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Pour justifier notre incapacité symptomatique à bâtir une armée suffisamment forte, à même de défendre valablement l'intégrité territoriale nationale, le raccourci est vite trouvé, le pays est sous embargo d'importation d'armes, a-t-on l'habitude de claironner. Il n'en est rien.

Le porte-parole de la Mission de l'organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), Madnodje Mounoubaï, a mis en mal cette imposture intellectuelle, entretenue même par de hautes autorités du pays, suivez mon regard, en affirmant sans équivoque, hier mercredi 28 novembre au cours du point de presse hebdomadaire conjoint des Nations Unies que, la RDC n'est pas sous l'embargo d'importation ou d'achat des armes lui imposée par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

" L'embargo sur les armes contre la RDC a été levé depuis 2008 ", a insisté le porte-parole de la mission onusienne. Evidemment, le pays a été frappé par cette mesure contraignante à la suite du massacre des étudiants à Lubumbashi " Lititi Mboka " survenu en 1990 pendant la deuxième république, même si ce massacre n'a jamais été prouvé par de preuves irréfutables.

Madnodje Mounoubaï précise que l'embargo actuellement en vigueur en RDC, ne concerne que les groupes armés et non le gouvernement congolais. Avant d'ajouter que, l'acquisition ou l'achat des armes par la RDC doit se faire selon les règles bien établies. Conformément à la politique mondiale de non prolifération des armes de guerre, qui ne doivent pas surtout tombées entre des mains non autorisées, aux groupes criminels ou encore terroristes.

D'ailleurs, la résolution 1807 du Conseil de sécurité adoptée le 31 mars 2008 à sa 5861ème séance est plus que explicite sur ce point. Elle stipule, le Conseil de sécurité décide que les mesures sur les armes, précédemment imposées au paragraphe 20 de la résolution 1493 (2003) et au paragraphe 1 de la résolution 1596 (2005) telles que renouvelées au paragraphe 1 ci-dessus, ne s'appliquent plus à la fourniture, à la vente ou au transfert au gouvernement de la République démocratique du Congo d'armes et de matériel connexe ni à la fourniture d'une assistance ou de services de conseil ou de formation ayant un rapport avec la conduite d'activités militaires destinés au gouvernement de la République démocratique du Congo…

En fait, dans la résolution 1493 adoptée le 28 juillet 2003 sur l'embargo des armes en RDC, le Conseil de sécurité des Nations Unies avait d'abord imposé un embargo sur les armes à tous les groupes armés et milices étrangers et congolais opérant dans le territoire du Nord Kivu et du Sud Kivu et de l'Ituri, ainsi qu'aux groupes qui n'étaient pas parties prenantes à l'accord global et inclusif, en république démocratique du Congo.

 

Modification et renforcement du régime de sanctions

Le Conseil de sécurité a ensuite modifié et renforcé le régime de sanctions en adoptant les résolutions 1533 (2004), 1596 (2005), 1649 (2005), 1698 (2006), 1768 (2007), 1771 (2007) et 1799 (2008) par lesquelles, il a notamment, étendu à l'ensemble du territoire de la République démocratique du Congo le champ d'application de l'embargo sur les armes, imposé de nouvelles sanctions ciblées (interdiction de voyager et gel des avoirs) et élargi les critères permettant de déterminer quels individus et entités peuvent faire l'objet de ces sanctions.

Ainsi, le comité du conseil de sécurité créé par la résolution 1533 (2004) concernant la République démocratique du Congo a été établi le 12 mars 2004 afin de surveiller l'application des sanctions imposées et d'exécuter les tâches fixées par le Conseil de sécurité au paragraphe 15 de la résolution 1807 (2008), au paragraphe 6 de la résolution 1857 (2008) et au paragraphe 4 de la résolution 1896 (2009).

Il est donc inadmissible, incompréhensif pour de personnes sensées présider la destinée du pays, avec tout ce que cela implique, qu'elles ignorent que le pays n'est pas en ce moment sous embargo sur les armes et autres équipements militaires pour la défense du pays. A moins que cela soit tout simplement, si besoin en est encore une preuve de complicité tant décriée contre la patrie.

Même dans tous les pays du monde, soutient Madnodje Mounoubaï, il y a seulement certains types d'armes qui sont autorisées pour l'usage personnel, notamment les armes de chasse ne sont pas interdites, à la différence des armes de guerre ou d'assaut.

Pour balayer définitivement cette rengaine qu'on nous rabat jour et nuit les oreilles, le porte-parole de la Monusco appelle les Congolais au sens de discernement et de jugement. " Nous avons vu des armes défiler à l'occasion des festivités du cinquantenaire. A ce que je sache, la RDC ne fabrique pas les armes ici ", a-t-il enfoncé.

Sur le même registre, il note que, maintenant si la RDC dit qu'elle a les moyens et qu'elle veut acheter les armes nucléaires ou les armes chimiques, cela n'est pas possible. Par contre pour les armes de guerre classiques ou conventionnelles et tous autres équipements militaires, " vous êtes tenu de faire une déclaration une déclaration que vous achetez tels types d'armes ", a-t-il signifié.

Une démarche qu'il explique par le besoin de suivre la traçabilité ou de contrôler la circulation des armes dans le monde.

Le porte-parole de la Monusco a également tenu à éclairer la lanterne des uns et des autres sur le chapitre 7 du Conseil de sécurité. " Beaucoup semble croire que le chapitre 7 se résume uniquement à l'utilisation des forces militaires ou des armes ", a-t-il déclaré.

Outre le recours aux forces militaires, il a indiqué qu'il y a aussi toute une série des mesures coercitives. " Ce n'est pas dire que nous sommes sur le chapitre 7, on tire sur tout ce qui bouge. Il y a de règles, a-t-il relevé, avant de paraphraser le représentant spécial général du secrétaire général des Nations Unies pour la RDC, Roger Meece, " nous sommes une armée de paix et non une armée de guerre ".

Dovin Ntelolo Diasonga