La prise de Goma par la rébellion du M23 a contraint le Président Joseph Kabila à  revoir le commandement terrestre des Fardc. Le général Amisi jusque-là Chef d’Etat-major des forces terrestres, a été limogé et remplacé par François Olenga, avec pour mission de requinquer le moral des troupes. Et le promu s’est immédiatement mis à la tâche dans un style très expressif qui tranche avec la transparence de son prédécesseur.

Déclarations tonitruantes à la presse, harangues musclées des troupes au front, slogans guerriers… le nouveau patron de l’armée  de terre congolaise surfe à fond sur ce registre de réarmement moral de ses soldats. Cela suffira-t-il pour autant à redonner du mordant à nos hommes en armes pour défendre honorablement la terre de nos ancêtres ? Rien n’est moins sûr, lorsqu’on sait que l’inefficacité de notre armée est à chercher dans la faiblesse de son commandement. Les récentes révélations contenues dans le rapport de l’ONU sur des officiers supérieurs des Fardc convaincus de trahison témoignent de l’ampleur du mal qui mine la direction de cette armée composée de généraux affairistes et jouisseurs, qui profitent du climat d’insécurité à l’est pour amasser des fortunes colossales.

Que de fois n’a-t-on pas entendu des soldats se plaindre du mauvais commandement de leurs chefs qui, au lieu de penser des stratégies susceptibles de mener à la victoire, entretiennent volontairement un climat de cafouillage caractérisé par des ordres intempestifs de repli, l’insuffisance de munitions, la déficience de renseignements, les détournements de la solde et des provisions des militaires au front…

Tant que le nettoyage ne se fera pas à ce niveau de commandement, l’armée congolaise restera un épouvantail, et les frontières de la RDC demeureront une passoire. Les soldats des pays voisins comme les rebelles continueront à pénétrer au Congo, et à envahir ses villes au gré de leurs agendas ; sans que personne ne leur oppose la moindre résistance !

Le Général Olenga aura beau discourir, cela ne suffit pas ! Il n’y a pas des mauvaises troupes, mais seulement des mauvais chefs, dit-on. Il faut aller extirper le mal là où il se trouve, c’est-à-dire dans la nébuleuse des généraux pléthoriques qui dirigent les Fardc. Et çà, il n’en pas les moyens. C’est Mission Impossible !