Le M23 avait posé, avant la suspension des travaux, le préalable de “cessez-le-feu “. Ce dernier a été catégoriquement rejeté par la RDC pendant que le ministre congolais des Affaires étrangères a tenu, le week-end dernier, un point de presse au cours duquel il a déclaré être convaincu qu‘il y aura “la paix “au Nord-Kivu.

Raymond Tshibanda, ministre congolais des Affaires étrangères, a animé le samedi 22 décembre dernier Kampala, une conférence de presse, au lendemain de la suspension des pourparlers entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23, déclarant être convaincu de l’issue heureuse de la crise dans l’Est de la RDC.
Affichant un optimisme inexplicable, il a estimé que la crise en cours céderait place à une période de stabilité en RDC, et que “cette crise se terminera, je ne dirais pas rapidement, mais elle va certainement prendre fin.
Et elle va déboucher sur une période de paix pour notre pays (...) pour les populations du Nord-Kivu et une paix, j’en suis convaincu, cette fois-ci, durable.”
Devant la presse congolaise, ougandaise et étrangère présente à Kampala, il a réaffirmé la détermination de Kinshasa de “faire en sorte qu’il en soit ainsi”. Raymond Tshibanda a cependant indiqué que la solution à la crise ne viendrait pas seulement de ce dialogue car « le Chef de l’Etat avait dit dès le début que nous sommes présents sur trois fronts : politique, diplomatique et militaire. Les actions se poursuivent sur ces trois fronts ».
On se rappellera que lors de son intervention devant le Congrès, au sujet de l’aspect militaire, Joseph Kabila a promis de faire de la défense une priorité. D’un ton ferme, il s dit que désormais, notre priorité sera la défense de la pétrie avec une armée dissuasive, apolitique et professionnelle qui rassure notre peuple ».
On se demande dès lors si Raymond Tshibanda se fonde sur cette partie du discours de Kabila pour être certain de la fin des hostilités au Nord-Kivu. Car, par rapport aux pourparlers avec le M23, ce dernier avait exigé, avant que le facilitateur et ministre ougandais de la Défense, Crypsus Walter Kiyonga, ait annoncé vendredi2l décembre la suspension des discussions jusqu’au 4janvier, un cessez-le- feu. Cela abloqué l’évolution des travaux car Kinshasa l’a vu d’un très mauvais oeil. Selon les autorités congolaises, une fois cette proposition acceptée, Kinshasa sera sur le même diapason que les rebelles.
Mais en réalité, Kinshasa est déjà tombé dans le piège du M23 qui a réussi à lui faire signer le règlement intérieur dans lequel ils sont tous identifiés comme ”les deux parties“. Sans le savoir, Kinshasa est déjà partenaire du M23 ! D’ailleurs, l’aéroport de Goma est co-surveillé par les trois forces, à savoir la Monusco, les FARDC et le M23.
Sur base donc de quelles assurances le ministre Raymond Tshibanda s’appuie-t-il pour afficher cet optimisme, alors que les pourparlers piétinent encore ?
Toutes ces préoccupations trouveront des réponses à la reprise des assises, après les fêtes de Noël et de fin d’année.
LEFILS MATADY