Est-ce une simple question de bon sens ou une préoccupation légitime? Les réalités du terrain sont éloquentes. En effet depuis un bon nombre d'années, on observe un boum dans l'implantation des établissements d'enseignement supérieur et universitaire dans la capitale de la province du Kasayi Occidental. Bravo les gars."Kwetu kutante byaku". Les données ci-après illustrent aussi bien l'engouement des candidats étudiants que l'émergence de ces multiples foyers du savoir qui éveillent l'élan de la promotion sociale dans tout ce Kasayi.
 
Inventaire sommaire des établissements.
 
Celui qui arrive à Kananga aujourd'hui et qui cherche à savoir si ces instituts et universités existent, il a une seule réponse: "Oui", ils existent. Il s'agit de: - 1° L'Institut Supérieur Pédagogique de Kananga(ISP), avec monsieur l'abbé Tshimbombo comme directeur général, messieurs Bushabu, Kanku et Nyoka, respectivement secrétaire général académique, secrétaire général administratif et administrateur de budget. Tous des professeurs. - 2° L'Institut Supérieur de Dévéloppement Rural(ISDR) dirigé par un comité de gestion composé de monsieur l'abbé-professeur Bukasa comme directeur général, professeur Badibanga Kancyama comme secrétaire général académique, du chef de travaux(doctorant) Kabemba Tubelangane comme secrétaire général administratif et de l'assistant Wishiya comme administrateur de budget. - 3° L'Institut Supérieur des Techniques Médicales(ISTM), avec à sa tête le cardiologue Malu Kanku comme directeur général, le chef de travaux Bope Mathieu comme secrétaire général administratif et monsieur Muzeke dans les fonctions d'administrateur de budget. - 4° L'Institut Supérieur des Etudes Statistiques(ISES), tenu par le professeur Mukadi Lwaba en qualité de directeur général, le professeur Martin Bakole Mwanza comme secrétaire général académique, madame Bope comme administrateur de budget.- 5° L'Université de Kananga(UNIKAN), l'ancienne extension de l'UNILU. Le professeur Mulowayi Dibaya, alias Dewayo la dirige comme son recteur, aidé dans ses fonctions par le professeur Mulamba Ngeleka comme secrétaire général académique; Ntumba Ngandu et monsieur Kasonga respectivement secrétaire général administratif et administrateur de budget.- 6° L'Université Notre dame de Kananga( UKA) que tiennent en maître l'abbé-professeur Kabasele Mukenge en tant que recteur, l'abbé-professeur Banyingela Kasonga qui exerce les fontions de secréare général administratif et le père Gregoire Mashala qui gère les finances comme administrateur de budget de l'Université. 7° L'Université presbytérienne de la Ndesha(UPRECO) gérée par l'équipe du pasteur-professeur Mulumba Musumbu.- 8° Grand séminaire(théologicum) interdiocésain de Malole, placé sous la direction de l'abbé-professeur Kitenge Mwembo, du diocèse de Kabinda. - 9° L'Institut Supérieur des Sciences Religieuses que coordonne monsieur l'abbé-professeur Lufuta, assisté dans ses fonctions par Florent Walelu.- 10° Grand séminaire(philosophicum) de Kabwe, avec à sa tête, monsieur l'abbé-professeur Martin Bayamba.- 11° Le Centre Interdisciplinaire de Développement et d'Etudes Publics(CIDEP) que coordonnent Donatien Ngalamulume Mubengayi au niveau provincial et Martin Lufu.
 
Comme on peut bien le constater, j'ai limité mon inventaire à la ville de Kananga seulement. Toutefois et pour un besoin purement informatif, je tiens à signaler que bon nombre d'autres établissements garnissent l'arrière de la province chère à Ngal'a Ndenga. On compte un institut supérieur de commerce à Ilebo. Un institut supérieur pédagogique à Lwiza, à Bilomba, à Kabulwanda, à Tshikapa et un institut supérieur des techniques médicales à Ndekesha, que dirige l'équipe du chef de travaux Donatien Balekelayi Beya. Que dire de l'école des officiers militaires élevée au rang de l'académie militaire depuis la triste ère de Kisempya? D'autres instituts supérieurs sont en gestation. C'est notamment le cas de l'ISTM/Tshikaji, pour permettre aux élèves et futurs étudiants de l'hôpital "Bon berger" à mieux faire leurs stages. Mais aussi l'ISC de Kananga qu'amenerait comme directeur général, le docteur Ngalamulume Kamba, qui vient de soutenir sa thèse à Kinshasa.
 
"O tempora, O mores", disent les latins. Il y a un temps pour toute chose. Hier, les fils et les filles de Kananga allaient à Lubumbashi ou  à Kinshasa pour apprendre les sciences nouvelles. Mais aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Ce nombre croissant des sites du savoir leur a permis d'avoir du gâteau sur le plateau-"Dikeba ndyody'edi mu bula"-, de côtoyer la science à portée de mains. Faudra-t-il la laisser encore s'envoler dans les airs de l'infini où elle sera insaisissable ou bien l'ingurgiter à son aise pour le besoin de la promotion sociale locale d'abord et ensuite celui de l'humanité toute entière? L'homme sage bâtit sa maison, dit-on.
 
Efforts d'appropriation des acquis de base.
 
De tous ces établissements, aucun n'a un faible effectif. Leurs populations estudiantines varient entre mille et trois mille étudiants. Ce qui témoigne le besoin d'apprendre des sciences nouvelles récensé chez les jeunes ados finalistes des humanités, les assistants, les chefs de travaux et même les agents et fonctionnaires de l'Etat désireux d'approfondir des connaissances dans leurs métiers.
 
Face à cet engouement que je peux appeler la demande, l'offre devant provenir de l'Etat créateur desdits établissements aurait un prix, celui d'encourager ces initiatives par des actions programmées et constructives, afin de  pouvoir combler ce besoin criant du savoir. En termes clairs, comme partout dans le monde, l'Etat mettrait en place des conditions favorables à la réussite des cours par les apprenants. Il construirait des bâtiments pour études, des bureaux pour des professeurs, organiserait le parc de la mobilité et, pour répondre aux impératifs de l'heure, doterait toutes ces écoles des outils de la nouvelle technologie de l'information.
 
Comme on peut bien s'y attendre, il s'est limité à pondre les arrêtés créant ceci, organisant cela. C'est tout. Quel mirage! A cause de ce comportement d'un parent peu soucieux des besoins de ses enfants, les natifs de Kananga nommés aux différents échelons de commandement de ces écoles n'ont pas baissé les bras. Ils ont relevé leurs têtes en cherchant des voies et moyens pour non seulement conserver ces acquis de base déjà obtenus légalement, mais ils se sont aussi mobilisés pour les viabiliser au profit des besoins locaux des populations estudiantines.
 
En dehors de vielles infrastructures déjà existantes comme celles de l'ISP, de Malole et de Kabwe, mieux aussi de l'académie militaire, il est à noter que l'Uka continue à construire les auditoires et même les homes pour les étudiantes et étudiants à Kambote. L'ISDR y va, mais pas sûrement à Mwimba, localité située dans la commune verte de la Nganza. L'UNIKAN s'inscrit dans la même logique et a commencé ses constructions à Ntambwe saint Bernard, localité proche de la rivière Lungandu et l'aéroport national de Kananga. L'ISTM du professeur Malu Kanku se construit les bâtiments à Tubuluku.
 
D'une source sûre, j'apprends que l'Etat a instruit chaque comité de gestion de percevoir le montant de vingt-cinq dollars inclus dans les frais d'études de chaque étudiant pour les "efforts de construction". Ce montant est exclusivement destiné à construire les auditoires et bureaux dans des établissements nouvellement agréés. Si c'est de cette manière que l'Etat, par le biais du Ministère de l'enseignement supérieur, universitaire et de recherches scientifiques se dédouanne de charges de construction, qu'il plaise à Dieu que les gestionnaires desdits fonds s'assagissent, aiment leur Pays, leurs contrées et les jeunes générations qui devront étudier dans ces immeubles. Ce n'est pas leur argent. C'est l'argent du peuple qui sert à cultiver et à consolider les fibres de la solidarité humaine entre tous.
 
Car la cupidité, l'envie et la mauvaise gestion que moult personnes décrient ailleurs, tentent et attrapent aussi ceux qui apparaissent comme des saints. Sur ce point précis, l'opinion s'inquiète des échos peu responsables du projet "Canada-ISDR" qui a bien commencé, mais dont l'exécution est devenu un sujet tabou jusqu'à ces jours. Même pas l'ombre de multiples matériels reçus: ordinateurs, groupes électrogènes, etc. Pitié pour mon peuple!
 
Cependant, à côté de l'ISDR, dans la même ville et sur fonds propres, d'autres établissements s'y sont bien pris dans ce cadre d'auto-financement. C'est le cas de l'ISP qui n'avait rien reçu de ce projet, mais qui est parvenu à organiser un centre informatique moderne où les enseignants et les étudiants passent et repassent pour des recherches. En vrais pionniers, les responsbales de nouvaux établissements devraient se fier à la voix de leurs coeurs pour servir d'abord les intérêts de la communauté au détriment des leurs. Ce n'est que par des sacrifices que les efforts de construction physique et mentale porteront des fruits. 
 
Kananga devenue une ville universitaire n'aura un impact sur l'échiquier mondial que si et seulement si les dirigeants de ces centres d'excellence se remettent en question, aiment leur ville et contribuent ainsi à promouvoir le bien-être social de leur environnement.
 
Le contenu de cet article vous concerne aussi, vous qui avez Kananga comme terre-mère, gardienne de vos rêves. Ceux qui sont sur place se sont donné la peine de planter une fleur. Ils l'arrosent chaque jour, même s'ils sont sûrs qu'à un certain moment, ils se fatigueront. L'union fait la force, se disent-ils. Ils sollicitent votre assistance afin que cette fleur ne fane pas. Ils souhaitent que cet arsénal d'établissements, flambeau de victoire scientifique  reste allumé dans les auditoires de divers campus de la ville. Que partout au monde l'on dise" Les voilà en synérgie pour bâtir un sion nouveau". Kananga appartient à tous, à vous qui y vivez maintenant, mais surtout à ceux qui en éprouvent la nostalgie, ceux qui, dans les réceptions festives et dans les cérémonies lugubres en Europe, Amérique ou en Asie, se servent de ciluba comme marque d'attachement à leur amour primaire.
 
 "Cyambidi bwalu, bwalu kabwabu"."Kwapwa kwa mudimi, kwashala kwa mudimina"." Malandy'a Nshinga mbujitu bwetu bonso". "Tudimine baba, nku kudya kwetu". "Cyadima umwe cyadya bangi".

Os.