Robert Mugabe, Joseph Kabila

 

On savait la RDC en proie à une crise sévère de direction, mais la prise de Goma par le M23 et sa gestion calamiteuse ont permis d’évaluer l’ampleur du mal. Profond !

Ce vaste pays ressemble à un paquebot à la dérive qui a d’ores et déjà remis son sort aux éléments naturels.
Mal élu, Joseph Kabila n’a pas réussi, depuis, à sortir de ses petites chaussures pour reprendre les rênes du pouvoir, et rassembler les Congolais après la terrible fracture électorale.
Pas une seule fois, on a vu le Chef de l’Etat s’élever au-dessus de la mêlée, pour porter une vision ; ou impulser une dynamique susceptible d’engager la nation vers un avenir serein. Chaque fois qu’on l’a attendu sur des situations précises, il n’a jamais réussi à rencontrer les attentes de son peuple. Qu’il s’agisse de l’affaire Chebeya, de Bosco Ntaganda, de la réforme de la CENI, de la capitalisation du sommet de la francophonie, de la gestion de la guerre de l’est…

Joseph Kabila a toujours donné l’image d’un homme dépassé qui tente, tel un naufragé, de s’adapter aux événements plutôt que de les anticiper.
On aurait pu croire que l’humiliation subie lors de son sommet de la Francophonie était le comble ; mais il n’en est rien. L’occupation de Goma par les forces rebelles du M23, et la diplomatie de « chien battu » sont autant de nouvelles humiliations qui font dire aux observateurs avertis que le plus dur est encore à venir.
Comme si cela ne suffisait pas, l’entourage du Président Kabila, une équipe gouvernementale dite des « surdoués », se révèle être un fourre-tout de solistes gonflés d’orgueil jouant chacun sa partition avec comme résultat une cacophonie indescriptible ! Présenté comme l’homme providentiel, Matat Ponyo n’est, en définitive, qu’un trompe-l’œil, un épouvantail qui s’abrite derrière des attitudes hautaines et des déclarations alambiquées pour masquer une méconnaissance criante des fondamentaux de la conduite d’un Etat, et de la gestion d’une équipe gouvernementale.

Entre des prévisions budgétaires irréalistes, des ministres incontrôlables qui racontent, à tout vent, ce qui leur passe par la tête, le Premier n’a d’yeux que pour les portefeuilles du Budget et des Finances ; oubliant qu’un pays a aussi besoin de politique sportive, culturelle, sociale, économique, environnementale, étrangère… et de défense ! Attendu comme la solution miracle dans un contexte de redressement social, l’équipe Matata exaspère par sa transparence ! C’est, à n’en point douter, avec la fameuse équipe des vertébrés de Tshisekedi en 1992, la plus mauvaise compile gouvernementale de l’histoire de la RDC.
Ce n’est donc pas une caricature que de comparer la RDC à un navire à la dérive où l’équipage « s’affaire » à arranger chacun son lit, au lieu de se préoccuper de redresser le cap.

C’est ici qu’on voit le trou béant laissé par Augustin Katumba Mwanke ; cet homme de l’ombre qui était, en réalité, la boussole du pouvoir de Kabila. Depuis sa disparition, la famille politique du Président de la République est à la rue. Aucune figure de proue n’émerge pour rassembler, coordonner et diriger. Les récents déboires subis lors des élections des gouverneurs du Bas-Congo et de la Province Orientale sont suffisamment révélateurs du déficit de leadership qui mine la MP ; et même de l’érosion de l’autorité de son Chef.
Orphelin de son gourou, Kabila se bat pour garder la tête hors de l’eau, mais rien n’y fait. Lui qui s’était plaint de ne pas avoir plus de cinq personnes valables dans son entourage immédiat est obligé de se rendre à l’évidence : il n’en avait qu’un seul ! Il n’est plus là. Dommage !

Par 7sur7.cd