C'est le "d day" pour les kamheristes. L'Union pour la Nation congolaise (UNC) tient son tout premier congrès ordinaire à partir de ce jeudi 28 juillet. Enjeu majeur de cette grand'messe de ce parti de l'opposition: lever  l'option par rapport à l'élection présidentielle.

Si le jour de gloire n'est pas encore arrivé pour Vital Kamerhe, l'heure des choix, par contre, a sonné. Le congrès de l'UNC qui s'ouvre ce jeudi au désormais historique complexe GB à Ngaliema n'a d'ordinaire que le nom. Il s'agit d'un forum qui va déterminer le futur d'un homme. Il est question d'une rencontre qui va forger le destin d'une personnalité politique. Cet homme, cette personnalité n'est autre que Vital Kamerhe. Ce n'est pas tout. Ce congrès va aussi clarifier le positionnement de l'Unc sur l'échiquier politique congolais et plus particulièrement au sein d'une opposition plus que jamais plurielle.

Plus concrètement, la principale question qui hante les observateurs à l'orée du congrès de l'Unc est celle de savoir si Vital Kamerhe sera candidat à l'élection présidentielle. Certes, le thème même des assises du GB peut suggérer une réponse à cette interrogation. Le thème sur lequel les 800 congressistes sont appelés à plancher est en soi assez révélateur de l'ambition de l'UNC. " L'impératif de l'alternance politique en RDC pour la refondation de l'Etat", un menu qui a priori ne souffre d'aucune ambigüité quant à la dynamique réformatrice de ce jeune-en terme d'âge- parti de l'opposition.

Au terme de quatre jours de débat, on en saura un peu plus sur les objectifs électoraux de l'Unc. En attendant, on ne peut s'empêcher de relever que pour Kamerhe l'exercice est particulièrement déterminant pour son avenir politique.

Major de la kabilie jusqu'à sa décente forcée du perchoir en 2009, Vital Kamerhe a su rebondir. Au point de se repositionner aux premières loges de l'opposition. Un véritable exploit pour un homme politique qui personnifiait ou presque à lui tout seul le pouvoir.

Ce premier obstacle franchi avec succès, il reste au leader de l'UNC de faire un autre saut. Sans doute le plus décisif. Après s'être fait adouber dans l'opinion comme l'un des principaux seigneurs de l'opposition, l'élu de Bukavu devrait se donner les moyens de peser sur les élections de novembre prochain.

Connu à l'échelle de tout le pays, tribun doublé de polyglotte et affable, Vital Kamerhe pourrait faire du tout premier congrès de son parti celui de son destin. Ce quinqua ambitieux a tout pour aller au moins jusqu'au bout de l'aventure présidentielle. Et parallèlement permettre à ses hommes de gagner quelques sièges dans les chambres parlementaires.

Comme dans la série, "l'appétit vient en mangeant", pour continuer à briller l'étoile Kamerhe -puisque c'en est une- a continuellement  besoin d'un challenge. Hier, le défi était existentiel face au rouleau compresseur de la Majorité. S'il a plié, Vital n'avait pas rompu. Passé l'orage, il a repris du poil de la bête. On connaît la suite. Une fois dans l'opposition, l'ancien baron du Pprd fera face à une kyrielle de procès en... sincérité. Ce combat-là, semble déjà derrière Kamerhe. Le leader de l'UNC ayant achevé de porter les galons de l'opposant. " De proche en proche,   la légitimité de Kamerhe comme leader tiendrait aussi à sa capacité à répondre présent au marathon présidentiel", estime un fin connaisseur de la scène politique zaïro-congolaise. Un autre défi en somme. Trêve d'anticipation. Place au congrès et parole aux congressistes. 

                                                                                                      José NAWEJ