Par Frédéric Maury

Le FMI reproche à la RDC son manque de transparence. © AFP

Le FMI reproche à la RDC son manque de transparence. © AFP

Faute d'avoir donné des renseignements suffisamment précis sur la vente d'une société minière par la Gécamines, la RD Congo pourrait définitivement perdre les 225 millions de dollars de prêts promis par le Fonds monétaire international.

Selon des informations divulguées ces derniers jours par l'agence de presse Bloomberg, le Fonds monétaire international (FMI) aurait décidé de mettre un terme à son programme de prêt sur trois ans en faveur de la RD Congo. Les agences citent « le manque de transparence dans les transactions minières ». Si la décision était confirmée, le pays verrait ainsi s'envoler 225 millions de dollars de prêts, qui auraient pu servir à consolider les réserves extérieures du pays. Selon Bloomberg, le FMI mettrait en cause « l'incertitude » autour d'une opération minière remontant à 2011, conclue entre la Gécamines, une société commerciale totalement détenue par l'État congolais, et un acheteur mystérieux, baptisé Straker International Corp.

"Contentieux technique"

Selon des documents rendus publics récemment par le ministère des Mines de la RD Congo, la Gécamines aurait vendu une part de 25% dans la société La Congolaise de Mines et de Développement (Comide Sprl), qui détient les licences d'exploration dans les mines de cuivre de Kii, Mashitu et Pangalume, à Straker, une société basée dans les Îles Vierges britanniques dont on ne connaît toujours pas les propriétaires. L'acquéreur n'aurait rien payé, l'opération étant présentée comme le règlement d'un « contentieux technique ». Le FMI avait demandé il y a quelques mois que la transparence soit faite sur cette opération.

Le FMI aurait jugé les éléments divulgués par la RD Congo insuffisants. « Nous avons appliqué le concept d'une conditionnalité stricte parce que nous croyons que la transparence dans le secteur minier est un élément clé pour le pays », aurait déclaré à Bloomberg Oscar Melhadole représentant du FMI en RD Congo.

Pas de commentaires

Pour l'instant, le FMI n'a fait aucune communication officielle sur le sujet et aucun document n'est disponible à ce propos sur son site. Jeune Afrique n'a pas, au moment où nous mettons en ligne, reçu de réponse de la part de l'institution basée à Washington concernant la décision de suspension. Joint au téléphone, Albert Yuma, président du conseil d'administration de la Gécamines, s'est refusé à tout commentaire. « Je n'ai pas de commentaires dans la mesure où nous n'avons pas été informés officiellement de cette décision », a répondu à Jeune Afrique celui qui est aussi patron des patrons congolais.

Le programme de prêt sur trois ans, d'un total de 532 millions de dollars, avait été conclu fin 2009 entre le FMI et la RD Congo. Les relations entre le FMI et la RD Congo sont tendues depuis plus d'un an en raison du manque de transparence dans le domaine des contrats et des opérations minières.

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : RD Congo : le FMI claquera-t-il la porte ?