Kabila officier rwandais

Les nouvelles du front de l'Est ne sont guère réjouissantes. Pire, elles sont décevantes pour un grand Congo à la dimension continentale. Les villes tombent, les unes après les autres, entre les mains de quelques milliers des petits soldats rwandais. Pendant ce temps, monsieur Kabila, comme d'habitude, fait la langue de bois aux Congolais.

Il est vrai qu'on ne nous dira jamais combien de soldats FARDC sont engagés au front de l'Est, il est vrai que, pour des raisons "stratégiques", on ne nous dira pas les moyens engagés pour sécuriser les autres villes qui ne sont pas encore tombées entre les mains des Rwandais . Mais tout porte à croire que monsieur Kabila est en train de rouler les Congolais dans la farine. En effet, d'après les images venant du Nord Kivu, nous ne voyons aucune présence dissuasive des FARDC, qui peut nous prouver que ces villes sont gardées, sécurisées. La population, abandonnée à elle-même, vit dans la peur. C'est ce qui fait qu'au moindre bruit des bottes de l'ennemi, elle s'enfuit dans tous les sens pour se mettre à l'abri. Kabila comme son gouvernement ne peuvent nous dire qu'ils contrôlent quoi que ce soit sur la situation à l'Est du Congo.

Devant tant des zones d'ombre, beaucoup de Congolais dénoncent la trahison au haut sommet de l'Etat. On ne se voile pas la face. C'est Kabila, lui-même qui est visé. Il devra, sans tarder, s'expliquer devant les députés à l'Assemblée Nationale. Kabila sait qu'ils sont plusieurs qui ne l'aiment pas à la tête de l'Etat à cause de sa nationalité rwandaise. Il est vrai aussi que jusqu'à ce jour, il n'a rien fait pour se rapprocher du peuple congolais. Le mutisme qu'il entretient constamment est interprété non seulement comme de l'arrogance, mais aussi de la méprise envers le peuple congolais. La gestion de la nouvelle guerre de l'Est conforte les Congolais dans cette conviction.

Lumbamba Kanyiki