Des membres de la délégation du M23 aux pourparlers de paix à Kampala, le 11 décembre 2012.
Des membres de la délégation du M23 aux pourparlers de paix à Kampala, le 11 décembre 2012.
AFP PHOTO/ Isaac Kasamani
Par RFI

Les autorités congolaises et le Mouvement du 23-Mars (M23) suspendent leurs négociations de paix. Celles-ci avaient débuté le 9 décembre à Kampala, en Ouganda. Elles pourraient reprendre le 4 janvier 2013, selon les deux délégations. Aucun accord pour le moment : les deux parties n'ont toujours pas abordé le fond des problèmes qui les opposent. Ces discussions avaient été promises aux rebelles au terme d'une médiation des pays de la région des Grands Lacs, orchestrée par l'Ouganda, en échange de leur retrait de Goma, la capitale du Nord-Kivu, qu'ils avaient prises le 20 novembre avant de quitter les lieux le 1er décembre.

Difficile en tout cas pour les deux camps de se mettre d’accord sur un possible cessez-le-feu. Or, tandis que le M23 en a fait un préalable, le gouvernement, lui, rejette toute idée de cessez-le-feu lequel, selon la délégation de Kinshasa, équivaudrait à « cautionner une éventuelle balkanisation de la République démocratique du Congo ».

Des accords également au sujet du statut de la ville de Goma que les rebelles ou les mutins veulent administrer coûte que coûte. Et chacun des deux groupes campe sur sa position. La facilitation est donc mise en difficulté, même si officiellement l’ajournement des négociations, c’est pour permettre au personnel de la Conférence internationale de la région des grand lacs (CIGL) de passer les fêtes de fin d’années en famille.

Pour de nombreux observateurs, la toute récente rencontre à Kigali entre le président ougandais Yoweri Museveni et son homologue rwandais Paul Kagame pourrait aider à comprendre les raisons de cette suspension. La paix dans le Kivu passe nécessairement par le Rwanda, explique-t-on dans certaines chancelleries.