Exclusivité RFI et Jeune Afrique : il y a trois mois, un Franco-Congolais qui tentait de gagner le nord du Mali a été arrêté au Niger, puis refoulé en France. Le 4 novembre, c'est un Franco-Malien qui a été interpellé à son tour, cette fois au Mali, alors qu'il essayait de rejoindre Tombouctou.

RFI l'a révélé dès le 7 novembre. Jusqu'à présent, dans les banlieues françaises, les candidats au jihad se recrutaient surtout parmi les Français d'origine maghrébine, comme Mohamed Merah, le tueur de Toulouse et Montauban. Aujourd'hui, le phénomène se propage chez des Français d'origine sub-saharienne.

C'est pour une banale histoire de faux permis de conduire que le Franco-Congolais Cédric Labo Ngoyi Bungenda s'est fait pincer à Niamey. Au départ, le jeune homme de 27 ans vit à Asnières, dans la banlieue parisienne, où il est animateur scolaire. En juillet, avec l'aide de quelques amis, il réunit assez d'argent pour partir au Niger et s'y installer.

Objectif : se fondre dans le paysage pour gagner ensuite le nord du Mali incognito, par la route. A Niamey, l'homme loue une maison et achète un véhicule 4X4. Il lui manque juste le permis de conduire. Il achète donc un faux permis.

Mauvais choix. Le 7 août, la police nigérienne l'interpelle. Au début, elle croit qu'elle n'a affaire qu'à un petit trafiquant. Mais l'ordinateur et le téléphone portable de l'individu indiquent qu'il est proche des jihadistes.

Lors de son interrogatoire, l'homme avoue qu'il voulait se rendre à Tombouctou pour porter assistance aux combattants d'Aqmi. Aussitôt alertée, la France demande son rapatriement. « Elle insiste, même », précise une bonne source. Quelques jours plus tard, le suspect est refoulé en France. Depuis son retour, son téléphone et son ordinateur sont soigneusement exploités.

Par Christophe Boisbouvier