Le général Bikueto Tuyinabo, d’expression kinyarwanda, a été assassiné à Kinshasa la nuit de Noël. Il était le commandant second de la base militaire de Kitona dans le Bas-Congo. D’après les premiers éléments de l’enquête, ses meurtriers seraient des malfaiteurs venus braquer le bistrot où il se trouvait. Une thèse à laquelle ne croient pas certains des proches du général.

Il était le commandant second de la base militaire de Kitona dans le Bas-Congo. Le général Bikueto Tuyinabo est sans doute venu dans la capitale pour les fêtes de fin d’année. Ce lundi, le général sort, seul, à pied, aux heures du soir, pour prendre l’air au quartier Jamaïque, dans la commune de Kintambo, au nord-ouest de Kinshasa.

A une cinquantaine de mètres de sa résidence, il trouve un bistrot. Soudain, surgissent trois hommes armés en civil. Des coups de feu retentissent. Dans le quartier, on pense à des pétards c’est la nuit de Noël. La population déchante vite. Le général Bikueto est touché au ventre, à la poitrine et aux jambes. Il aurait riposté en tirant avec son revolver et aurait même blessé un des assaillants. Le temps que sa garde arrive, trop tard, les assassins se sont déjà sauvés.

“Une exécution suspecte”

Conduit à l’hôpital, le général a succombé peu après. Les assaillants seraient des brigands venus pour braquer le bistrot. Une thèse à laquelle ne croient pas certains des proches de Bikueto Tuyinabo. « C’était un assassinat planifié, une exécution suspecte », affirment-ils. Ils parlent d’une stratégie qui viserait l’exécution de leaders hutus-congolais pour discréditer le gouvernement congolais en l’accusant de faire la chasse à tous les rwandophones. Cette stratégie devrait permettre une balkanisation de la RDC, par la création d’une province où ne vivraient que hutus et tutsis.

Si les premiers éléments de l’enquête mènent vers un crime de droit commun, la police reste prudente. Elle affirme que certains gestes de ceux qui ont abattu le général soulèvent des interrogations. Les criminels ont fouillé la victime et ont emporté sa carte d’identité militaire, son arme et d’autres effets.

LP