Alors que le coordonnateur des experts des Nations Unies vient de confirmer, dans un texte mis en ligne par New Times, que les rebelles du M23 avaient bénéficié de l'appui des troupes rwandaises et ougandaises pour occuper la ville de Goma, un pré-dialogue Intercongolais est annoncé pour cette semaine au pays de Yoweri Museveni, pourtant cité comme un des parrains du M23. D'après les informations en circulation au Palais du peuple, les présidents de quatre groupes parlementaires de l'Assemblée nationale et d'autres acteurs politiques aussi bien de l'opposition que de la majorité auraient déjà donné leur quitus pour participer à ces assises.

La rencontre de Kampala, laisse-t-on entendre, devrait baliser la voie pour un dialogue « grand format » qui pourrait avoir pour terre d'accueil le Congo/Brazzaville. Ce qui serait sûr, c'est la présence d'un côté des délégués de la rébellion du M23 et, de l'autre; de celle des participants triés sur le volet à partir de Kinshasa. Bien que le gouvernement soutienne que l'unique point à l'ordre du jour serait la réévaluation de l'Accord du 23 mars 2009 qu'il avait conclu avec le CNDP métamorphosé en M23, nombre d'acteurs politiques pensent que les revendications de ce mouvement rebelles pourraient également faire l'objet des discussions.

Scandalisée par l'attitude d'opposants opportunistes, appâtés par le cahier de charges du M23, l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social dénonce ce qu'elle considère comme un complot contre la République Démocratique du Congo, avec la complicité de ses fils et filles, qui sont prêts à trahir le pays pour le partage des postes. Par la bouche de son Secrétaire national chargé du Plan, Corneille Mulumba, le parti cher à Etienne Tshisekedi, qui n'est pas partie prenante à cette messe noire contre la patrie, affirme que ce pré-dialogue vise la remise en cause de l'ordre constitutionnel consacré par les urnes, le 28 novembre 2012, mais galvaudé par les tripatouillages de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante).

Ce cadre de l'UDPS estime que Museveni tourne la classe politique congolaise en dérision, en réussissant à mobiliser ses représentants pour une réunion prévue dans son pays, en dépit de toutes les accusations portées contre lui en tant qu'élément déstabilisateur de la RDC.

Pour cette éminence grise de Limete, les cinq sommets de Kampala entre Museveni, Kagame et Kabila sont devenus inutiles après les nouvelles révélations des experts onusiens qui attestent que plusieurs bataillons des Rwandais et Ougandais avaient pris part à la bataille de Goma. Corneille Mulumba a martelé que la solution à la déstabilisation de l'Est de la RDC devrait passer par un changement de gouvernance, ce qui mettrait un terme à tous les coups bas du M23, véritable Cheval de Troie des agresseurs de la RDC. Il a souligné que le changement de régime permettrait la création d'une nouvelle et forte armée, après le nettoyage des chaînes de commandement infiltré par les troupes rwandaises. «L'armée congolaise débarrassée des officiers à la solde de Kigali a les moyens de défendre l'intégrité territoriale de la RDC et de sécuriser sa population», a conclu ce proche de Tshisekedi.

L'UDPS affirme ne pas comprendre l'empressement de certains politiciens et décideurs congolais à aller s'asseoir autour de la même table que des insurgés, des criminels de guerre, des pilleurs des ressources naturelles nationales, des voleurs … sans leur demander le moindre compte.

Eric WEMBA