31 août 2012

Traque des FDLR : les FARDC et l’armée rwandaise se retirent des forces spéciales

 
Des soldats des FARDC se retirent des forces spéciales entre la RDC et la Rwanda pour traquer les FDLR à Rutshuru au Nord-Kivu/ Photo Radio Okapi.Des soldats des FARDC se retirent des forces spéciales entre la RDC et la Rwanda pour traquer les FDLR à Rutshuru au Nord-Kivu/ Photo Radio Okapi.

Les forces spéciales du Rwanda et de la République démocratique du Congo (RDC) déployées depuis février 2011 pour la traque des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) en 2009 se sont retirées vendredi des villages de Katwiguru, Kiseguro et Kaunga dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, ont affirmé des populations locales.

Le motif du retrait de ces unités de Rutshuru n’est pas encore dévoilé. Les autorités congolaises n’ont pas voulu s’exprimer à ce sujet parlant de « secret défense ». Mais des sources militaires ont déclaré que Les rwandais pourraient regagner leur pays à partir de la frontière de Kibumba, à 30 kilomètres de la ville de Goma,

Des témoins indiquent que deux compagnies de Forces spéciales rwandaises et deux autres de l’armée congolaise ont quitté le groupement de Binza. Les uns à bord des véhicules militaires et civils, les autres à pieds ave leurs effets militaires au dos.

Le porte-parole du gouvernement a déclaré jeudi 21 juin que le problème des FDLR tire ses origines du Rwanda.

«Nous avons difficile à croire que le Rwanda ne soit pas considéré comme partie intégrante des problèmes qui ont surgi dans cette partie de notre pays dans la mesure où le cœur du problème, comme le président Kagame lui-même l’a défini c’est les FDLR. Or les FDLR, ce sont des Rwandais. Par ce fait même, le problème ne peut pas être défini comme congolo-congolais», a affirmé Lambert Mende.

Les FDR sèment l’insécurité dans le territoire de Rutshuru depuis 1997.

En 2009, Les FARDC et l’armée rwandaise s’étaient coalisées dans le cadre de l’opération Kimia 2 pour neutraliser les FDLR. Selon le porte-parole de ce commandement militaire, le major Ekenge, cette opération a atteint ses objectifs en neutralisant près de cinq mille éléments de cette force négative, soit 75%.

Les FDLR ne sont pas les seules forces à la base de l’insécurité dans l’Est de la RDC. Plusieurs autres groupes sont aussi indexés à l’instar du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du général Laurent Nkunda qui a vu le jour en en 2007 et le Mouvement du 23 mars (M23) qui a pris corps en mai 2012.

Kinshasa a toujours accusé le Rwanda d’être à la base de ces rébellions. Kigali a toujours nié son implication dans la situation sécuritaire en RDC. Paul Kagama a déclaré que son pays ne soutient pas le M23.

« Nous n’en avons pas l’intention, car nous ne savons pas ce qu’ils veulent. Ça n’aurait aucun sens d’être impliqué, car notre relation avec la RDC était très bonne. Avant que tout cela n’arrive, nous travaillions ensemble pour éliminer le problème qui existait entre les deux pays.»

En juillet 2012, le Rwanda a refusé de rapatrier sur son sol vingt-deux combattants ayant combattu aux côtés des rebelles du M23. La police des frontières rwandaise n’a accepté que le retour des sept éléments des FDLR.

radiookapi.net

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30 août 2012

Ces noirs qui veulent devenir blancs!

Pourquoi cherchons-nous toujours à avoir le contraire de ce que l’on a? Pourquoi se blanchir la peau quand on a la peau noire? Voilà une tendance, qui n’est pas nouvelle, mais en forte augmentation chez les femmes à la peau noire.

Malgré son interdiction en France, la dépigmentation se pratique dans l'Hexagone, mais également en Afrique et dans les départements d’Outre-Mer.

Pourquoi un tel engouement pour cette pratique?  

«Pour répondre à des normes culturelles qui établissent que la peau claire est « plus belle que la peau foncée», lit-on sur le site Terrafemin.

Un diktat culturel que les femmes s’imposent, selon la militante anti-raciste Rokhaya Diallo:

«Défrisages réguliers, perruques, voire produits éclaircissants, tout cela a un coût. Ce budget exceptionnel n’est pas le fait d’une coquetterie particulière ou d’une hypothétique culture portant aux nues le culte du corps, mais bel et bien le prix d’une normalisation.»

L’histoire coloniale permet de comprendre ce phénomène. Certains chercheurs font un lien entre la politique d’assimilation de la France et cette pratique.

«Il faut comprendre que lors de la colonisation, il y avait une volonté d’assimilation culturelle. Cette pratique assimilatrice faisait considérer la couleur de peau des blancs et des métisses comme un critère de beauté», affirme Djiby Diakhaté, sociologue à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

En Afrique, la pression de la peau blanche serait encore plus forte que chez la diaspora.

«Là-bas, les hommes aiment les femmes plus claires, même si cela a beaucoup diminué. Il y a des complexes. Je pense que c’est pour les hommes si elles s’éclaircissent la peau», confie Emma, une pharmacienne d’origine ivoirienne.

Jusqu’ici, seules les femmes étaient attirées par cette pratique, mais selon Djiby Diakhaté, même les hommes suivent cette tendance et commencent à s’éclaircir la peau à l’aide de crèmes éclaircissantes.

«Cette pratique était encore inimaginable il y a dix ans en Afrique de l’Ouest», note-t-elle.

Lu sur Terrafemina

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La cité de Munkamba dotée d’un marché moderne

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La cité de Munkamba située à environ 90 Km de la ville de Kananga, dans la province du Kasaï Occidental, est dotée d’un marché moderne, a-t-on constaté. Financés par le Projet de réhabilitation du secteur agricole et rural (PRESAR) pour un montant de deux cent trente mille dollars américains, les travaux ont doté ce marché de deux pavillons, d’une boucherie, des boutiques, des bureaux administratifs, des blocs des latrines publiques et d’un parking aménagé. Selon le responsable du PRESAR, des travaux analogues sont en cours dans la Cité de Lemba, territoire du même nom. Le projet de construction va s’étendre dans d’autres territoires de la province. indique-t-on.

En terme de résultats du travail de PRESAR, 5 marchés ont été construits à Kasansa dans le territoire de Tshilenge, mais aussi à Ngandajika, Miabi, Malenga Kamiji et Kabeya-Kamwanga. Ces marchés sont dotés de deux pavillons de 24 étalages chacun, d’un bureau administratif, d’un entrepôt de 100 tonnes, d’un système d’adduction d’eau et d’un réservoir de 10.000 litres, de deux blocs de toilettes. Chaque marché dispose donc des sources sûres d’auto-financement que sont la vente d’eau, l’entreposage, l’étalage, les toilettes. Pour s’assurer de la pérennité du travail à la fin du projet, 50 opérateurs locaux, 150 chefs d’équipe et 75 chefs de chantier ont été formés et 300 comités de gestion des infrastructures mis en place.

Pour rappel, le PRESAR a comme objectif de renforcer la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté, à travers l’accroissement de la production vivrière, par l’appui à la production agropastorale et la réhabilitation des infrastructures agricoles et rurales.

Archi-Kan

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KANANGA – La rentrée scolaire s’annonce dans un climat de morosité

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La rentrée scolaire de cette année constitue un casse-tête pour les parents d’élèves de la ville de Kananga.

Les années se succèdent, mais les rentrées scolaires se ressemblent. C’est comme qui dirait: blanc bonnet – bonnet blanc. L’édition 2012 – 2013 ne déroge pas à la règle. Le bout du tunnel n’est pas pour aujourd’hui. Le décor est le même. Une ambiance de morosité empreinte d’angoisse et d’incertitudes. Le constat sera d’ailleurs fait, ce lundi 3 septembre 2012, date retenue pour la rentrée scolaire. Elle a déjà été précédée par d’interminables négociations entre le gouvernement et l’Intersyndicale de l’EPSP autour de l’amélioration des conditions de travail et de vie des enseignants. Malgré les assurances et la position mi-figue mi-raisin de l’intersyndical des enseignants, la situation sur terrain n’est pas de tout repos surtout pour les enseignants, les parents et les élèves. La rentrée scolaire de cette année constitue un casse-tête pour les parents d’élèves de la ville de Kananga, estime le président du comité des parents d’élèves des écoles catholiques joint au téléphone ce mercredi.

Contrairement à ce qui est officiellement déclaré, les inscriptions se prennent déjà moyennant des frais qui varient d’une école à une autre et qui vont de cinq dollars au minimum à 100 dollars au maximum.

Selon ce dernier, les inscriptions se prennent déjà moyennant des frais qui varient d’une école à une autre et qui vont de cinq dollars au minimum à 100 dollars au maximum.
Aussi, les parents éprouvent d’énormes difficultés d’approvisionnements en fournitures scolaires à cause de la modicité de salaires pour les uns et du retard de paiement pour les autres. Dans des entreprises où les employeurs subventionnent la rentrée scolaire, elles sont butées au problème de liquidité.

Plus de questions que des réponses

De tous les cas de figure, employés ou pas, tous se plaignent de frais exorbitants de droits d’inscription. Dans certaines écoles, les instructions sont précises et strictes : les frais doivent être payés, du moins pour le premier trimestre dans toute leur totalité.

Les parents éprouvent d’énormes difficultés d’approvisionnements en fournitures scolaires à cause de la modicité de salaires. Les prix des fournitures ont significativement augmenté.


A cela s’ajoutent les frais liés aux fournitures scolaires, un véritable casse-tête tant la plupart des écoles ont décidé de crucifier les parents en exigeant un nombre de plus en plus élevé de cahiers. Tout se passe comme s’il existait un complot pour que l’enseignement devienne sélectif et qu’il faille commencer par éliminer les enfants des pauvres du système éducatif, des sans-emplois, des sous-payés. Seraient-ils moins Congolais que les autres ? Serait-ce leur faute s’ils se trouvent dans cet état social indigne ?

L’enseignement devient un luxe pendant que l’enseignant est chosifié. Le niveau de l’enseignement ne fait que baisser, d’année en année, sans sursaut d’orgueil de la part de l’État. Un véritable désastre. Au moment où la rentrée scolaire se déroule sous le signe de l’angoisse et de l’incertitude, la convocation d’une «Conférence nationale sur l’éducation » et non des états généraux, doit être inscrite à l’ordre du jour de la prochaine session parlementaire. Ce sera le début de la panacée. En attendant, les parents, les chefs d’établissements et les élèves doivent conjuguer leurs efforts pour que la rentrée ait effectivement lieu.

Feys Daniel Ngal.

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Cartes sur table: les quatre vérités du général James Kabarebe

Colette Braeckman

Exclusif : les quatre vérités de James Kabarebe, Ministre de la Défense du Rwanda

A la veille des élections au Congo, l’automne dernier, vous affirmiez que si vous pouviez aider ce pays à se stabiliser davantage, vous le feriez. Au vu de la situation actuelle, qu’est-ce qui a mal tourné ?

Ce n’est pas seulement à la veille des élections que nous avons tenté d’aider le Congo. En 2009 déjà, nous avions tenté de résoudre le problème du CNDP (Conseil national pour la défense du peuple), ce qui avait débouché sur l’arrestation du général Laurent Nkunda et la mise à l’écart de beaucoup d’autres groupes, le Pareco, les Mai Mai Kifwawa, le groupe de Nakabaka, le FRC… Tous avaient fini par être intégrés au sein des troupes gouvernementales. Depuis lors, nous avons rétabli les relations diplomatiques avec le Congo, nos présidents se sont rencontrés plusieurs fois. Une évolution aussi positive surprenait tout le monde, y compris nous-mêmes.
Qu’est-ce qui s’est passé ? C’est une question que nous nous posons aussi, mais personne n’est là pour nous répondre. Mais certaines personnes, surtout en Occident, ont décidé d’interroger le seul Rwanda sur ce qui se passe en RDC.

Au lendemain des élections, le président Kabila a été mis sous pression par la communauté internationale qui exigeait l’arrestation du général Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale. N’y a-t-il pas eu à ce moment une sorte d’accord entre Kinshasa et Kigali pour écarter le général et procéder à son remplacement ?

C’est là que la confusion a commencé.
Pour retracer la genèse de l’histoire, il faut remonter aux accords conclus en 2009 et savoir que, jusqu’au lendemain des élections au Congo et jusqu’au mois d’avril 2012, il n’y a pas eu de problème. En 2009, nous avions aidé à résoudre le problème du CNDP en appuyant l’intégration de ses soldats dans l’armée gouvernementale, de même que les militaires du Pareco, des Mai Mai Kifwawa, Nakabaka, soit une dizaine de groupes. Mais par la suite, la gestion de cette situation aurait du être l’affaire des Congolais eux-mêmes…
Le CNDP (Conseil national pour la défense du peuple) avait donc été intégré à la suite d’un accord signé à Nairobi, sous la supervision des présidents Obasanjo et Mkapa. Le Rwanda avait ainsi contribué à un accord qui, durant trois ans, avait permis de pacifier l’Est du Congo. Or aujourd’hui l’intégration de ces forces a échoué. Cet échec n’est pas le fait du Rwanda, mais il est du à la mauvaise gestion du processus d’intégration des militaires.

Que s’est il passé cette année ci ?

En décembre, au lendemain de son élection, le président Kabila dépêcha un envoyé spécial à Kigali, accompagné de quelques militaires. Le conseiller du président, feu Katumba Mwanke, apportait un message en quatre points : le premier c’est que le président Kabila souhaitait obtenir le soutien du Rwanda pour transférer vers d’autres provinces les soldats d’expression rwandaise qui se trouvaient dans l’Est du Congo. Il souhaitait également notre appui car les Occidentaux le pressaient d’arrêter le général Bosco Ntaganda. Après avoir réalisé ces deux points, nous aurions mené des opérations conjointes pour neutraliser les FDLR. Et enfin, forts d’avoir travaillé correctement ensemble sur les points précédents, nous aurions renforcé la coopération économique entre nos deux pays, relancé plusieurs projets demeurés en suspens.

La délégation nous expliqua que les soldats rwandophones refusaient d’être déployés ailleurs qu’au Kivu et elle espérait que nous réussirions à les convaincre, compte tenu de notre relation historique pas seulement avec les anciens soldats du CNDP mais aussi avec les autres officiers congolais.
D’après eux, ces hommes refusaient d’être transférés dans d’autres parties du pays car Bosco Ntaganda le leur interdisait…Comme de coutume nous avons proposé notre aide même si mon sentiment était que des problèmes de cet ordre devaient être résolus sur une base nationale.
Pour ce qui concerne Bosco Ntaganda, nous avons rappelé que la communauté internationale, qui exigeait l’arrestation de ce dernier, disposait au Congo d’une force de paix onusienne de 20.000 dotés de tanks, d’hélicoptères, de forces spéciales, une force se trouvant en partie à Goma, en face de chez Bosco. Avec lui, les officiers jouaient au tennis, ils fréquentaient les mêmes boîtes de nuit, les mêmes bars et restaurants. Pourquoi ne se sont ils pas chargés de l’arrêter, pourquoi nous ont-ils demandé de le faire ? Nous avons répondu que cette arrestation n’était pas notre affaire, qu’il était un officier congolais très proche du président Kabila, qu’ils avaient fait de curieux business ensemble. Vous souvenez vous de l’histoire de cet avion chargé d’or intercepté à Goma ? De très hauts dirigeants congolais étaient impliqués dans cette affaire. Ntaganda n’était plus sous notre contrôle…
Les membres de la délégation nous ont alors dit qu’ils allaient arrêter Bosco, mais sans le déférer devant la Cour pénale internationale. Nous étions le 5 février et la délégation regagna Kinshasa. Deux jours après cette rencontre, Katumba Mwanke trouva la mort dans un accident d’avion à Bukavu.
Fin mars, le président Kabila renvoya une autre délégation à Kigali, dirigée par le chef des services de sécurité, Kalev, par le colonel Yav Jean-Claude et d’autres. Ils souhaitaient toujours notre assistance car ils ne voulaient pas résoudre les problèmes de l’Est sans notre appui. Quel soutien ? Ils assuraient que Bosco Ntaganda bloquait le transfert de soldats rwandophones dans le reste du pays.
Nous avons alors proposé d’organiser une réunion, à laquelle Bosco Ntaganda participerait et où nous tenterions de le convaincre de le convaincre de laisser ces officiers être déployés ailleurs qu’au Kivu.
La réunion ayant été fixée au 8 avril, le jour dit, nous avons attendu ces gentlemen, mais ils arrivèrent sans Ntaganda car la rumeur avait couru selon laquelle les gouvernements du Rwanda et du Congo se préparaient à l’arrêter. Effrayé, il avait refusé de venir. Les Congolais arrivèrent avec trois officiers, le colonel Sultani Makenka, le colonel Faustin Muhindo et le colonel Innocent Zimurinda. La réunion était censée convaincre Ntaganda, mais ce dernier était absent. « Il a disparu la nuit dernière avec 200 de ses hommes hors de Goma…Peut être se trouve-t-il dans sa ferme du Masisi.. ». J’ai alors fait remarquer que « si Bosco n’est plus là, il ne peut plus empêcher le déploiement de ses officiers, le problème est alors résolu… »
On m’expliqua qu’en fait, il y avait encore un problème et que c’est pour cela que trois officiers étaient là. Nous avons écouté nos interlocuteurs, avec le désir d’aider la RDC, d’une manière amicale, fraternelle. L’importance de cette réunion du 8 avril, c’est qu’il s’agît d’une occasion manquée. Elle marqua le tournant de tout ce qui allait se passer par la suite au Congo.
Si nos interlocuteurs avaient écouté le conseil que nous leur avions donné ce jour là, les choses auraient été bien différentes.
Cette date est cruciale, car lors de cette réunion nous avons écouté les représentants du gouvernement dont Kalev le chef de la Sûreté et le général Yav. Ils ont accusé les officiers rwandophones de refuser d’être déployés ailleurs dans le pays, de ne pas faire partie du système…Kalev a expliqué que le président était déterminé à protéger Bosco Ntaganda, à ne pas le transférer à la CPI mais le faire traduire devant une juridiction congolaise.
Ils ont soulevé tellement de points, j’ai gardé toutes mes notes, les minutes de la réunion… Quant aux trois officiers rwandophones ils ont expliqué : « ce n’est pas Bosco qui nous bloque, mais le fait que beaucoup de points sur lesquels un accord avait été conclu en 2009 n’ont pas été réalisés. Comme préalable à notre déploiement dans d’autres régions du Congo, il fallait rétablir la sécurité au Kivu, régler le problème des FDLR, permettre que nos parents qui depuis tellement longtemps vivent dans des camps de réfugiés au Rwanda puissent rentrer chez eux. » Ils ajoutaient « notre intégration n’a jamais été complète, nous étions payés autrement que les autres militaires, nous avions reçu des grades mais ces derniers n’avaient jamais été confirmés par des arrêtés, et à tout moment nous risquions d’être chassés de l’armée. » Ces officiers évoquèrent la ségrégation, l’exclusion, le fait d’être considérés comme des militaires de deuxième classe… »
De plus ils mentionnèrent le fait que 50 de leurs compagnons d’armes, qui avaient été transférés à Dungu en Province Orientale, avaient été tués en une seule nuit et que le gouvernement n’avait jamais mené d’investigation. Ils citaient le nom du responsable de leur mort, un colonel toujours en service… » « Nous avons été intégrés, certes,mais nous sommes toujours frustrés. Nous étions prêts à contribuer à la paix au Kivu, mais on ne nous aide pas : nous manquons de transport, de communications, de véhicules, d’argent. Rien. Comment pourrions nous ainsi mener des opérations contre les FDLR et d’autres groupes armés ?
Et même lorsque nous entamons ces opérations, les FDLR en sont informés d’avance par des gens qui, depuis les rangs gouvernementaux, leur passent l’information. »
Il y avait tant de plaintes que je ne peux me les rappeler toutes. Je me suis alors adressé à Kalev, lui demandant s’il savait déjà tout cela. Il répondit devant les autres qu’il avait déjà entendu cela tant de fois, qu’il en avait souvent parlé au président mais qu’il n’avait rien pu faire !
J’ai alors demandé comment on pouvait sortir de cette situation. Ils ont répété qu’ils ne pouvaient se déployer hors du Kivu. Les autres ont dit que le gouvernement ne pourrait tolérer l’indiscipline et qu’ils devraient partir. J’ai alors prévenu les représentants du gouvernement, leur disant que cette situation était une bombe à retardement, qu’ils devaient trouver des solutions avant qu’il ne soit trop tard.
Comme je connais très bien la situation du Kivu, que je connais tout le monde là bas, j’ai conclu que l’on se trouvait à la veille d’une guerre. J’ai dit qu’il fallait éviter à tout prix d’en arriver là et que s’ils voulaient quelque assistance, nous étions disposés à les aider à trouver une solution. La guerre, disions nous, va affecter tout le monde, la population congolaise, le Rwanda. De notre point de vue, si la guerre éclate, les FDLR vont regagner du terrain.
A cette même période, le 8 avril, alors que nous recherchions une solution pacifique, le gouvernement congolais envoya vers Goma une importante force militaire, des lanceurs de fusée, des chars T52, des hélicoptères de combat. Goma fut soudain fortement militarisée. Au moment où, avec Kalev le chef de l’information civile et Yav le chef de l’information militaire, nous tentions de résoudre pacifiquement les problèmes, le chef d’état major, le général Etumba et le chef de l’armée de terre Tango Four Amisi débarquèrent à Goma pour renforcer l’effort militaire.
Nous répétions que l’option militaire n’était pas la meilleure, mais ils sont allés de l’avant.
C’ est à ce même moment que des officiers ont commencé à déserter leurs unités, que d’autres ont refusé le déploiement.
Je leur ai alors conseiller de réunifier l’armée, de stopper les transferts, car la situation devenait dangereuse, de se pencher sur l’administration de l’armée, car il y avait beaucoup trop d’irrégularités, de problèmes de commandement, le mécontentement était général.
A propos de Bosco Ntaganda, nous avons dit que s’ il était indiscipliné, cela ne pouvait être toléré, qu’il fallait l’arrêter, où qu’il soit. Ils m’ont dit que cela n’était pas possible car il se trouvait dans sa ferme. J’ai proposé de mener ensemble une nouvelle opération contre les FDLR, de la planifier, de la mener à bien. Quant aux commandants qui avaient refusé de se déplacer, à Kinshasa ou ailleurs, je leur ai conseillé de ne pas être trop durs avec eux, car cela allait créer du chaos. La situation était tellement volatile qu’utiliser contre eux la force militaire pouvait s’avérer dangereux.

Après cette réunion, le président Kabila est venu à Goma, où il a annoncé qu’à tout prix il fallait arrêter Bosco Ntaganda, à tout prix. Ce message était le contraire de ce que j’avais entendu la veille, où on me disait que Bosco pouvait rester dans sa ferme.
A ce moment, il se passait tant de choses ! Lorsque le colonel Zimurinda arriva à Goma, il fut désarmé, mais le même soir, on lui rendit ses armes et son escorte et il rejoignit immédiatement Bosco Ntaganda. Le jour suivant, le colonel Baudouin Ngaruye fut lui aussi désarmé et lorsque le soir on lui rendit ses armes après avoir négocié, il rejoignit Bosco. Le même jour, à Rutshuru le général Amisi donna l’ordre de désarmer tous les soldats de l’ex CNDP. Il y eut alors un clash entre tous ces militaires. Ensuite, à Fizi des officiers de l’ex-Pareco, Saddam et Nsabimana furent désarmés, il y eut des escarmouches et ils fuirent vers Uvira. Le commandant de la région, Delphin Kahimbi, déploya des forces pour les battre à Uvira et Bernard Nyamungu tenta de protéger les fuyards, avant de fuir lui-même vers Bukavu où il fut arrêté. C’est ainsi que commença le chaos.
Quant au colonel Makenga, il retourna à Bukavu après notre réunion. Lorsque le président Kabila arriva à Goma, Makenga était supposé y revenir pour assister à une réunion, et sur la route de Bukavu à Goma, il y eut une embuscade, montée par Delphin Kahimbi. Makenga y échappa et arriva tout de même à Goma mais ne revint jamais à Bukavu.

Cette version est controversée, car selon d’autres sources, Makenga aurait fui par le lac en direction du Rwanda…
Non, il a échappé à l’embuscade et après quelques jours il a appelé Jean-Claude Yav disant qu’il ne pouvait rentrer à Bukavu aussi longtemps que Kahimbi s’y trouverait et il resta à Goma..

Vous êtes sûr qu’il ne s’est pas rendu à Gisenyi à ce moment ?
Non, il est resté à Goma. Makenga n’avait pas l’habitude de venir au Rwanda car il nous en voulait d’avoir arrêter Laurent Nkunda dont il était très proche. Durant ces quelques jours, les combats commencèrent contre Bosco Ntaganda, les FARDC l’attaquèrent dans sa ferme et ils amenèrent des renforts depuis le Sud Kivu. Même Delphin Kahimbi remonta de Bukavu jusque Goma. Le voyant arriver, Makenga quitta Goma à son tour et se rendit à Runyionyi, un endroit qu’il connaissait très bien.
Ce mouvement du colonel Makenga en direction de Runyioni changea tout le scénario de la guerre ; si Bosco n’était pas populaire parmi les soldats, pas même auprès des rwandophones, il n’ en allait pas de même de Makenga : lui il était très populaire auprès des soldats…Son départ provoqua un mouvement de désertion parmi les FARDC..

Les ex CNDP, dans le Masisi, étaient pratiquement vaincus et ils se renforcèrent lorsqu’ils firent mouvement vers Runyonyi. C’est alors que l’on a évoqué l’appui du Rwanda…

C’est faux, hopeless. S’ils étaient vaincus, pourquoi ne furent ils pas capturés ?Entre Masisi et Runyoni, il y a une longue distance, plus de sept heures de route. On aurait pu les arrêter, les bloquer…

Mais un cessez le feu avait été décrété, qui leur a permis de fuir…

Non, il n’y a pas eu de cessez le feu. Ce qui s’est passé, c’est que cette force était intacte, avec ses armes et ses commandants, on ne peut pas dire qu’elle ait été défaite. On l’a peut-être laissée passer, intacte.
Ce qui est important, c’est que lorsque Makenga arriva à Runyonyi, il avait 200 soldats. Dans les jours qui suivirent, ils étaient des milliers : des soldats, des officiers firent alors défection et convergèrent pour rejoindre Makenga, il ne s’agissait pas seulement de rwandophones. D’après nos informations, 80% des forces du M23 sont des Hutus, anciens combattants du Pareco. Bashi, Bahutu, Nande, Barega, beaucoup d’autres groupes rejoignirent le M23. Même des membres de la garde rapprochée du président Kabila, des Katangais, des Kasaïens, firent défection et rejoignirent Makenga, tellement il y avait du mécontentement…

Le mauvais management des troupes est au cœur du problème. Comment pouvez vous envoyer des troupes en opération en leur donnant seulement une poignée de haricots secs ! Au lieu de leur envoyer de la nourriture, vous leur donnez un sac de haricots, sans eau, sans sel, sans riz, sans casserole ni bois de feu… C’est impossible.
On ne peut pas dire que l’armée congolaise a échoué à battre le M23, car le M23 était soutenu par le Rwanda. Non. Ils ont échoué parce qu’ils ne peuvent pas se battre, dans les conditions où ils se trouvent. Ils ne tueraient même pas un rat…..

Ils pourraient se battre s’ils étaient nourris correctement…

La nourriture ne suffit pas. Il faut aussi une bonne structure de commandement…Après avoir rejoint les rangs du M23, les soldats déserteurs commencèrent à mieux se battre. Pas seulement à cause de la nourriture, mais parce qu’ils se battaient contre un système qui les maltraitait… Dire que le Rwanda soutenait le M23, c’est faux et je vais vous le démontrer…

Vous dites qu’aucun renfort n’a traversé la frontière ?

J’ai connu cette région autrefois. Runyonyi ne se trouve pas sur la frontière, marcher depuis la frontière rwandaise jusque Runyonyi, cela prend au moins onze heures de marche, il faut traverser la forêt car il n’y a pas de routes, il n’y a aucun lien entre Runyonyi et le Rwanda. Toute cette histoire de soutien que le Rwanda aurait apporté est une manipulation. Mais une manipulation très compliquée. Elle implique le gouvernement congolais désireux de sauver la face après sa défaite militaire et sommé d’expliquer pourquoi ses soldats n’ont pas combattu. Elle est soutenue par l’Occident, déçu par le fait que Bosco Ntaganda n’ait pas été arrêté par la Cour pénale et que le Rwanda n’a pas coopéré à cette arrestation. Le Rwanda est puni car il n’a pas coopéré pas avec la Cour pénale internationale, cela, c’est le fond du problème. Tout le monde sait que le Rwanda n’a pas un seul soldat au sein du M23, ne lui donne aucun soutien. Même les Congolais savent cela, ils nous le disaient à titre individuel, mais ils devaient sauver la face…

Mais à Goma fin juin, des transfuges ont témoigné du fait qu’ils avaient été recrutés au Rwanda pour venir combattre au Congo…Que faut-il en penser ?

Vous connaissez le Congo, vous savez comment Goma, Bukavu, c’est un melting pot de mensonges, diffusés à la radio par le gouverneur, le ministre de l’information…

Tout de même, ceux qui ont diffusé ces témoignages que vous qualifiez de mensonges ont été nombreux, issus de différents milieux, y compris des observateurs des Nations unies…

C’est pourquoi je parle d’une machination contre le Rwanda, en connivence avec le gouvernement congolais et la communauté internationale. C’est ainsi. Le problème est là. La Monusco a été au Congo durant plus de dix ans, et elle n’a rien résolu. Elle fait du business avec les FDLR, fait commerce avec l’or, le coltan, nous savons tout cela.
Quant au groupe d’experts de l’ONU, ces jeunes hommes et femmes qui ont rédigé le rapport, comme Steven Hege, qui prône la négociation avec les FDLR, il a aussi été manipulé par le gouvernement congolais.
Comment les Nations unies peuvent elles désigner comme experts des gens aussi jeunes, aussi peu expérimentés, qui se perdent même dans les acronymes. Même leur intégrité est sujette à caution…Ils n’ont pas le niveau de compréhension minimum nécessaire dans cette région.
Pour nous, nous n’allons pas cesser d’avoir des contacts avec la RDC. Des le 1er mai, nous avons eu des contacts au niveau de l’état major. Ils nous ont demandé de les aider et nous allons le faire. Nous leur avons rappelé que le 8 avril ils avaient manqué une occasion d’éviter la guerre. Nous leur avons demandé de stopper les combats afin que nous puissions voir que faire, comment les aider.
A cette époque, nos interlocuteurs congolais nous demandaient explicitement de déplacer nos forces à l’intérieur du Congo, afin de les aider à régler le problème. Nous avons
refusé de bouger nos forces..

Cependant vous aviez des forces basées à Rutshuru…

Oui, elles étaient destinées à combattre les FDLR. Il s’agît de deux compagnies de forces spéciales, aux côtés de deux compagnies de forces spéciales congolaises. Cela fait deux ans qu’elles sont là et elles y sont toujours…

Le 3 mai nous avons eu une autre rencontre à Kigali, avec le ministre de la défense congolais et lui aussi nous a demandé d’intervenir. Mais nous ne pouvions pas voir comment on pourrait régler militairement ce problème. Le 12 mai, nouvelle rencontre des ministres de la défense à Rubavu, ils refont la même demande. Le 18 mai, autre réunion à Kigali, le 26 mai nouvelle rencontre, toujours à Kigali, incluant le ministre congolais des affaires étrangères. A ce moment, la défaite des forces gouvernementales était flagrante. Et c’est à cette réunion, que, pour la première fois, les Congolais ont commencé à accuser les Rwandais d’avoir aidé le M23, et cela alors que nous avions déjà eu tant de réunions, pour examiner comment les aider.
Ils ont seulement mentionné cette accusation et de notre côté nous avons dit que certains commandants avaient intégré des FDLR. Nous avons proposé de mettre en place un mécanisme de vérification commun.
Le 29 mai, les chefs d’état major ont lancé le mécanisme de vérification pour dissiper les rumeurs. Le 19 juin, il y eut un nouveau meeting à Kinshasa mais deux jours auparavant le gouvernement congolais, aux Nations unies, avait accusé le Rwanda…

Entre-temps, à Goma, des transfuges avaient expliqué à la Monusco qu’ils avaient été recrutés au Rwanda pour rejoindre le M23…

Nous avions été informés du fait que l’on était en train de fabriquer des preuves pour mettre en cause le Rwanda et nous en avions informé nos interlocuteurs congolais. Nous leur demandions pourquoi ils faisaient cela.
Il y a d’abord eu le cas de ces 11 personnes, des FDLR qui se trouvaient dans le camp de Mutobo et qui furent envoyés à Runyonyi. Après que j’en aie parlé au colonel Yav, l’histoire disparut. Mais elle resurgit ensuite et on retrouva ces 11 transfuges dans le camp de la Monusco. Kalev, le chef de l’ANR, est à l’origine de toutes ces manipulations, l’histoire a été fabriquée à Goma, présentée à la Monusco et de là elle est partie aux Nations unies…
Il y a tant d’histoires… Jusqu’à la dernière où il est question d’un capitaine Saddam qui fut capturé quelque part par les FARDC. On trouva sur lui une carte d’identité rwandaise et on le présenta au groupe d’experts de l’ONU. Or nous ne connaissons pas cette personne, il n’est pas repris sur les listes de notre armée… La vérité, c’est qu’alors que nous nous trouvions à Goma pour une réunion, le chef de l’intelligence militaire congolaise vint me voir dans ma chambre et, à propos de l’histoire de ce capitaine, il me dit « nous commettons une grande erreur en fabriquant ce genre d’histoires contre le Rwanda, cela nous a déjà coûté tellement cher…Ce capitaine Saddam appartient l’armée congolaise, mais c’est Kalev qui a décidé de fabriquer une fausse carte d’identité rwandaise et d’envoyer ce témoignage truqué aux Nations unies…Comment imaginer que des décisions soient prises sur de telles bases ? »

Si le Rwanda est victime d’une machination, elle est tout de même énorme, avec la participation de personnes différentes, c’est beaucoup…

Il y en a eu tellement, c’est vrai… Mais voyons maintenant les choses en face: les Congolais sont victimes d’un chaos qu’ils ont créé eux-mêmes, la communauté internationale le sait, j’ai les minutes de la réunion des onze ministres des affaires étrangères de la conférence sur la sécurité dans les Grands Lacs, à Nairobi. Le gouvernement congolais y déclare très clairement que la première cause de l’instabilité dans l’est du Congo, c’est la pression internationale mise sur l’arrestation de Bosco Ntaganda. Et ensuite, on met la responsabilité sur le Rwanda !
Quant à nous, nous poursuivons réunions et contacts avec les Congolais. Mais il nous est arrivé de voir débarquer à Kigali deux délégations venues du Congo., Chacune a son propre message, différent de l’autre, et refuse une réunion commune…C’est une confusion totale.
Mais ce qui est très clair, c’est que le président Kabila a été nourri de mensonges par ses gens sur le terrain…
Je crois qu’en commençant cette guerre, les Congolais ont pensé que ce serait une opération rapide. Ils se sont surestimés. Mais lorsque les choses ont commencé à changer sur le terrain, ils ont commencé à chercher un prétexte, et à désigner le Rwanda. D’autant plus facilement que chaque fois que quelque chose ne va pas au Congo, on désigne le Rwanda. A cela s’est ajoutée la frustration de l’Occident qui voulait arrêter Bosco Ntaganda et poussait le président Kabila à le faire. Tout cela engendré un grand chaos.

Je reviens avec la même question : vous pouvez mettre en cause les experts de l’Onu, leur compétence, leur niveau, vous pouvez dénoncer Kalev et les manipulations de l’ANR, mais ne croyez vous pas que les Américains, les Britanniques, et même les Belges ont eux aussi leurs sources d’information. Or tous confirment les mêmes faits. Sont ils tous victimes d’une hallucination collective ?

Nous avons de grosses ambassades au Rwanda, et elles ont les moyens de faire du renseignement. Elles surveillent certainement les mouvements de troupes, de logistique, les mouvements vers la frontière. Or depuis les six dernières années au moins, il n’y a aucun mouvement vers la frontière…Comment le Rwanda pourrait il combattre en RDC sans qu’aucun mouvement ne soit visible ?
Ce qu’elles racontent, ce sont des informations qui leur ont été transmises depuis l’autre côté de la frontière, rien de ce qu’elles ont constaté elles mêmes… Au Rwanda même, elles n’ont rien vu…
Comment, dans ce pays très peuplé, le passage de centaines de soldats, d’armes, de camions aurait il pu passer inaperçu ? Aucune preuve ne peut être fournie…

Le ministre belge Reynders a laissé entendre que des « éléments rwandais non contrôlés » pourraient être impliqués. Cela vous paraît il possible ?

Je suis sûr que les militaires rwandais sont plus contrôlés, mieux organisés que les Belges. Si des éléments incontrôlés existent quelque part, ce serait plutôt dans l’armée belge qu’au sein de l’armée rwandaise. L’armée rwandaise est solide, bien organisés, bien commandée, bien disciplinée, des éléments incontrôlés en son sein ne peuvent pas exister…

Et des recrutements incontrôlés, de Tutsis d’origine congolaise qui se trouveraient en territoire rwandais, c’est impossible aussi ?

Cela, c’est possible. Nous avons camps de réfugiés, à Buyumba, Gatsibo, Kibuye et Kigeme et d’autres réfugiés ne sont pas dans des camps. Qu’il y ait des recrutements dans ces milieux là, c’est très possible, à 100%. J’ai dit aux Congolais que s’ils avaient des informations à propos de ces recrutements, ils pouvaient nous les donner, pour que nous y mettions fin. Mais les Congolais préfèrent faire du bruit et accuser le Rwanda…

Des intérêts privés, mafieux, auraient ils pu être mêlés à tout cela ?
C’est de l’imagination, de la fantaisie, de la confusion totale. Comment le Rwanda pourrait il tolérer de tels mouvements ? La société rwandaise est très disciplinée, nous ne pouvons avoir de tels éléments…Et même si cela était, cela n’expliquerait pas comment toute une armée a pu être battue par quelques centaines d’éléments…Vingt deux mille éléments, équipés de tanks, d’hélicoptères ont été mis en échec par quelques centaines de mutins. Cela montre qu’au Congo il n’y a ni gouvernement ni armée, seulement un grand vide.

Tous ces constats étant faits, la pression étant mise sur le Rwanda, quelles sont les pistes de solution ?

Rwanda n’est pas sous pression. Croyez vous vraiment que les Nations unies pourraient mettre le Rwanda sous pression ? C’est un non sens. Même les sanctions ne nous effraient pas, elles ne signifient rien…

Mais si des fonds sont coupés, des budgets bloqués, cela peut faire mal…

L’argent ce n’est pas un problème. Dans la brousse nous avons déjà survécu sans ressources…Sans aide, nous nous développerons mieux, cela nous donnera plus d’énergie encore. S’ils en sont au point de baser leurs sanctions sur des mensonges, laissons les faire, cela ne risque pas d’influencer le Rwanda. Au Congo, nous n’avons pas commencé ces histoires, nous ne les avons pas soutenues et aujourd’hui nous n’allons pas y aller pour nettoyer leur désordre.
Nous compterons sur nous mêmes comme nous l’avons toujours fait…

Quelles sont les solutions possibles ?

C’est aux Congolais qu’il appartient de les trouver. Et aussi aux Etats membres de la Conférence internationale sur la sécurité dans les Grands Lacs, qui vont se revoir le 5 septembre. Je ne suis pas sûr que la force neutre verra jamais le jour. Par contre ce qui fonctionnera, c’est le mécanisme conjoint de vérification, qui sera composé de trois représentants de chacun des Etats membres de la conférence. Le commandement sera exercé par l’Ouganda, le numéro deux sera originaire de Brazzaville, les autres viendront de RDC, du Rwanda, du Burundi, de l’Angola, de la Tanzanie…Ces officiers vérifieront la frontière entre la RDC et le Rwanda, ils contrôleront aussi sur le terrain l’application du cessez le feu entre l‘armée congolaise et le M23 et la présence des FDLR sur le terrain. Tout cela en attendant l’éventuel déploiement de la force neutre. Si elle vient jamais…

Des négociations avec le M23 sont elles envisageables ?

Cela dépend de ce que décidera la conférence. Maintenant il faut laisser jouer les mécanismes régionaux. Nous nous référerons aux décisions de la Conférence présidée par l’Ouganda…
Si l’on veut sortir de cette crise, il faut que la communauté internationale comprenne qu’en exerçant des pressions sur le Rwanda à propos de la situation en RDC, elle ne fait pas de bien à la RDC : les problèmes sont nés là, c’est là qu’ils doivent être résolus. Et les Congolais doivent savoir que la solution à leurs difficultés ne viendra pas de la communauté internationale, mais d’eux-mêmes. C’est en comptant sur eux-mêmes, en construisant leurs propres mécanismes de gouvernance, leur propre système que les Congolais s’en sortiront… …
Si à Kinshasa ou au Kasaï les gens ont faim et se révoltent, en quoi le Rwanda est il responsable de cette situation ? Où est le lien… Si les Congolais continuent à rechercher à l’extérieur les causes de leurs problèmes, ils rencontreront plus de difficultés encore…C’est en eux-mêmes qu’ils doivent rechercher les solutions…

 


 

 

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Le M23, les FDLR, le Raïa Mutomboki au banc des accusés : De nombreux civils en RDC massacrés, selon l'Onu



L'Organisation des Nations unies continue à charger les groupes rebelles et autres groupes armés, les accusant d'avoir massacré de nombreux civils sur le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Au nombre desquels le M23, les FDLR, le Raïa Mutomboki. Des groupes armés rivaux pourraient avoir massacré des centaines de civils dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ont déclaré des représentants de l'Onu mercredi 28 août.

Le Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies Navi Pillay, a déclaré que des allégations sur un massacre de centaines de personnes étaient en cours de vérification. Mais des enquêtes préliminaires donnent à penser, a-t-elle dit, qu'un nombre important de personnes, principalement des femmes et des enfants, ont été tuées. "La pure violence de ces assassinats dépasse l'entendement", a-t-elle déclaré.

Les violences se focalisent dans le Nord-Kivu, près de la frontière rwandaise, où des groupes rebelles ont attaqué des villages qu'ils considèrent comme soutenant leurs adversaires, alors que l'armée congolaise est aux prises avec un groupe mutin connu sous le nom de M23.

"La détérioration des conditions de sécurité dans le Nord-Kivu, consécutive à la mutinerie du M23 et aux attaques impitoyables envers les civils, est extrêmement alarmante", a déclaré Roger Meece, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon. Le M23 est cité dans un rapport de l'Onu soulignant la montée des violences depuis le début du mois d'août avec le massacre systématique de la population dans des villages du nord-est du pays.

Suite à quatre missions effectuées dans cette zone difficile d'accès et aux dizaines d'entretiens avec des victimes et des témoins, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme en RDC (BCNUDH) a documenté plus de 45 attaques d'environ 30 villes et villages depuis mai, dans les zones Ufamandu I et II du territoire de Masisi.

Certaines de ces attaques auraient été menées par le groupe armé des Raïa Mutomboki et d'autres par les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), rebelles extrémistes hutu, parfois en coalition avec une milice Hutu baptisée Nyatura.

Le bilan fait état de violations graves des droits de l'homme, dont des massacres de civils et des destructions et pillages d'habitations et de biens, ainsi que le déplacement massif de milliers de civils.

Au Nord-Kivu, l'armée affronte depuis trois mois le Mouvement du 23 mars (M23), formé d'ex-rebelles intégrés dans l'armée congolaise en 2009 et qui se sont mutinés en mai dernier. Quelque 250  000 personnes ont fui les violents affrontements, concentrés près de la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda.

Les FDLR sont principalement composées de Hutus, la plupart ayant fui le Rwanda en RDC après le renversement du gouvernement considéré comme responsable du massacre d'un million de Tutsis et d'opposants politiques en 1994.

Raïa Mutomboki, composé largement de Tutsis congolais mais soutenu par des Rwandais selon le gouvernement de Kinshasa, affirme protéger la population locale en attaquant les Hutus que le groupe considère comme des étrangers.

Kinshasa a rejeté ce mois-ci la proposition de pays voisins de former une force africaine pour répondre à cette insurrection, considérant que les insurgés ont le soutien de pays voisins comme le Rwanda et l'Ouganda, ce que nient les gouvernement mis en cause.

Depuis le début de la rébellion en avril, qui a débouché sur la création du M23, on compte près d'un demi-million de personnes déplacées.

Décidément, la RDC, avec ses innombrables milices et groupes armés qui écument sa partie orientale constitue un véritable vivier inépuisable de candidats potentiels à la Cour pénale internationale (CPI).

Kléber Kungu

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L’Onu très inquiète - Masisi : nouveaux massacres des civils à vaste échelle !



*La situation en RDC était au centre de débats à l’Onu hier, mercredi 29 août 2012, tant à New York qu’à Genève. En effet, pendant que Kigali peinait à faire passer sa ligne de défense auprès du Comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’Onu, les preuves étant indéboulonnables, à Genève, MM. Navi Pillay et Roger Meece respectivement, Haut Commissaire de l’Onu aux Droits de l’Homme et RSSG de l’Onu en RDC, faisaient le point sur la situation des droits humains à l’Est du Congo-Kinshasa. Pour Navi, à Masisi, ‘‘des allégations portant sur plusieurs centaines de morts sont toujours en train d’être vérifiées. Néanmoins, les rapports préliminaires suggèrent qu’un nombre important de personnes, pour la plupart des femmes et enfants, auraient été massacrés. La brutalité même de ces tueries dépasse tout entendement. Dans certains cas, les attaques contre des civils pourraient constituer des crimes contre l’humanité’’. Dans ce rapport pour lequel Roger Meece a exprimé sa profonde préoccupation, il y a eu des nouveaux massacres des civils dans le territoire de Masisi. A en croire le Patron de la Monusco, ‘‘la détérioration de la situation sécuritaire générale dans le Nord-Kivu suite à la mutinerie du M23 et aux attaques impitoyables contre les civils qui y sont liées, est extrêmement alarmante’’.

Pour sa part, Navi Pillay a appelé, à cette occasion, tous les groupes armés à cesser immédiatement les attaques contre les civils et a noté les conséquences possibles pour les personnes responsables de telles attaques, en se référant à la récente condamnation, par la CPI, de Thomas Lubanga. Alors que la ligne de défense prise par Kigali peine à convaincre les diplomates à New York, un nouveau rapport de l’Onu, tout aussi accablant, fait état de nouveaux massacres des civils dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, juste au début de ce mois d’août finissant. Ces massacres, indique-t-on, font suite à une série d’attaques violentes commises par des groupes armés ciblant systématiquement la population civile. M. Roger Meece qui a exprimé hier, mercredi 29 août, à Genève, sa profonde préoccupation quant à ce, a déclaré que : ‘‘la détérioration de la situation sécuritaire générale dans le Nord- Kivu suite à la mutinerie du M23 et aux attaques impitoyables contre les civils qui y sont liées, est extrêmement alarmante’’.

Violations graves des droits de l’homme

Dans cette zone montagneuse à accès très difficile, le Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme qui y a effectué quatre missions, a documenté plus de 45 attaques d’environ 30 villes et villages et ce, depuis le mois de mai dernier, plus précisément dans les groupements Ufamandu I et II, dans le territoire de Masisi. S’agissant des auteurs de ces attaques, le rapport cite, entre autres, le groupe armé Raïa Mutomboki et le Groupe armé ‘‘Nyatura’’. Du bilan, outre le fait des violations graves des droits de l’homme, l’on parle des massacres des civils, destructions, pillages d’habitations et de biens, ainsi que le déplacement massif des milliers de civils. Bien plus, ‘‘des allégations portant sur plusieurs centaines de morts sont toujours en train d’être vérifiées’’, a soutenu pour sa part, Navi Pillay, Haut Commissaire aux droits de l’Homme.

Avant d’ajouter que : ‘‘…les rapports préliminaires suggèrent qu’un nombre important de personnes, pour la plupart des femmes et enfants, auraient été massacrés. La brutalité même de ces tueries dépasse tout entendement. Dans certains cas, les attaques contre des civils pourraient constituer des crimes contre l’humanité’’. A en croire ce nouveau rapport qui est passé au crible hier à Genève, en Suisse, au siège du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, ces attaques des villages orchestrés par le Raïa Mutomboki et les Fdlr auraient été facilitées suite à l’augmentation de vides sécuritaires exacerbés par les désertions de l’armée en avril, suivies de la création du M23 et du redéploiement de certaines unités des Fardc, pour contenir le M23.

Ce faisant, certains groupes armés auraient profité pour agrandir leur zone d’influence, souvent en menant, en même temps, des attaques brutales contre les civils. Un appel à la cessation des attaques contre les civils A cette occasion de la mise au point sur la situation en RD-Congo, le Haut Commissaire aux Droits de l’Homme a appelé tous les groupes armés à cesser immédiatement les attaques contre les civils et a noté les conséquences possibles pour les personnes responsables de telles attaques, en se référant à la récente condamnation, par la CPI, de Thomas Lubanga. Le patron de la Monusco, M. Roger Meece a souligné le fait que la mutinerie du M23 ait nécessité que les Fardc et la Monusco transfèrent des ressources hors de certaines zones. M. Meece a saisi cette opportunité, pour souligner les récentes activités menées par la Monusco pour la protection des civils dans les zones les plus affectées par les Raïa Mutomboki et les Fdlr. Enfin, le Représentant Spécial de Ban Ki-moon en RDC a salué le récent engagement pris par les autorités rd-congolaises de déployer des troupes dans ces zones et en a profité, pour réitérer la priorité que la Monusco accorde à la protection des civils.

La Pros.   

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Rébellion du M23 : la RDC préconise des sanctions contre le Rwanda

 
De gauche à droite, Raymond Tshibanda Ntungamulongo, Ministre des Affaires Etrangères, coopération Internationale et Francophonie de la République Démocratique du Congo et Madame Louise Mushikiwabo, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération de la République du Rwanda le 19/06/2012 à Kinshasa, lors d’une visite officielle. Radio Okapi/ Ph. Yves KumwambaDe gauche à droite, Raymond Tshibanda Ntungamulongo, Ministre des Affaires Etrangères, coopération Internationale et Francophonie de la République Démocratique du Congo et Madame Louise Mushikiwabo, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération de la République du Rwanda le 19/06/2012 à Kinshasa, lors d’une visite officielle. Radio Okapi/ Ph. Yves Kumwamba

Au cours de son audition par le Comité des sanctions du Conseil de sécurité, le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda a réclamé des sanctions contre le Rwanda, accusé de soutenir la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) qui sévit dans l’Est de la RDC. Son homologue du Rwanda a égalemnt été entendue le même jour.

Une annexe du rapport annuel du Comité des sanctions de l’ONU sur la République démocratique du Congo, publié en juillet dernier, accuse les forces armées rwandaises de « fournir du matériel militaire, des armes, des munitions et des fournitures diverses aux rebelles du M23 ».

« Tout le monde sait que le M23 est une façade qui cache une agression de la RDC par le Rwanda. Mais notre conviction est qu’une action décisive du Conseil de sécurité est un complément indispensable au dialogue et à l’action politique et diplomatique si on veut obtenir un changement de comportement du Rwanda », a déclaré Raymond Tshibanda.

De son côté, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a accusé Steve Hege, le chef des experts des Nations unies qui ont rédigé ce rapport, de « mener une vendetta » contre son pays.

Un conseiller du président rwandais, Paul Kagame, qui a présenté la réponse du Rwanda face aux accusations des experts des Nations unies, a notamment affirmé que  le camp militaire pointé par ces experts, et censé abriter des rebelles du M23 près de l’aéroport de Kigali, n’est pas adapté à des entraînements et que les munitions trouvées dans l’arsenal du M23 ne sont pas du même type que celles utilisées par l’armée rwandaise.

Les deux ministres ont été entendus séparément et à huis clos.

Plusieurs sources affirment que la réponse du Rwanda n’aurait pas convaincu la plupart de diplomates présents dans la salle.

Les membres du Conseil de sécurité soutiennent les conclusions des experts et demandent au Rwanda de cesser tout soutien aux rebelles du M23 et respecter la souveraineté de la RDC.

C’est en juin dernier que le gouvernement congolais a saisi le Conseil de sécurité des Nations unies pour dénoncer l’implication de Kigali dans l’instabilité au Nord-Kivu.

Dans une correspondance datée du 14 juin, Raymond Tshibanda, a demandé à cet organe des Nations unies de «rappeler le Rwanda à ses obligations internationales et exiger le retrait immédiat et sans conditions de ses forces armées qui se dissimuleraient dans les rangs de la rébellion».

Plusieurs pays ont suspendu leur aide au Rwanda à la suite des accusations de soutien de Kigali au M23.

Les Etats-Unis ont annoncé, début août, la suspension de leur aide de 200 000 dollars américains.

L’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède leur ont emboîté le pas, annonçant à leur tour  la suspension de leurs aides au Rwanda.

En visite en RDC, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a déclaré, jeudi 23 août, que si des sanctions doivent être prises contre le Rwanda, elles devraient être consécutives à des concertations au niveau de l’Union européenne ou des Nations unies.

radiookapi.net

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Kananga : l’ITIE sensibilise les acteurs miniers à la transparence

 
Diamant de la MibaDiamant de la Miba

Les représentants de la société civile, de l’administration publique et ceux des régies financières ont été sensibilisés sur l’importance de la transparence dans l’exploitation des richesses minières le mercredi 29 août à Kananga au Kasaï-Occidental. Le coordonnateur de l’Initiative pour la transparence de l’industrie extractive (ITIE/RDC), le professeur Mac Jérémie Dumba leur a expliqué que l’ITIE vise à renforcer la bonne gouvernance en améliorant la responsabilisation des acteurs du secteur minier.

L’ITIE est un outil régulateur qui permet au public de connaitre les revenus des ressources naturelles, le but final étant d’accroître les transactions dans ce domaine, a expliqué le professeur Mac Jérémie Dumba :

«  L’ITIE a pour objet de lutter contre la corruption et les mauvaises pratiques dans l’exploitation des ressources naturelles grâce à un procédé très simple. Les entreprises publient ce qu’elles paient à l’Etat et celui-ci publie ce qu’il reçoit de ces entreprises. Puis, on calcule les écarts ».

Le coordonateur de l’ITIE/RDC a appelé la société civile à s’unir afin de pouvoir jouer son rôle. En effet, les organisations de la société civile jouent un rôle clé dans l’ITIE pour préconiser l’engagement, surveiller le processus de mise en œuvre et aider à garantir la vulgarisation et la compréhension des rapports de l’ITIE.

Créée en 2002, l’ITIE est un processus à travers duquel les parties prenantes mettent à la disposition les chiffres sur les revenus et les recettes de l’Etat issus de l’exploitation des ressources minières et pétrolières tel que les redevances, les impôts, les bonus de signature, les bonus de production, et autres taxes diverses, à travers des rapports.

Les pays concernés par la mise en œuvre de l’ITIE sont ceux qui produisent le pétrole, le gaz et les minerais. Même si l’ITIE est une norme internationale mais sa mise en œuvre relève de la responsabilité des gouvernements nationaux avec la participation  active de la société civile et des industries extractives. Les opérateurs du secteur minier du Kasaï-Occidental n’envoient pas leurs rapports à l’ITIE/RDC ce qui explique cette séance de sensibilisation.

radiookapi.net

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Guerres à répétition au Nord-Kivu Des pasteurs de la SADC veulent parler à Kagame et Museven

Selon Radiookapi, un groupe de pasteurs membres du Conseil des Evêques des Eglises Evangéliques de Réveil et Pentecôtistes de la SADC (Communauté de Développement de l'Afrique Australe) a officiellement écrit aux présidents rwandais, Paul Kagame, et ougandais, Yoweri Museveni, pour solliciter des audiences. Au menu d'éventuels entretiens entre ces ministres de Dieu et les deux chefs de l'Etat, il y a le dossier des guerres à répétition au Nord-Kivu. 

L'objectif visé est d'obtenir d'amples explications sur les tenants et aboutissants de l'insécurité récurrente dans la partie Est de la République Démocratique du Congo. Les hypothétiques hôtes de Kagame et Museveni pensent que la pleine connaissance des causes visibles et invisibles de la guerre de l'Est de la RDCongo pourrait aider à mieux explorer les pistes de sortie de crise. Dans l'hypothèse où le Rwanda et l'Ouganda auraient des revendications particulières à faire valoir au titre d'appuis militaires et financiers à des mouvements rebelles congolais dans le passé (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo, Rassemblement Congolais pour la Démocratie, Mouvement de Libération du Congo, Congrès National pour la Défense du Peuple, Mouvement du 23 Mars 2009), il serait temps de jouer cartes sur table.

Parlant en qualité de président en exercice de ce conseil, l'archevêque Paulin Mwewa a laissé entendre que ses pairs attendent avec impatience les réponses des maîtres de Kigali et Kampala à leur requête. Ces hommes d'églises ont effet suivi, comme tout le monde, les graves accusations du panel d'experts de l'ONU faisant état de l'implication du Rwanda et de l'Ouganda dans les activités des rebelles du Mouvement du 23 mars au Nord-Kivu.

Se confiant toujours à la radio onusienne, ce pasteur congolais a indiqué que le pressing à exercer sur Kagame et Museveni va dans le même sens que la pétition que compte remettre incessamment une délégation des chefs des confessions religieuses congolaises au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

L'entrée en jeu des serviteurs de Dieu de la sous-région de l'Afrique Centrale montre, si besoin est, que le dossier sécuritaire du Nord-Kivu préoccupe les peuples de plusieurs Etats, soucieux de voir le spectre de la guerre s'éloigner de la RDC, et partant de la sous-région des Grands Lacs. Car, si notre pays implose, les dégâts seraient considérables non seulement en Afrique Centrale et Orientale, mais également dans d'autres parties du continent.

La grande inconnue reste l'accueil que Paul Kagame et Yoweri Museveni pourraient réserver à la main tendue des évêques de la SADC. Les observateurs pensent que ces deux Chefs d'Etat, qui se savent honnis dans plusieurs capitales du continent, risquent de n'y accorder aucune attention et même de l'ignorer superbement. Il serait peut-être illusoire de croire échanger avec les deux parrains traditionnels des rébellions congolaises, qui n'ont jamais accepté leur rôle de pyromanes. Mais, rien n'empêche les pasteurs de la SADC de tenter quelque chose auprès de deux personnalités qui sont restées sourdes aux interpellations de la communauté internationale.

A cet égard, il serait plus réaliste de privilégier la piste du Secrétariat général des Nations Unies, où un lobbying a plus de chance d'avoir des retombées positives sur ce qui se passe au Nord-Kivu.

Kimp

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