Pasteur Jean-Marie Runiga Legerero Pasteur Jean-Marie Runiga Legerero

Le M23 a réitéré ses exigences pour se retirer cette ville après les négociations élargies à certaines composantes congolaises tandis que Kinshasa qui ne l’entend de cette oreille a lancé une contre offensive. Deux faits hautement significatifs ont été enregistrés hier mardi 27 novembre en rapport avec la ville de Goma sous contrôle depuis le dimanche 18 novembre du M23. Au cours de la journée, le coordonnateur de l’ex CDNP en la personne de Jean-Marie Runiga Legerero a tenu une conférence de presse

 au cours de laquelle il a réitéré la position de son mouvement d’opérer le retrait de la ville après l’obtention de la part de Joseph Kabila d’un cessez-le-feu et l’établissement d’un calendrier des négociations qu’il souhaite élargir à la société civile, à la diaspora et a l’opposition. D’autres points ont été abordés au cours de cette manifestation qui peut être considérée comme une réaction du M23 à la contre offensive dont il a été l’objet mardi très tôt matin. Des sources indépendantes ont affirmé les attaques des FARDC à partir de Minova, contre les positions du M23 basées dans les localités de Shasha et de Karuba. Des combats ont été aussi signalés à Mushaki, une importante agglomération de Masisi.

C’est l’ambiance de guerre aux environs de la ville de Goma où la population civile tient à vivre normalement. Le M23 qui administre cette capitale provinciale avec toutes les dividendes économiques qu’il est entrain de tirer n’est pas encore prêt à se retirer de cette entité politico-administrative. Le rappel des conditions posées en dit vraiment long. En plus des négociations inclusives, le M23 réclame le retrait des groupes armés étrangers actifs en RDC, l’arrestation de l’inspecteur général de la police suspendu John Numbi qui est considéré par plusieurs ONGDH comme pièce maîtresse dans l’assassinat du Secrétaire exécutif de la VSV, la libération sans condition des prisonniers politiques, la dissolution de la CENI et la levée de la privation des mouvements d’Etienne Tshisekedi.
Faisant allusion aux résolutions de Kampala V, Jean-Marie Runiga a souhaité l’ouverture d’un couloir humanitaire et la collaboration avec la Monusco. La sécurité de la ville de Goma, la relance des activités économiques dans les localités sous la gestion de son mouvement et la contre offensive amorcée par le nouveau chef d’état major de la force terrestre ont été aussi abordées par le responsable politique du M23. 
Cette prise de position annoncée hier par Runiga via la presse à Goma met fin aux nouvelles en circulation sur la division au sein du M23 où il est attribué à certains membres de se plier sans condition à l’appel lancé samedi dernier à Kampala. De toutes les façons, il a été entendu des déclarations allant dans le sens des craintes exprimées par rapport à la sécurité de la population en cas du retrait du M23 de la ville de Goma. Le porte-parole militaire du M23, le colonel Vianney Kazarama, s’était confié dans ce sens à l’AFP quand l’ultimatum de 48 heures pour le retrait de Goma était d’actualité ou courait. A propos du retrait que Kinshasa semble considérer comme une victoire, celui-ci passe selon des experts en matière de guerres et autres observateurs avertis comme un simple marché des dupes. Demander au M23 de se retirer à 20km de Goma alors qu’il dispose des troupes aux alentours de la capitale du Nord-Kivu permet à celui-ci à bien se renforcer.
Ainsi est-il bien temps pour Kinshasa de revoir ses calculs et d’explorer la bonne piste pour arriver à bout de cette situation de guerre à l’Est sans casse pour la population civile. La communauté internationale tournée presqu’en bourrique suite à la position bicéphale du régime en place sur les principaux soutiens du mouvement rebelle ayant occupé la ville de Goma et certaines localités environnantes s’arrêtera sûrement quelque part. Elle a fait vraiment l’essentiel dans ce dossier en dénonçant le Rwanda et l’Ouganda comme étant, les principaux commanditaires des hostilités meurtrières dans le Nord-Kivu.

N’ayant pas mis à profit ces dénonciations, le pouvoir en place a brillé par une discordance mettant aujourd’hui hors cause Kigali et Kampala. Présentement, il doit chercher la voie la meilleure pour épargner du pire de nombreux congolais, qui ne sont pas totalement d’accord avec le M23 dont la gestion pose quelque problème en rapport avec l’intérêt des communautés locales.
Par MKM