Par Angelo Mobateli/Lepotentiel

La présidence de l’Ouganda vient d’affirmer que « le médiateur (le ministre ougandais de la Défense Crispus Kiyonga) ne prend pas position » dans les pourparlers en cours à Kampala entre le gouvernement de la RRD Congo et du M23.

« L’Ouganda a été accusé de soutenir les rebelles. Il y a eu aussi l’inverse : le facilitateur a été soupçonné de pencher pour Kinshasa. Rien de tout cela. La seule chose qui nous importe, c’est la souffrance de la population de l’Est du Congo. Le médiateur ne prend pas position. Son rôle est de ramener les deux parties à la raison », déclare le porte-parole de la présidence ougandaise, Fred Opolot.

Il rappelle qu’« au dernier Sommet des chefs d’Etat de la Conférence des Grands Lacs, il a été établi devant le président Kabila que les questions soulevées par le M23 doivent être écoutées ».
« Je ne pense pas qu’il serait sage de fixer une date limite pour un dialogue comme celui là. Je pense que ça ne serait vraiment pas raisonnable », répond-il à l’interrogation sur la durée des pourparlers de Kampala.

« Jamais eu d’accords secrets »

La délégation du gouvernement congolais a profité du rapport sur l’évaluation de l’Accord de paix pour affirmer n’avoir jamais signé des accords secrets avec le Congrès national  pour la défense du peuple (CNDP) le 23 mars 2009 à Goma (Nord-Kivu).

« Désormais, les choses sont claires. Toute la vérité est connue. Il n’y a jamais eu d’accords secrets », a déclaré le sénateur Thekys Mulaila.

« Le gouvernement avait accédé à plusieurs points. Mais, les guerres à répétition provoquées par les mêmes personnes n’ont pas permis la réalisation de l’Accord de Goma et n’ont pas permis la pleine satisfaction des prétentions du M23 », a affirmé de son côté le député Mashako Mamba, ancien ministre de la Santé et de l’ESU, qui avait dirigé la section humanitaire du programme Amani.

Pour leur part, « les rebelles ont offert des doléances en détails sur la violation de la Constitution en proposant l'annulation des élections du 28 novembre 2011 et la mise en place d'un Conseil national de transition congolais (un gouvernement de transition) avant la dissolution du Sénat et des Assemblées provinciales ».

Selon Radio Kivu 1, ils « proposent la création d'un ministère en charge des questions relatives à la réconciliation, une loi qui réprime la xénophobie et la protection de la minorité, une loi d'amnistie pour faits de guerre et faits insurrectionnels commis depuis le 7 mai 2009, l'annulation de l'ordonnance-loi interdisant l'exploitation et l'exportation de matières précieuses à l'Est de la RDC, la création d’une Commission spéciale mixte pour faire aboutir rapidement le processus d'intégration de la RDC à la communauté de l'Afrique de l'Est (CAE) et la mise en œuvre du Pacte sur la paix, la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands-Lacs ».