Soldats rwandais et congolais suivent une escarmouche à la frontière des deux pays où au moins un militaires des FARDC a été tué le 5 novembre 2012. © MONUSCO/Sylvain LiechtiSoldats rwandais et congolais suivent une escarmouche à la frontière des deux pays où au moins un militaires des FARDC a été tué le 5 novembre 2012. © MONUSCO/Sylvain Liechti

Les éléments de la force d’intervention rapide, qui doit être déployée dans l’Est de la RDC pour traquer les groupes armés, ne proviendront pas des troupes de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco), a indiqué mercredi 30 janvier le porte parole de la Monusco, le lieutenant-colonel Felix Bass. Selon lui, cette force, qui est une initiative de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), sera composée d’éléments prélevés dans une brigade de la SADC.

Au cours de la conférence hebdomadaire des Nations unies à Kinshasa, le lieutenant-colonel Felix Bass a expliqué que cette force sera constituée de deux mille cinq cents hommes, dont certains proviendront de «la brigade en attente de la SADC», déjà « prépositionnée », selon lui.

La Tanzanie et l’Afrique du Sud s’étaient également engagées à contribuer dans la constitution de cette force d’intervention.

Le lieutenant-colonel Felix Bass a cependant indiqué qu’un bataillon de casques bleus sud-africains de la Monusco sera rattaché à cette force.

«La Monusco, comme d’habitude, sera à côté et pourrait intégrer ses forces [dans la force d’intervention], une fois que l’accord cadre qui devrait être signé à Addis-Abeba sera signé», a aussi indiqué le lieutenant-colonel Bass.

La signature de cet accord sur la paix dans l’Est de la RDC, censé avoir lieu lundi 24 janvier dernier à Addis-Abeba, en marge du sommet de l’Union africaine, a été reportée suite à un désaccord entre les chefs d’Etat de la sous-région sur la composition de cette force d’intervention rapide, à en croire certaines sources.

Ce report a suscité des protestations, notamment de la part de la société civile du Nord-Kivu, dont le président, Omar Kavota, a rappelé les souffrances imposées à la population de cette province par les groupes armés.

M. Kavota a appelé la communauté internationale «à la compassion et la solidarité pour ces millions de personnes qui sont déplacées, violées, tuées et enlevées» au Nord-Kivu.

Depuis plusieurs années, l’Est de la RDC est en proie à des violences commises par plusieurs groupes armés. En mai 2012, des mutins de l’armée congolaise ont créé la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) qui contrôle actuellement plusieurs localités de la province du Nord-Kivu.

Le 9 décembre 2012, le gouvernement congolais et le M23 ont débuté des pourparlers de paix à Kampala, sous l’égide de la CIRGL.

radiookapi.net