La crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) devrait être « abordée » par le préside nt congolais Denis Sassou Nguesso et son homologue rwandais Paul Kagame arrivé samedi 16 février à 12h00 (11h00 TU) à Oyo (département de la Cuvette), pour une visite officielle de 48 heures en République du Congo.

« Les deux chefs d’Etat vont certainement aborder des sujets liés aux crises récurrentes dans la région des Grands Lacs et, notamment, la crise dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) », a indiqué à la presse française une source à la présidence du Congo, sans autre détail.

C’est le deuxième séjour en territoire congolais du président Paul Kagame en l’espace de trois mois, après sa visite d’Etat effectuée les 14 et15 novembre 2012 dans le cadre de la redynamisation des relations d’amitié, de solidarité et de coopération entre le Rwanda et le Congo.

A cette occasion, ils avaient eu un échange de vues sur les questions tant bilatérales, régionales qu’internationales et convenu de mettre l’accent, dans un premier temps, sur huit domaines prioritaires (transport aérien, commerce, énergie, culture, agriculture et élevage, tourisme et environnement).

Ils avaient également exprimé la conviction que la solution idoine au problème des réfugiés dans la région des Grands Lacs était d’« encourager le rapatriement volontaire des réfugiés entre autres par des campagnes de sensibilisation et la mise en application des accords tripartites entre les Etats concernés et le HRC ».

Les samedi 24 et dimanche 25 novembre 2012, les deux chefs d’Etat s’étaient rencontrés à Kigali, d’où ils avaient invité « le gouvernement de la RDC et le M23 à mettre en œuvre les conclusions (du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs du 24 novembre) de Kampala qui représentent une bonne base pour le règlement de ce conflit ».

« Ils ont noté l'importance d'évaluer et de comprendre correctement la véritable nature des nombreux groupes armés en RDC afin que des solutions appropriées soient trouvées pour chacun d'eux », selon le communiqué rendu public à l’issue de la visite du président Sassou à Kigali.

Médiation de Sassou

Le vendredi 30 novembre 2012, le président Denis Sassou Nguesso en visite de travail à Kinshasa s’était entretenu avec son homologue Joseph Kabila Kabange de la RD Congo pour l’informer « des résultats de sa visite effectuée à Kigali » les 24 et 25 novembre auprès du chef de l’Etat rwandais Paul Kagame.

Les questions régionales et la situation sécuritaire dans la province du Nord-Kivu  les avaient amenés à réitérer dans communiqué conjoint « leur attachement aux conclusions du Sommet extraordinaire des  chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) » tenu à Kampala samedi 24 novembre.

A cet effet, ils avaient « lancé un appel pressant au M23 pour qu’il se retire de la ville de Goma et de la localité de Sake, conformément aux décisions du Sommet de Kampala ».

Vingt-six jours auparavant, une délégation de Kinshasa conduite par le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku s’était rendue le dimanche 4 novembre à Oyo pour transmettre au président Sassou Nguesso un message de son homologue Joseph Kabila sollicitant son implication dans la résolution de la crise à l’Est de la RD en proie à une guerre d’agression.

« Nous sommes venus expliquer de manière claire au président Denis Sassou Nguesso la situation grave que notre pays traverse. C’est une guerre d’agression, parce qu’un Etat étranger soutient les insurgés congolais.

Nous avons présenté notre point de vue sur cet état de sécurité en République démocratique du Congo. Quand le Congo-Kinshasa subit une guerre d’agression, il est normal qu’il ait un soutien du Congo-Brazzaville. Ce soutien a toujours eu lieu », avait  expliqué Aubin Minaku.

« Pour mettre fin à une guerre d’agression, il y a le volet politique au niveau interne et le volet diplomatique. Le président Denis Sassou Nguesso, qui a une expérience avérée dans la résolution des conflits, peut donc aider le Congo-Kinshasa à asseoir sa vision sur le plan diplomatique.

Il peut aider ses frères et sœurs du Congo-Kinshasa à être mieux compris par la communauté internationale. Car, conformément aux statuts de la Cour pénale internationale (CPI), une agression est un crime international », avait-il déclaré.

L’UE encourage les « bons offices » du Congo

En séjour à Brazzaville, le coordonnateur de l’Union européenne pour les Grands Lacs Koen Vervake  a appelé jeudi 14 février le Congo à continuer d’user de ses bons offices dans la résolution de la crise en RDC et en République Centrafricaine, pour qu’une paix durable puisse régner dans la sous-région d’Afrique centrale.

« Le fait que nous sommes venus ici en tant qu'envoyé de l'UE démontre l'intérêt que nous trouvons à consulter le président du Congo sur le rôle qu'il joue dans la région. Je crois qu'il est utile. L'UE veut contribuer aux efforts de paix que le secrétaire général des Nations unies déploie actuellement pour trouver une sortie de crise en RD Congo », a-t-il déclaré au sortir d’un entretien avec le président congolais Sassou Nguesso.

« Il est très important que les Nations Unies puissent mener des opérations un peu plus musclés contre les groupes armées, mais qu'il y ait aussi une action très claire et très soutenue à Kinshasa et dans la région en particulier, aussi à Kigali (Rwanda) pour que l'on mette la base pour une stabilité à plus long terme en RD Congo», ont convenu les deux personnalités.

« Nous sommes d'accord que nous devons travailler lourdement les mois à venir aussi bien à Bangui qu'à Kinshasa afin de mettre ce processus sur les bons rails pour une finalité durable », a dit Koen Vervake, affirmant être sorti de l’audience avec l'espoir que « la RDC et la RCA connaîtront bientôt la paix et la stabilité».