ont considérablement augmenté, essentiellement à cause de l’intensification des activités militaires du M23 et, par ricochet, de celles d’autres groupes armés opérant dans le Nord-Kivu ».

Début janvier, on comptait plus de 2,6 millions de déplacés dans le pays, dont près de 1,8 million dans les Kivus. Nombre de ces personnes avaient été déplacées de manière prolongée ou à plusieurs reprises.

Le rapport fait état du déplacement de 140 000 personnes, « sans compter plusieurs milliers de déplacés qui ont cherché refuge dans le Sud-Kivu voisin », provoqué par l’offensive conduite par le M23 à la mi-novembre.