29 février 2012

Evariste Boshab nie avoir détourné la prime du personnel administratif de l’Assemblée nationale

Evariste Boshab, secrétaire général du PPRD, lors de la clôture du 2ème congrès de son parti politique le 21/08/2011 au stade des martyrs à Kinshasa. Radio Okapi/ John BompengoEvariste Boshab, secrétaire général du PPRD, lors de la clôture du 2ème congrès de son parti politique le 21/08/2011 au stade des martyrs à Kinshasa. Radio Okapi/ John Bompengo

Évariste Boshab, l’ancien président de l’Assemblée nationale a-t-il détourné la somme d’un milliard de francs congolais (1 085 000 dollars américains) destinée à la paie de la prime du personnel administratif de l’Assemblée nationale et de ses collaborateurs ? La presse kinoise le pense. L’incriminé nie et déclare que ces accusations sont l’œuvre d’«un syndicaliste instrumentalisé » par ses détracteurs politiques.

Le premier journal à mettre ces accusations sur la place publique : Africa News. Dans son édition de lundi 27 février, ce quotidien exploite un rapport de mission effectuée par les syndicalistes de l’Assemblée nationale aux ministères du Budget et des Finances sur la prime du personnel administratif de cette institution pour la période allant de janvier à décembre 2011.

Selon le journal, il ressort de ce rapport transmis au bureau provisoire de l’Assemblée nationale, qu’une partie des salaires dûment liquidés par le trésor public n’est pas arrivée à destination. Et Africa News d’accuser, citant le rapport, Evariste Boshab le président sortant de l’Assemblée nationale, Dieudonné Bolengetenge le questeur sortant et Déo Indulu, le chef de division des finances sortant d’avoir détourné ce fonds.

A titre d’exemple, le rapport évoque des écarts de près de 182.900 dollars américains pour le mois de mai 2011 et de 128.800 dollars américains pour celui d’avril 2011. Le cabinet Boshab, selon la même source, aurait donc dédoublé la catégorie «Députés» déjà rémunérée au point «Bureau de l’Assemblée nationale».

Evariste Boshab affirme que ce rapport n’émane pas de tous les sept syndicats qui fonctionnent à l’Assemblée nationale. «Il ne s’agit pas de syndicalistes, mais plutôt d’une organisation maffieuse qui pense qu’elle aurait ses lettres de noblesse en jetant mon nom dans la boue», déclare-t-il.

Il dit ne pas être impliqué de près ni de loin dans un quelconque détournement de rémunération des fonctionnaires de cette institution :

«Ces dépenses ne sont pas de la compétence du président de l’Assemblée nationale. Conformément au règlement financier de l’Assemblée nationale, les états de paie sont élaborés au niveau de l’administration et supervisés par le questeur de l’Assemblée nationale. »

Evariste Boshab estime qu’il s’agit dans cette affaire d’un acte de mauvaise foi.

« Elle est tellement manifeste qu’on réduit finalement le président de l’Assemblée nationale au niveau de l’agent payeur (…) Il s’agit plutôt de la volonté de nuire », dit-il.

radiookapi.net

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UDPS: Jacquemin Shabani porte plainte contre l’ANR et la DGM pour tortures

 
 
Le secrétaire général de l'UDPS, Jacquemin Shabani ce 21/07/2011 à Kinshasa, lors d'une conférence de presse. Radio Okapi/ Ph. John BompengoLe secrétaire général de l’UDPS, Jacquemin Shabani ce 21/07/2011 à Kinshasa, lors d’une conférence de presse. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

 

Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Jacquemin Shabani, a déposé une plainte contre les services de l’Agence nationale de renseignement (ANR) et de la Direction générale des migrations (DGM) au parquet général de la République. Cette plainte fait suite aux « tortures dont il a été victime » lors de son interpellation à l’aéroport international de N’djili à Kinshasa. C’est ce qu’a indique à la presse, ce mercredi 29 février, le secrétaire général adjoint de l’UDPS, Raymond Kahungu. 

Dans sa plainte déposée le lundi 27 février, Jacquemin Shabani accuse les services de l’ANR de l’avoir torturé lors de son interpellation, mercredi 8 février, lorsqu’il voulait s’embarquer pour aller répondre à une invitation en Allemagne

«Après l’avoir dévêtu et recouvert la tête d’un tissu, de l’eau a été versée dessus à partir d’un robinet et, sa respiration devenant très difficile, la victime a été mise dans l’angoisse d’une mort prochaine par asphyxie», a rapporté Raymond Kahungu lors de ce point de presse. 

A ce jour, l’UDPS juge très préoccupant l’état de santé actuel de son secrétaire général. «Il est en pleine reconstruction mentale et morale après avoir subi la torture de l’eau.», a précisé Raymond Kahungu à Radio Okapi.  

Selon lui, les examens médicaux ont été effectués sur Jacquemin Shabani dans la clandestinité, par crainte des représailles sur la victime ou le personnel soignant. 

Le parti d’Etienne Tshisekedi exige que l’ANR et de la DGM restituent le passeport et les effets personnels de Jacquemin Shabani «dans l’immédiat pour lui permettre de suivre les soins appropriés en toute sécurité et quiétude dans un pays de son choix, autre que la République démocratique du Congo». 

Lundi 13 février, le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende Omalanga, avait affirmé que les services de migration ont retrouvé dans l’ordinateur portable de Jacquemin Shabani la matrice des tracts et plusieurs autres documents dont des photos faisant état des violations graves des droits de l’Homme pendant la période électorale en RDC.

radiookapi.net

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Kasai Occidental: Insécurité à Kazumba

Depuis l'assassinat de la soeur Mapalay à Kananga, l'insécurité s'est accentuée avec la chasse à l'homme.
Apparemment le Parti Pourri Responsable de la Destruction du Congo (PPRD) craint une fuite d'informations. Lesquelles ? Personne ne saurait répondre à cette question sauf, peut-être, la défunte ou les témoins qui n'osent pas délier leurs langues à cause des menaces de mort.

Bien que les responsables politiques aient soutenu que le crime n'était pas politique, il semble que la soeur détenait certaines informations compromettantes pour le pouvoir et elle se serait confiée à certains de ses proches du clergé de Kananga, d'après les renseignements du pouvoir en place. Avec la surveillance des communications au Congo, les services de sécurité ont fiché tous ceux qui étaient en communication avec la défunte ou ceux qui ont donné des informations relatives à sa mort. C'est ainsi qu'un certain nombre des religieux dans la ville de Kananga et les environs dont les écoles de Mikalayi et Kabue (petit séminaire) ont été visités la nuit ou ont reçu des menaces de mort. Un commando lourdement armé est actuellement signalé dans le coin précité pour éliminer certains prêtres qui ont dû fuir leurs établissements scolaires. La police de Kazumba a refusé d'intervenir faute de moyens logistiques pouvant lui permettre de faire face à l'armada du commando. La Monusco, qui prétend protéger les populations au Congo, n'a pas trouvé important de se rendre sur le lieu pour ne fut-ce que s'enquérir de la situation d'insécurité décriée par la population locale. On comprend son silence sur les circonstances de l'assassinat de la religieuse et son refus de relayer des informations sur ses funérailles. La population se pose des questions de savoir si elle n'est pas complice car les armes sophistiquées utilisées par le commando ne sont pas détenues par la police et l'armée régulières du Congo. On ne les retrouve qu'à la Monusco et à la Garde Républicaine, milice du président Kabila.

Des informations en notre possession, suite à l'intervention des autorités religieuses, il semble que ce matin les autorités provinciales aient enfin accepté de dépêcher des gardes sur les lieux. A voir le silence des responsables militaires de la région dont le parcours n'est pas très élogieux, on se demande si on peut avoir confiance quand on sait que les religieuses de la ville avaient mené les mêmes démarches avant que leur consoeur ne soit poignardée. Pour répondre à toutes ses interrogations, on pourrait se poser déjà une dernière question : à qui profite le terrorisme d'état instauré au Congo depuis les élections de 2011? Au lieu de faire des enquêtes qui n'aboutissent jamais, si les autorités congolaises pouvaient savoir que gouverner c'est aussi prévoir,  ce serait mieux et cela n'est possible qu'à condition que le bien-être de la population soit le souci majeur des dirigeants en place.

Chuma

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28 février 2012

Insécurité à Mbuji-Mayi : le commissaire de police condamne « le laisser aller » de ses hommes

 
 
Défilé de la police à Kisangani, décembre 2010.Défilé de la police à Kisangani, décembre 2010.

 

Au cours d’un échange lundi 27 février avec les chefs de grandes unités de la police, le commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC), le général Patience Mushid Yav a appelé ses hommes à mettre fin à la montée de l’insécurité observée depuis quelques temps à Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental). Il a fustigé aussi « un laisser aller » de la part de ses hommes.

Trois maisons d’habitations ont été attaquées par des hommes armés dans la nuit de dimanche 26 au lundi 27 février à Mbuji-Mayi. Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée mais des témoins renseignent que les assaillants ont emporté des biens de valeurs et d’importantes sommes d’argent.

La plupart des victimes de ces cas d’agressions attribuent ces actes aux hommes armés habillés en tenue policière et militaire.

Conscient de l’ampleur de l’insécurité, le commissaire provincial condamne « un relâchement » dans le commandement des éléments de la police. Il dénonce aussi l’attitude des victimes qui ne dénoncent pas les malfaiteurs auprès des autorités de la police.

Par ailleurs, le général Patience Mushid Yav a annoncé l’ouverture d’une enquête pour démanteler le réseau de ces malfaiteurs.

Mais pour la société civile locale, ces mesures ne mettront pas fin à l’insécurité dans la ville. Selon elle, cette situation est due au nombre réduit de policiers et à la distance qui sépare les postes des commissariats de la police et la population.

radiookapi.net

 

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Division 1 : DCMP, Lupopo et Tshinkunku battent Saint-Luc, Makiso et Elima



Trois rencontres, en retard de la deuxième journée de la compétition nationale de football, se sont jouées le 25 février. Au stade des Martyrs à Kinshasa, Daring club Motema Pembe (DCMP) a battu Saint-Luc de Kananga par trois buts à un au terme d'une rencontre relativement facile pour les joueurs du nouveau coach des Immaculés, Fanfan Epoma.

Après une domination dans l'entrejeu, DCMP a ouvert la marque à la 29e minute par le biais de Yannick Bissio, alias Papa aye na sachet, son buteur attitré depuis le coup d'envoi de la nouvelle formule du championnat national. Il battait le gardien de but Luboya de Saint-Eloi de l'intérieur du pied sur une passe en profondeur du milieu offensif Kodi. C'était son troisième but après le doublé réussi à la première journée contre Elima à Boma. Yannick Bissio pouvait inscrire le deuxième but des Vert-et-blanc avant la fin de la première période s'il n'avait pas buté sur le gardien de Saint-Luc. Toutefois, DCMP est allé dans les vestiaires avec l'avance d'un but au tableau d'affichage.

En seconde période,  Saint-Luc est revenu avec les intentions de jouer son va-tout. À la 48e minute, l'attaquant Lema du club de Kananga, esseulé dans les dix-huit mètres à la suite d'un mouvement collectif rapide, a buté sur le gardien de but Moussa Sylla du DCMP. Alors que Saint-Luc tentait de reprendre le contrôle du jeu, Yannick Bissio Goal,  en pleine phase offensive, a été fauché dans la surface de réparation par un défenseur de Saint-Luc. L'arbitre Majende a promptement désigné un penalty, transformé à la 54e minute par le nouveau maître à jouer des Immaculés, Mukenga Mukendi surnommé Kuluwe. À la 66e minute, l'attaquant Ilunga de Saint-Luc réduisait l'écart sur penalty juste quelques minutes après sa montée sur l'aire de jeu. Mais à un quart de la fin de la partie, Mukenga Mukendi donnait le coup de grâce à Saint-Luc avec le troisième but des Immaculés consécutif à une bévue du gardien de but Luboya. Avec cette victoire, DCMP totalise six points et rejoint l'Olympic club Muungano de Bukavu en tête du classement ainsi que l'AS Vutuka de Kikwit, les deux clubs déjà vainqueurs en deuxième journée.

Dans les deux autres matchs disputés le 26 février, Saint-Eloi Lupopo de Lubumbashi s'est imposé face au Cercle sportif Makiso de la province orientale par deux buts à zéro. Lupopo totalise désormais quatre points après son match nul de zéro but partout contre Saint-Luc à Kananga au terme de la première journée. C'était cependant la deuxième défaite de Makiso après celle de Goma contre Virunga.

L'US Tshinkunku de Kananga, de son côté, s'est consolé de sa lourde défaite de la première journée (zéro but à cinq face à Mazembe à Lubumbashi). À domicile au stade des Jeunes de Kananga, les chasseurs (Bilembi) du Kasaï occidental ont soumis les Monstres d'Elima de Matadi par deux buts à zéro. Tshinkunku compte donc trois points. Par contre, c'est le deuxième revers d'Elima après la déconfiture de la première journée contre DCMP à Boma.

 Martin E. Mabada

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Kä Mana : «Il nous faut un projet dans notre mental pour la grandeur du Congo et de l’Afrique»



«Que faut-il faire pour que le Congo et l’Afrique, dont nous prenons le destin en main, soient réellement lumineux ?», s’est interrogé le professeur Kâ Mana dans l’introduction de son exposé. Le sous-thème développé par l’éminent théologien philosophe est «Reconstruire l’imaginaire africain pour gagner les batailles d’aujourd’hui et du futur».

Le professeur Philippe Biyoya, en ce qui le concerne, a planché sur «Les nouveaux itinéraires africains dans un monde global». C’était au cours d’une conférence-débat organisée par le Groupe de presse Le Potentiel, le samedi 25 février 2012, en la salle VIP de la paroisse Notre-Dame de Fatima à Gombe.

La conférence-débat sur le thème principal «La place de l’Afrique dans le monde d’aujourd’hui», se voulait riche en points de vue et dans la qualité des exposés d’une part, et du débat fructueux qui s’en est suivi, d’autre part. Le pari ne pouvait qu’être gagné à l’avance d’autant plus que tous les ingrédients étaient réunis : une assistance triée sur le volet parmi les élites intellectuelles et des conférenciers préparés en conséquence.

Pour le professeur Kâ Mana, qui a abordé le thème «Reconstruire l’imaginaire africain pour gagner les batailles du futur», l’heure est venue de reconstruire l’imaginaire congolais. Définissant le concept dans le contexte de son exposé, Kâ Mana le considère comme «un esprit capable d’imposer la présence de l’Afrique dans le monde aujourd’hui». Avant de s’interroger : «Que faut-il faire pour que le Congo et l’Afrique, dont nous prenons le destin en main, soient réellement lumineux ?» Dès l’entame, le professeur Kâ Mana donne le ton d’un discours aux allures d’interpellation voire de révolution. «Nous n’avons pas de réponse unique à donner, ni une seule route à montrer, encore moins des solutions prêt-à-porter», a-t-il répondu à sa propre question. Il indique cependant que «Nous cherchons à proposer à l’Afrique des orientations pour qu’elle réfléchisse et agisse. C’est la condition de possibilité pour l’Afrique à se donner une place dans le monde d’aujourd’hui», a-t-il précisé.

Kä Mana a également expliqué que la transformation d’une société dépend largement de la force, de la puissance de l’imaginaire collectif. Bref, de la conviction de tout un peuple. Par conséquent, l’Afrique devrait développer un système d’idées fondamentales qu’elle a soi-même adopté par rapport au monde.

Et ensuite, elle doit se configurer un certain mental en vue d’acquérir une place dans le monde.

Ce qu’il faut aux Africains, c’est une analyse, un déformatage et un ré-formatage de l’imaginaire Trois facteurs président donc à l’éclosion d’un bon système d’idées fondamentales, à savoir l’analyse de l’imaginaire, le formatage et le déformatage de celui-ci. Pour le professeur Kä Mana, cette analyse est un espace de fonctionnement de l’imaginaire qui se construit et se développe par rapport au passé, au présent et à l’avenir de l’Afrique. Parlant du passé de l’Afrique, l’orateur a fait savoir qu’il n’est pas important pour l’Africain de rentrer dans un discours qui n’a aucun impact aujourd’hui. Ce qu’il appelle «Onirisme», c’est-à-dire une activité mentale pathologique faite de visions et de scènes animées, telles qu’en réalise le rêve. Un tel discours ne peut rien produire. Car, il est par essence stérile et ne peut en aucune façon permettre à l’Africain de construire un imaginaire susceptible de lui garantir une place dans le concert des nations. Par conséquent, Kä Mana constate que l’imaginaire africain reste critique.

Une autre dimension de l’apport de l’Afrique au passé, dit Kä Mana, se résume dans un fantasme par rapport à notre défaite. «Nos relations avec l’Occident, argumente-t-il, est la conséquence de notre défaite. Notre apport au passé est fantasmique et onirique».

En ce qui concerne les rapports des Africains avec le présent, l’orateur note que «cet apport est traumatique. Car, l’Afrique est dominée», a-t-il ajouté.

Enfin, l’apport de l’Afrique par rapport à son avenir, «C’est un apport ménopausique», a-t-il noté, avant de signifier qu’il s’agit de l’incapacité de l’Afrique à pouvoir donner une force à son apport dans l’avenir. Explicitant sa pensée, il considère cet apport comme «oligo- spermatiquement vide. Un apport incapable de produire, d’imaginer». D’où, l’importance pour l’Afrique d’assumer son passé et construire un imaginaire fertile, susceptible de lui projeter dans l’avenir, en vue de remporter la victoire sur les batailles du futur.

Le professeur Kä Mana explique. «L’Afrique a toujours la capacité de s’imaginer un certain niveau de grandeur où, elle ne peut descendre, parce qu’elle se considère toujours grand». Il renchérit : «Notre situation de l’imaginaire par rapport à la valeur fondamentale laisse à désirer».

Formatage de l’imaginaire

Selon l’orateur, le formatage de l’imaginaire est un système de désirs formatés à partir d’une relation avec le monde qui nous a dominés. La structure des désirs explique Kä Mana, relève de tout le monde. Ce sont des désirs qui nous envoûtent. Se référant aux programmes des cours dans nos universités, le professeur souligne que «notre système des connaissances dans l’éducation est la fascination pure et simple de l’Occident dans nos cœurs». On étudie autre chose que ce que nous sommes, a-t-il martelé.

Ainsi, nous rêvons un système d’un certain rattrapage pour construire notre imaginaire. C’est un système de l’utopie.

Par conséquent, il nous manque le code de l’imaginaire. Nous possédons le code d’un mauvais mimétisme dont la conséquence est le manque d’une vision globale du monde.

Déformatage de l’imaginaire

Il est question ici, de «casser ce qui fait défaut à notre imaginaire pour construire quelque chose d’autre». Pour y parvenir, trois logiques s’imposent : la logique de l’efficacité, la logique de l’éthique du bien et du mal, ainsi que la logique de la spiritualité.

La logique de l’efficacité

Cette logique détermine l’imaginaire. Elle le rend capable de s’organiser dans les champs politique, économique et religieux. Et c’est ce qui manque à l’Afrique. Il lui manque une vision de l’efficacité de ce qu’elle fait. «Il n’est pas possible d’avoir une place dans le monde avec toutes les religiosités qui inondent nos rues», a constaté Kä Mana. Ajoutant que sans cette logique, l’Afrique est incapable de se construire un imaginaire pour un avenir meilleur.

La logique du bien et du mal

La logique de l’éthique du bien et du mal qui implique le fait de se configurer à partir des valeurs fondamentales, dans la vision du monde. «Il faut que le génie congolais du mal devienne le génie du bien», a argumenté le conférencier.

La logique de la spiritualité

Cette dernière logique exige un projet de l’être dans son ensemble. L’orateur souligne que le sens de spiritualité africaine en général et congolais en particulier, est complètement délirant. «L’Afrique, pense-t-il, est incapable de produire. Elle croit que tout doit lui tomber du ciel». Conclusion, sans l’application de ces trois logiques, il nous est pratiquement impossible de prétendre à une véritable politique de puissance.

Pour ce, nous devons mener une bataille à tous les niveaux de la formation de l’imaginaire. Et, l’Africain doit impérativement produire un projet pour le monde. Captivant ! Révolte et interpellation de toute l’assistance.

Que veut l’Afrique pour qu’elle existe ?

C’est par cette question, une fois encore interpellant que le professeur Philippe Biyoya, le deuxième orateur, introduit son exposé. Il a développé le sous-thème : «Les nouveaux itinéraires géopolitiques africains dans le monde global». Ce discours vient enrichir et compléter l’exposé de son prédécesseur.

Pour le prof Philippe Biyoya, l’avenir de l’Afrique dépend de sa capacité de se le construire. «Si nous voulons agir comme nation, une révolution du défi extérieur est impérative», pense-t-il. Il explique : «le formatage est un travail d’un système, d’un Etat. Mais la politique au Congo et en Afrique est devenue un lieu de séparation. Et les élections sont organisées pour nous affaiblir», a déploré le professeur Biyoya.

Il a également indiqué que l’Afrique ne se donne pas la liberté de faire le choix. Car, on ne peut pas apprendre à vivre avec le monde sans savoir ce qu’il est. Paraphrasant une sagesse chinoise, le prof Biyoya déclare : «Le problème n’est pas d’être un chat blanc ou noir, mais d’être capable d’attraper la souris». Le problème est donc culturel. Pour le conférencier, l’Afrique reste «l’Afrique présence, absence». C’est-à-dire, elle est là mais ne fait rien. Par-dessus tout, l’Afrique est appelée à élaborer un projet du Congo et de l’Afrique, le mettre dans le mental, pour que nous n’ayons pas un Congo et une Afrique du pessimisme de conscience en lui-même. Et le professeur Biyoya rassure : «Nous avons déjà un projet pour le combat de l’éducation».

Objectif de la conférence

A la fin du débat, l’Administrateur directeur général du Groupe de presse Le Potentiel a rappelé les objectifs poursuivis en organisant cette énième conférence. «Cette rencontre est loin d’être politique. Cependant, dans toute société, il faut une collaboration entre ceux qui pensent et ceux qui décident», a dit Freddy Mulumba Kabuayi. Avant d’ajouter : «Il faut également des hommes qui travaillent quand il y a quelque chose qui ne marche pas». Par conséquent, de telles rencontres sont une ouverture pour libérer l’imaginaire congolais. Pour ce faire, «Nous travaillons sur un projet contre la balkanisation de la RDC», a calmé l’organisateur.

Par ailleurs, vu l’intérêt des exposés, la richesse ainsi que la pertinence du débat qui s’en est suivi, cette conférence a mis quatre heures sans pause. Soit, de 13h à 17 heures. Et l’assistance est restée sur sa soif au moment où le modérateur annonçait la fin de la conférence.

Stanislas Ntambwe

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Ngandajika: le chef de la division provinciale des finances aux arrêts pour détournement de salaires

Le chef de la division provinciale des finances et l’ordonnateur des dépenses du Kasaï-Oriental sont devant la justice à Mbuji-Mayi, ont indiqué des sources judiciaires, ce lundi 27 février. Ils ont été mis en cause dans une affaire de détournement des fonds destinés à la paie des salaires des fonctionnaires du territoire de Ngandajika

Les deux responsables des finances de la province sont au cachot depuis le week end dernier. Ils sont poursuivis par le parquet général du Kasaï-Oriental pour complicité dans le détournement des fonds destinés à la paie des fonctionnaires du territoire de Ngandajika. L’instruction du dossier suit son cours normal. 

Ils ont été incriminés par une commission d’enquête dirigée par le vice gouverneur Bruno Kazadi Bukasa. C’est donc le gouvernorat qui a déposé la plainte à la justice contre le comptable publique 0515 pour détournement de plus de 166 millions de francs congolais (18000 USD), pour la paie de novembre et décembre 2011 ainsi que janvier 2012. 

Bruno Kazadi Bukasa a souhaité que la justice traite avec célérité ce dossier de détournements de salaires des fonctionnaires, de plus en plus récurrents dans cette province. 

Selon lui, le comptable Ramazani Tambwe est passé aux aveux devant la commission d’enquête. Il aurait déclaré que l’ordonnateur des dépenses et le chef de la division provinciale des finances soutirent chaque mois, chacun plus de un million de francs congolais ( 1085 USD) sur son enveloppe destinée à la paie des fonctionnaires de Ngandajika. 

Les fonctionnaires de l’Etat dans ce territoire avaient accusé, lundi 6 février, un comptable public d’avoir retiré de l’argent de leurs salaires de novembre et décembre 2011. Le chef de la division provinciale des Finances avait reconnu cette situation, indiquant que «le comptable est responsable des fonds qu’il retire seul à la banque».

radiookapi.net

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27 février 2012

Funérailles de Katumba Mwanke : La messe annulée à la Cathédrale au cœur d'une polémique



L'Archevêché de Kinshasa dément l'information selon laquelle le cardinal Laurent Monsengwo aurait refusé au PPRD de célébrer l'office religieux en mémoire de l'illustre disparu. La non-tenue de la messe de suffrage que l'Interfédéral PPRD/Kinshasa entendait organiser le 16 février, à la paroisse Notre-Dame de Lingwala, en mémoire du député national Augustin Katumba Mwanke, est aujourd'hui au centre d'une vive controverse. Les sons discordants entendus entre l'Archevêché et l'Interfédéral PPRD/Kinshasa autour de cette affaire auront fait les choux gras des médias parus ce week-end. Dans une correspondance datée du 20 février et adressée au cardinal Laurent Monsengwo, le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, en sa qualité de président de l'Interfédéral PPRD, a tenu à exprimer ses vives protestations contre la décision de l'Épiscopat catholique interdisant la célébration d'une messe de suffrage en mémoire d'Augustin Katumba, décédé le 12 février  des suites du crash survenu à l'aéroport de Kavumu, à Bukavu.

Alors qu'ils se seraient conformés aux usages en vue de l'obtention des autorisations nécessaires, les organisateurs furent surpris d'apprendre de la part de l'abbé recteur, à quelques heures de la cérémonie, qu'ils étaient dans l'impossibilité de célébrer ce culte religieux. « Cette prise de position a suscité un émoi considérable et une grande frustration parmi les organisateurs et les invités à ladite cérémonie dont la plupart sont, du reste, des fidèles catholiques », peut-on lire dans cette lettre. Et son auteur de poursuivre : « Restant à votre disposition pour connaître les raisons éventuelles ayant justifié le traitement réservé à notre parti, nous demeurons convaincus que l'Église catholique est notre havre commun et qu'à ce titre, elle jouera toujours son rôle de rassemblement du peuple de Dieu ».

Face à  la médiatisation à outrance faite autour de cette correspondance qui entame la crédibilité de l'Église catholique, l'Archevêché de Kinshasa est vite monté au créneau pour démentir l'information selon laquelle le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya aurait refusé à André Kimbuta l'autorisation d'organiser une messe en mémoire d'Augustin Katumba Mwanke. À en croire la chancellerie de l'Archidiocèse, le cardinal Laurent Monsengwo n'a jamais été contacté par le gouverneur de la ville de Kinshasa pour une messe à la Cathédrale à la date du 16 février. Elle précise, par ailleurs, que compatissant avec la famille éprouvée, l'archevêque de Kinshasa avait transmis ses condoléances priantes à la veuve de l'illustre disparu.

Alain Diasso

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Assemblée nationale : Les fidèles de Tshisekedi n'iront pas au Palais du peuple



Les partisans du président autoproclamé insistent sur la récupération du pouvoir par ce dernier et se refusent de servir de caisse de résonnance au pouvoir en place. Le président de la Démocratie chrétienne (DC) et modérateur de l'Union sacrée pour l'opposition (USA), Eugène Diomi Ndongala, a réitéré le refus de son parti politique et de sa plate-forme d'assister aux travaux de l'Assemblée nationale issue des élections du 28 novembre. « Nous n'irons pas au Palais du peuple, pour ne pas nous faire discréditer », a-t-il souligné.

La conférence de presse tenue le 25 février au restaurant Green garden, à Gombe, a permis au président de la DC d'insister sur la position de son parti et de tous les fidèles à Étienne Tshisekedi, par rapport à ces élections qui, par ailleurs, ont été annulées par leur leader, ainsi que l'Assemblée nationale qui en est issue. Eugène Diomi a estimé que participer aux travaux de cette institution serait, pour les élus membres de son parti et de sa plate-forme politique ainsi que ceux des regroupements attachés à Étienne Tshisekedi, sacrifier les attentes de tout un peuple. « On va y subir le diktat de Joseph Kabila et de sa famille politique », a-t-il prévenu, ajoutant que rien de ce qui vient de l'opposition ne pourra passer au sein cette institution, compte tenu de sa composition.

Dans sa position, le président de la DC a confirmé l'annulation des élections législatives et la non-participation des élus de l'opposition aux travaux de l'Assemblée nationale. Il en a également profité pour appeler ses électeurs au calme et à l'espérance. « Nous cherchons à récupérer l'impérium qui a été volé au président Tshisekedi. Que notre famille politique ne fléchisse pas », a-t-il dit. À la population, il a également expliqué que le pays serait en train de traverser une situation extrême et qu'il fallait trouver des solutions. « La solution idéale, c'est remettre l'impérium à Étienne Tshisekedi », a-t-il insisté.

Lucien Dianzenza
Photo : Eugène Diomi (à gauche) et le secrétaire général de la DC 

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26 février 2012

RD Congo : l'Eglise catholique, ultime espoir?

Brandissant un fallacieux prétexte, une non-conformité légale - un comble dans un Etat de non-droit-, le gouverneur de la ville de Kinshasa a interdit, le 16 février dernier, une manifestation des citoyens congolais refusant le hold-up politique qui a confisqué leur choix électoral du 28 novembre dernier. 

"L'Eglise, au Congo comme ailleurs, ne revendique aucun monopole et ne cherche aucun privilège, ni temporel, ni spirituel."
Mgr Joseph Malula, Salut à une jeune Nation, Vivante Afrique n° 209, Belgique, juillet-août 1960.
 
L'interdiction de cette manifestation est une lamentable régression intellectuelle et politique ramenant le Congo 50 ans en arrière quand le pouvoir colonial belge, sourd aux légitimes revendications du peuple congolais et aux puissants mouvements de l'histoire, empêcha monsieur Joseph Kasa-Vubu - grand vainqueur des élections municipales avec le parti, l'Abako en décembre 1957- de se rendre à la conférence Panafricaine à Accra au Ghana (8-12 décembre 1958). 
Depuis que la volonté populaire est brisée et que la voix des citoyens est étouffée, le pouvoir amplifie une ignoble campagne d'insinuations malveillantes où le mensonge le plus éhonté le dispute avec une flagrante falsification de l'histoire pour discréditer ceux des ecclésiastiques solidaires de la détresse de leurs ouailles déterminées à faire respecter la vérité des urnes. Cette bruyante campagne de calomnie rappelle étrangement celle que le régime Mobutu déploya en 1972 en ciblant le Cardinal Malula alors qu'en réalité, le pouvoir voulait embrigader l'ensemble de la hiérarchie catholique dans les structures du parti unique afin de domestiquer l'église catholique pour en faire une composante du parti unique. Relayée à l'étranger par certains médias proches des politiques et de puissants groupes économiques soutenant le pouvoir de Kinshasa, l'actuelle campagne de désinformation simplifie à outrance une situation fort complexe. 
Seule une analyse critique, dégagée de l'étreinte d'une actualité dont la perception est souvent pervertie par une presse congolaise et étrangère avide du sensationnel, contribuerait à saisir les véritables enjeux d'une problématique touchant le devenir de tout un peuple qui n'entend pas tourner la page des dernières élections présidentielle et législatives. En effet, outrés par les turpitudes d'un pouvoir arrogant qui a sciemment détourné les ressources publiques pour confisquer l'expression électorale du 28 novembre 2011, les citoyens congolais ne s'avouent pas vaincus, malgré le climat de terreur, de précarité matérielle et de détresse sociale qu'un gouvernement erratique impose au pays.  
De manière consciencieuse, ils se sont préparés à manifester massivement ce jeudi 16 février 2012 dans les rues de la capitale, Kinshasa, pour exprimer leur ferme détermination à se réapproprier les résultats électoraux du scrutin présidentiel et législatif de novembre 2011. Pour les organisateurs, cette marche devait aussi rendre hommage à leurs concitoyens, sauvagement fauchés par la soldatesque mobutiste le dimanche 16 février 1992 lors de la "Marche de l'espoir" exigeant la reprise des travaux de la Conférence Nationale Souveraine (CNS).  
Rappelons que la marche pacifique des chrétiens du 16 février 1992 avait été soigneusement préparée par un comité de coordination composée de chrétiens: ecclésiastiques et laïcs engagés dans le processus démocratique. Un groupe de réflexion et d'action citoyenne de conscientisation "AMOS" animé, notamment par l'abbé José Mpundu (militant infatigable de la conscientisation civique, des droits de l'homme et de la non-violence active, lauréat du prix international "Pax Christi" en 1994) et le professeur Thierry Landu publiait des brochures qui ont été des matériaux culturels qui ont énormément contribué à aiguiser l'intelligence -critique des chrétiens et à les mobiliser ce dimanche 16 février 1992. 
Aujourd'hui, 20 ans après, il est stupéfiant de constater que le pouvoir en place reproduit le même schéma en déployant massivement les forces de répression et leurs équipements anti-émeute devant les paroisses de Kinshasa afin d'empêcher les cortèges de fidèles de converger vers l'église Saint-Joseph au quartier Matonge. Sans la moindre retenue, les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène et ont procédé à des arrestations musclées (prêtres, religieuses, diacres et autres fidèles...). Par ailleurs, le pouvoir n'a pas hésité à payer des voyous (kulunas) munis d'armes blanches pour s'attaquer aux assemblées de fidèles. Le rôle et la place des forces de l'ordre et de l'armée dans notre société restent donc un problème fort préoccupant et un écueil pour l'instauration d'une réelle démocratie au Congo. 
Il est vrai que l'Eglise catholique fut l'un des piliers de l'ordre colonial; il est vrai aussi que la religion chrétienne a été instrumentalisée aux fins de domination coloniale, comme l'exposait clairement en 1930, le ministre belge des colonies, Louis Franck, pourtant libéral et anti-clérical en Belgique: "la religion chrétienne -catholique, basée sur l'autorité, peut être capable de changer la mentalité indigène, de donner à nos Noirs une conscience nette et intime de leurs devoirs, de leur inspirer le respect de l'autorité et l'esprit de loyalisme à l'égard de la Belgique. " 
Il n'en reste pas moins vrai que les élites intellectuelles et politiques qui ont façonné le mouvement d'émancipation politique sont pour la plupart issues des institutions scolaires et culturelles chrétiennes. Tel est le cas des Groupes de Conscience Africaine - fondé par l'abbé Joseph Malula en 1951- et de l'Abako -association culturelle fondée par Edmond Nzeza-Landu, ancien grand séminariste à Mayidi (Bas-Congo). L'Abako prit une orientation nettement politique sous l'impulsion de Joseph Kasa-Vubu, ancien grand séminariste, lui aussi, de Mbata-Kiela (Bas-Congo) et Kabwe (Kasaï). Du groupe 'Conscience Africaine' est issu le Mouvement National Congolais (MNC) qui formera avec l'Abako et le Parti Solidaire Africain (PSA) de MM. Cléophas Kamitatu, Antoine Gizenga, anciens séminaristes de Kinzambi, l'ossature de la majorité politique issue des élections législatives et provinciales de 1960. 
Rappelons aussi la déclaration des Vicaires Apostoliques (Evêques) du Congo belge, le 30 juin 1956, affirmant que l'émancipation politique est "légitime du moment qu'elle s'accomplit dans le respect des droits mutuels et de la charité". Le 28 mai 1958 à Bruxelles, au congrès de l'humanisme chrétien, l'abbé Joseph Malula affirme devant un auditoire stupéfait" qu'il vaut mieux accorder l'indépendance un quart d'heure trop tôt qu'un quart d'heure trop tard" et le 22 août 1959, les évêques du Congo saluent "avec une grande joie l'annonce de l'indépendance du Congo et du Ruanda-Urundi". 
Par ses nombreuses réalisations sociales (dense réseau d'enseignement, cliniques, foyers sociaux, centres d'études...), l'église catholique occupe une place prépondérante dans la société congolaise dès les premières phases de l'expansion coloniale dont elle a été une des alliées. Elle a rendu service à l'impérialisme occidental en le légitimant et en conditionnant ses adeptes à accepter des espérances compensatoires: une récompense éternelle contre les malheurs terrestres, y compris l'oppression coloniale. 
Dès 1890, des missionnaires protestants anglo-saxons s'élèvent contre les atrocités que subissent les populations congolaises soumises au joug du roi des Belges, souverain de l'Etat indépendant du Congo, Léopold II. Tel est le cas, notamment du pasteur presbytérien noir américain, William Sheppard, très apprécié des populations du Kasaï, notamment les Bakubas, dont il parlait la langue. Son confrère Georges Washington Williams, de l'église baptiste, adressa en 1890, une lettre ouverte au roi Léopold II et un rapport accablant au Président américain, Benjamin Harrison pour dénoncer les crimes commis au Congo contre les Congolais. Le courrier qu'il adresse au Secrétaire d'état, Blaine, évoque un crime contre l'humanité au Congo. En revanche, l'église catholique observa un mutisme assourdissant. Le rapport de la commission internationale d'enquête en 1904-1905 épingla aussi les missionnaires catholiques. C'est alors que l'EIC signa avec le Vatican, le 26 mai 1906, une Convention qui réserva un quasi monopole aux congrégations religieuses catholiques, essentiellement belges, pour évangéliser et scolariser les Congolais. 
Aussi, convient-il de mentionner l'ouvrage que publia en 1906, le père jésuite belge Arthur Vermeersch: La Question congolaise pour dénoncer le calvaire des Congolais. Certes, le père Vermeersch ne remet pas en question le bien-fondé de la colonisation mais il en dénonce certaines pratiques. Il a été très critiqué par d'autres catholiques, notamment son confère jésuite, Castelein. 
Aujourd'hui,si elle veut capter les signes des temps, le rôle de l'église ne se définira que par un engagement actif, lucide et total des ecclésiastiques -qui renoncent aux privilèges- aux côtés de plus démunis dans leur quête d'une société de justice. Tel est, entre autres, le sens de l'exhortation de l'abbé José Mpundu plaidant dès le 03 décembre 2011 pour un rôle prophétique de l'église catholique. En somme, une église fidèle aux enseignements du Concile du Vatican II dont "Gaudim et Spes : Joie et espoir" est considéré comme le document le plus important, notamment parce qu'il aborde des problématiques fondamentales comme: l'homme et son destin; le sens de l'activité des hommes, de toutes leurs entreprises,de leur histoire ; l'Eglise dans son rapport aux hommes, aux sociétés, à la marche de l'histoire humaine. Oui, les chrétiens congolais veulent que leur église soit une "Eglise dans le monde de ce temps". Les évêques du Congo ont activement participé au concile Vatican II. Monseigneur Malula a été de toutes les sessions dont il fut membre de la commission liturgique. 
Oui, les chrétiens congolais ne peuvent oublier que ces 40 dernières années, la Conférence épiscopale a été la "Voix des sans voix" comme le démontrent la justesse, la rigueur intellectuelle, le souci de justice et de vérité des déclarations et lettres pastorales de leurs prélats. Les deux extraits mentionnés ci-après en sont une lumineuse illustration. Le constat dressé reste, plus de trente ans après, d'une étonnante actualité brûlante:  
"Notre pays a le malheur d'avoir un riche potentiel économique qui fait de lui un objet de convoitise, parfois éhontée ,de la part de certaines puissances étrangères. Les matières premières semblent les attirer plus que le sort de l'homme et la destinée de tout un peuple. "Conférence épiscopale, Kinshasa, le 10 juillet 1978, Foi et développement, Centre Lebret n° 62,Paris,décembre 1978.  
"Depuis des décades on parle de ces richesses qui n'en finissent pas de demeurer potentielles. A quand un peu de bonheur ? Echéance sans cesse reportée. En attendant,c'est l'exploitation éhontée, le pillage organisé au profit de l'étranger et de ses relais pendant que le gros du peuple croupit dans la misère dans des situations parfois artificiellement provoquées." : Notre foi en l'homme, image de Dieu; Déclaration du comité permanent des évêques du Zaïre, Kinshasa, 23 juin 1981; La Documentation catholique, Paris 17 janvier 1982, p.124.  
Face à la désespérance actuelle faite de déni de justice et de violence sociale qui s'amplifient parallèlement avec la floraison des groupes religieux- sectes, églises du réveil...- qui affichent des prétentions messianiques, font du spirituel un soporifique et que le pouvoir actuel utilise comme lieux propagande pour glorifier le "Raïs" et anesthésier l'esprit critique des citoyens, il appartient aux intellectuels chrétiens de (re)faire de l'église catholique un pôle d'excellence intellectuelle pour initier des pratiques intelligentes de la foi afin que les chrétiens se donnent les moyens d'éradiquer les structures de péché collectif qui tend à s'incruster dans le système social. 
Aux intellectuels qui veulent exercer une fonction tribunicienne de s'employer à désacraliser les hiérarchies ecclésiastiques qui ont tendance à féodaliser leurs relations avec les fidèles, ce qui ne favorise guère un dialogue en vérité indispensable pour redonner espoir aux Congolais.  
"L'esprit marche dans les ténèbres quand le passé n'éclaire plus le présent "... nous enseigne Tocqueville. Une intelligente appropriation de notre mémoire historique, dépouillée de mythes, nous servirait de levier pour exercer lucidement une citoyenneté responsable. 
Pour le Collectif des intellectuels congolais DEFIS (France): 
Anicet MOBE, conseiller culturel de DEFIS
Alfred SHANGO, président de DEFIS
Jean LUBIKU MIANKEBA, secrétaire général de DEFIS 

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