De l’avis de tous les analystes sérieux, l’Opposition ne peut l’emporter devant Kabila qu’à condition de présenter sans tergiversation, une candidature unique à la présidentielle à venir. De manière concrète, cela veut dire que Bemba, qui cristallise indiscutablement l’opinion de l’Ouest et Tshisekedi qui règne sans partage au centre, doivent absolument se mettre ensemble. C’est la condition sine qua non pour espérer l’emporter face au rouleau compresseur de la Majorité. Encore, faut-il que l’UNC de Kamerhe réussisse son pari de faire barrage à l’Est. Tout autre schéma qui envisagerait d’opérer sans un seul maillon de cette triade indispensable, est d’avance voué à l’échec.

Démonstration : en 2006, sans le ralliement formel du centre, faute d’une consigne de vote de Tshisekedi, Bemba dut se contenter de 42 pour cents des suffrages. 9% cent le séparaient du sacre. Or, pris dans son ensemble, les deux Kasaï représentent environ 15% de l’électorat national. Cartographie électorale de la Cei faisant foi.

Avec une consigne de vote ferme, précédé par un enrôlement massif des électeurs au centre, le challenger de Kabila en 2006 aurait fait mouche. A défaut de battre celui – ci, il aurait néanmoins réduit très sensiblement l’écart au point de faire très sérieusement douter de la victoire de l’AMP et alliés. Beaucoup estiment en effet que un à trois pour cent auraient départagé les protagonistes de la présidentielle d’hier.

Rien n’a changé à ce jour. Et la Majorité présidentielle a eu le génie politique de le déceler à temps. La contrainte d’un tour unique à la présidentielle tant attendue constitue à elle seule une sérieuse option de victoire levée par le camp présidentiel. Au-delà des alliances contractées et des stratégies montées, la révision constitutionnelle semble passer pour la meilleure alliée de la possible ou probable victoire de J. Kabila. Tout dépend de la promptitude de réaction de l’Opposition congolaise.

Insensibilité

Cette dernière ne paraît pas avoir pris la véritable mesure de l’enjeu du moment. Si à l’Udps on persiste et signe que c’est Tshisekedi ou rien, Mlc la réplique ne s’est nullement gênée de faire se figer les lignes. Au parti phare de l’Opposition constitutionnelle, c’est aussi Bemba ou rien à la présidentielle à venir. Tant que cette Option se chuchotait de bouche à oreille, on ne pouvait nullement s’en émouvoir. Mais, depuis qu’elle a emprunté le sentier de l’officiel, tout se complique pour l’Opposition.

A la faveur de la crise ayant opposé François Mwamba au Collège des Fondateurs sont définitivement tombés au Mlc. La candidature de Jean-Pierre Bemba n’était pas une simple vue de l’esprit, encore moins une lubie. Pour avoir méjuge de la pertinence de cette question, l’ancien secrétaire général du parti l’a payé très cher. François Mwamba a été démis du parti pour avoir osé remettre en cause la pertinence de la candidature de Bemba à la présidentielle à venir. Ses déclarations lèse-majesté sur RFI lui ont coûté sa carrière politique au Mlc.

Et le plus compliqué pour l’Opposition, c’est que l’affaire Mwamba a révélé que Bemba lui-même tient à son rebondissement sur la scène politique. Irréalisme ou cécité politique ? Peu importe. Au Mlc on refuse de réfléchir ni de se poser la moindre question. Et au même moment on se souvient avec amertume : « En 2006, Tshisekedi a pratiquement favorisé l’élection de Kabila en refusant d’apporter son soutien à Bemba ». C’est Fidèle Babala qui crève ainsi l’abcès avec le soutien de tous ses pairs su Collèges des Fondateurs.

Honorabilité ? Le même Babala, porte-parole informel du Collège des Fondateurs, fixe l’opinion sans aucune gêne : « Quant à savoir si le Mlc va s’aligner sur la candidature de Tshisekedi, je vous dis catégoriquement non ». Le Mlc a-t-il décidé de faire payer à l’Udps se désinvolture de 2006 ?


Le Palmarès/MCN, via mediacongo.net