Laminé par la dissension interne, le mouvement cher à Sultani Makenga renforce ses positions à 3 kilomètres du Chef-lieu de la province du Nord-Kivu. La situation sécuritaire au Nord-Kivu demeure tendue et imprévisible, a déclaré hier mercredi 6 février courant, le porte-parole militaire de la Monusco, le Lieutenant- Colonel Prosper Basse.
Le porte-parole militaire de la Monusco a indiqué que les rebelles du M23 continuent de consolider sa présence dans les zones sous son contrôle au Nord de Goma. Cependant, ses éléments continuent de faire défection et de se rendre aux différents postes opérationnels de la MONUSCO déployés à travers la région. Au total, près de 300 éléments du M23 ont déserté leur rang, pour se rendre auprès de la Monusco, a précisé, Madnodge Mounoubai.

Contrairement au communiqué de la CIRGL, les rebelles du M23 sont à 6 kilomètres de la ville de Goma, alors que les Chefs d’Etat et de gouvernement de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs avaient intimé l’ordre aux rebelles de se retirer à 20 kilomètres du chef-lieu de la province du Nord-Kivu. La presse locale et la société civile du Nord-Kivu signalent que les hommes de Makenga sont dans et autour de Goma. En cas d’échec à Kampala, ils sont prêtent à reprendre le contrôle de cette ville comme c’était le 20 novembre 2012.
L’échec des pourparlers de Kampala entre Kinshasa et le M23 serait à la base de la consolidation des positions de ces rebelles autour de Goma. Un des représentants du M23 à Kampala, Stanislas Baléké, membre de la délégation, a déclaré que « Si le gouvernement de Kinshasa estime que ces revendications ne sont pas légitimes, alors le gouvernement donne l’autorisation au M23 de reprendre Goma, Bukavu, et partout ailleurs ». Avec cette déclaration va-t-en guerre d’un des membres du M23, il y a lieu de craindre le pire. La presse locale à Goma fait état de la présence des militaires rwandais aux frontières rwando-congolaises, pour apporter leur appui aux hommes de Sultani Makenga qui veulent coût que coût reprendre la ville de Goma et Bukavu, pour pousser Kinshasa à écouter leurs revendications.

St/Bukavu dans le rétroviseur du M23 et UFRC
La situation tendue au Nord-Kivu risque de contaminer l’autre province voisine du Sud-Kivu où la situation sécuritaire est demeurée volatile, dans un environnement tendu et imprévisible.

Pour rappel, le 3 février 2013, Gustave Bagayamukwe Tadji a, dans une lettre ouverte adressée au Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Ban KiMoon, annoncé la création d’un nouveau mouvement politico-militaire dénommé l’Union des Forces Révolutionnaires du Congo (UFRC), qui prône le renversent du régime du président Kabila. Le Colonel Albert Kahasha, déserteur FARDC et sympathisant du M23, est le coordonnateur militaire du mouvement. L’UFRC se dit prêt à prendre la ville de Bukavu.

Contagion au Nord Katanga

La situation sécuritaire au Katanga s’avère instable.
Les Mai-Mai Gédéon et Kata-Katanga assurent un large contrôle du territoire de Pweto. Dans le triangle de la mort Pweto-Manono-Nyunzu, les rebelles Mai-Mai de Gédéon Kyungu sèment la terreur et la désolation parmi les populations civiles.
GODE KALONJI MUKENDI